Bruno Malias Mendes est né à Rio de Janeiro le 29 mars 1980. À 33 ans, il est le seul joueur au monde à avoir disputé chaque édition de la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA. Quadruple champion du monde avec le Brésil, il est également le deuxième meilleur buteur de l'histoire de la compétition avec 38 réalisations. Enfin, il ne lui manque plus qu'un match pour détrôner son compatriote Benjamín, recordman du nombre de matches disputés lors de l'épreuve reine avec 35 unités. Pour couronner le tout, il vient d'inscrire le 1 600ème but de l'histoire du tournoi.

Fan de Flamengo, grand admirateur de Zico et professeur d'éducation physique, Bruno se livre au micro de FIFA.com, avant le duel face au Japon en quart de finale.

Bruno, que signifient ces chiffres pour vous ?
Ils résument une carrière qui a débuté il y a 13 ans. Je suis fier de dépasser Benjamín, le meilleur joueur de beach soccer que j'ai jamais vu. C'est une idole pour moi. Mais ces chiffres racontent aussi l'histoire d'une motivation, d'une détermination, du dépassement de soi. Car derrière ce que les gens voient, il y a tout le travail que j'ai fourni et le soutien de tous ceux qui m'ont accompagné.

Un match vous a-t-il marqué en particulier ?
Oui, contre le Japon au Mondial 2006. C'était notre deuxième match de phase de groupes et j'avais inscrit un triplé très rapidement. Les fans étaient devenus fous et ce match a été un déclic pour moi, dans ce sport que j'aime par-dessus tout et qui m'a presque tout donné.

Le Japon est justement votre prochain adversaire à Tahiti. Qu'en pensez-vous ?
J'aime le style de jeu du Japon et je connais bien cette équipe, car j'y compte plusieurs amis avec lesquels je suis en contact par le biais des réseaux sociaux. La filière du beach soccer y est très dynamique et s'est beaucoup développée ces dernières années. C'est une équipe à la fois puissante, rapide et technique, avec de solides qualités tactiques. Hors de question de la sous-estimer.

Le Brésil a toujours l'obligation de gagner. Comment gérez-vous cette pression ? 
J'ai déjà joué sous pression, j'ai déjà eu les nerfs à fleur de peau et les jambes qui tremblent avant un match… Maintenant, quand j'entre sur le terrain et que j'entends l'hymne du Brésil, je ressens de l'honneur, de la joie, mais pas de pression. Je m'entraîne, je me donne à fond, mais lorsque le match arrive, il faut laisser place à la vérité du terrain : on peut gagner ou perdre, mais si l'on sait ce que l'on fait, la pression disparaît.

Quelle équipe vous a le plus surpris dans cette compétition jusqu'ici ?
Tahiti ! Cette équipe pratique un jeu enthousiaste, agréable et possède une qualité technique indiscutable : la balle est tout le temps en l'air ! Son potentiel offensif est énorme et toute l'expérience qu'elle acquiert actuellement l'aidera à se développer. Tahiti veut grandir à travers le beach soccer. Pour moi, il s'agit de la sélection qui a développé le plus beau jeu dans cette Coupe du Monde.

Que pensez-vous du niveau de jeu ?
Je trouve que le jeu s'est un peu durci. J'ai remarqué que le physique avait pris le pas sur le technique dernièrement et cela m'inquiète un peu. Les gens veulent du spectacle, du panache. Ils veulent voir le ballon en mouvement, pas dans les bras du gardien. Il est peut-être temps de modifier quelques règles pour fluidifier le jeu.

Envisagez-vous de quitter le haut niveau dans un avenir proche ?
Je n'entends pas m'arrêter là ! Je veux continuer à battre des records et poursuivre jusqu'à disputer un huitième Mondial. Ce total de 35 matches ne me suffit pas, j'en veux 70 ! Il n'y a pas de raison, après tout, je viens seulement de fêter mes 33 ans…