Au terme d'une Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, Dubaï 2009 qu'elle aura dominée du début à la fin, la sélection brésilienne de football de plage a remporté sa quatrième couronne mondiale consécutive. Durant une semaine, les Auriverdes ont montré tout leur talent sur la plage de Jumeirah et affiché clairement leur supériorité dans la discipline.

"Nous avons un don, sans compter qu'au Brésil, il y a énormément de jeunes talents qui pourraient défendre nos couleurs avec autant d'efficacité. L'unité, le respect et l'amour qui règnent dans ce vestiaire nous ont permis de gagner notre quatrième titre mondial d'affilée. C'est la récompense d'un gros travail", explique le capitaine brésilien Benjamín, vétéran de la Seleção à Dubaï.

Aux Émirats Arabes Unis, personne n'a réussi à remettre en question l'expérience et l'excellence brésiliennes. En finale, les Canarinhos ont abordé le troisième tiers-temps avec une avance de sept buts (8:1) sur la Suisse. Pourtant, il n'y a pas grand-chose à redire au parcours d'une sélection helvète qui, pour sa première participation au tournoi, a obtenu une médaille d'argent amplement méritée. Elle la doit non seulement à un jeu mêlant efficacité et spectacle, mais aussi et surtout à un phénomène nommé Dejan Stankovic. L'attaquant suisse a littéralement crevé l'écran à Dubaï, d'où il est reparti avec le Soulier d'Or adidas et le Ballon d'Or adidas dans ses bagages.

Le Portugal a dû se contenter de la médaille de bronze et son capitaine Madjer de deux récompenses individuelles couleur argent. La sélection lusitanienne a été un cran au-dessous du niveau qu'on lui a connu lors des éditions antérieures, remarque valable pour deux de ses joueurs vedettes, Alan et Belchior. Cela n'a toutefois pas empêché les Portugais de régaler le public de Jumeirah d'un spectaculaire 14:7, dans le match pour la troisième place contre l'Uruguay. Les deux équipes pourront se targuer d'avoir proposé la rencontre la plus prolifique de toute l'histoire du tournoi.

La Celeste a atteint les demi-finales en puisant une fois de plus dans la légendaire combativité charrúa, qui lui a permis entre autres d'écarter l'Espagne en quart, après un faux-pas initial face aux Îles Salomon.

Plus de petites équipes
Cette défaite 6:7 de l'Uruguay contre les Salomonais a été une surprise parmi d'autres en phase de groupes. "Le niveau du football de plage a énormément augmenté et donc les différences entre les équipes ne sont plus aussi grandes qu'avant. Maintenant, chaque équipe est capable de battre n'importe qui", analyse l'attaquant uruguayen Ricar.

Les quarts de finale ont été un véritable rendez-vous entre habitués, auquel s'est invité l'intrus helvète. Le Japon du technicien brésilien Rui Ramos, celui-là même qui avait conduit les Asiatiques en demi-finale à Rio de Janeiro 2005, a remporté tous ses matches en phase de groupes, y compris celui contre l'Espagne. En quarts, les Nippons ont poussé le Portugal dans ses derniers retranchements, avant qu'un but de Belchior dans les dernières minutes n'offre aux Européens leur passeport pour le dernier carré.

La Russie faisait quant à elle figure de principale candidate pour contester l'hégémonie brésilienne, jusqu'à ce qu'un triplé de Stankovic renvoie les hommes de Nikolai Pisarev à leurs études.

À Dubaï, l'Espagne a été l'ombre d'elle-même, et ce de bout en bout. Après s'être inclinée sans son capitaine Amarelle, blessé, face au Japon, en guise d'entrée en matière dans le tournoi, la Roja a certes réagi. Mais Amarelle n'a jamais retrouvé son niveau de Marseille 2008. Lui et ses coéquipiers tomberont finalement face à l'Uruguay, trop fort pour cette pâle sélection ibérique.

Les Îles Salomon ont une nouvelle fois quitté la compétition dès le premier tour, à l'image de tous les représentants africains, Nigeria et Côte d'Ivoire, et de la CONCACAF, Salvador et Costa Rica. Pour leur première participation à l'épreuve, les Ticos ont été placés dans un groupe qui comprenait en outre la Russie, l'Italie et l'Argentine, c'est-à-dire trois poids lourds de la spécialité. Les Albicelestes ont abordé la dernière journée sans être maîtres de leur destin. À cette occasion, ils ont battu la Russie aux tirs au but, ce qui s'est révélé insuffisant. S'ils étaient parvenus à leurs fins dans le temps réglementaire, ils auraient joué les quarts de finale à la place de la Squadra Azzurra.

Cette Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA 2009 a eu un format atypique en ce sens que les 32 rencontres ont été disputées en seulement 7 jours. Cela dit, les participants ont été largement à la hauteur de ce calendrier concentré, produisant spectacle et buts à l'envi. La preuve, Dubaï 2009 a été la deuxième édition la plus prolifique après Rio de Janeiro 2006.

Notons enfin qu'après cinq éditions à un rythme annuel, l'épreuve reine de la discipline passe à une fréquence bisannuelle. "J'espère que les confédérations prendront la responsabilité d'organiser des tournois en attendant le prochain Mondial, car ce sport n'est pas comme le football. Nous avons besoin de compétitions pour garder la forme et progresser", signale Madjer. À bon entendeur…

Participants
Argentine, Bahreïn, Brésil, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Émirats Arabes Unis, Espagne, Îles Salomon, Italie, Japon, Nigeria, Portugal, Russie, Salvador, Suisse, Uruguay

Classement final
1 - Brésil
2 - Suisse
3 - Portugal
4 - Uruguay

Buts (total)
284 buts inscrits en 32 matches disputés, pour une moyenne de 8,8 réalisations par rencontre.

Classement des buteurs
1- Dejan Stankovic (SUI), 16 buts
3 - Madjer (POR), 13
3 - Buru (BRA), 8