Bruno Xavier n'est pas regardant sur les efforts. Moins de deux minutes après le coup d'envoi du match entre le Brésil et l'Iran, il voit venir un ballon sur le côté gauche du camp adverse. Dos au but, il déclenche alors un merveilleux ciseau retourné qui termine sa course au fond des filets iraniens et ouvre ainsi le compteur buts brésilien dans la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, Tahiti 2013. Un but en forme de cri du cœur.

En troisième période, il se prépare à tirer un coup franc. Il confectionne un petit monticule de sable, y dépose le ballon et en prenant sa course d'élan, incite les spectateurs du stade To'ata de Papeete à l'encourager. Le public se prend au jeu, une sorte d'électricité traverse les tribunes… et la lourde frappe du droit du Brésilien se convertit en quatrième et dernier but pour la Seleção, qui l'emporte 4:1 dans une ambiance de fête.

Entre ses deux réalisations, Bruno Xavier a récité ses gammes à la perfection sur le plan technique, tactique et physique. On l'entend crier, conseiller et même demander des explications à un adversaire auteur d'une intervention un peu musclée sur un Brésilien. "J'adore le beach soccer, j'aime pratiquer ce sport", explique à FIFA.com l'ailier de 29 ans. "C'est ma première Coupe du Monde. Je suis en train de réaliser un rêve. Cela fait dix ans que je me prépare pour cela. Être ici est vraiment quelque chose de merveilleux", affirme-t-il avec passion.

Bruno Xavier avait effectué toute la préparation pour Ravenne 2011 avec le groupe brésilien, mais le sélectionneur de l'époque, Alexandre Soares, l'avait écarté au dernier moment. Depuis ce jour-là, son objectif a toujours été de se faire une place dans l'effectif pour Tahiti 2013. Il y est parvenu grâce à son ancien coéquipier et à l'actuel sélectionneur, Junior Negão. "C'est grâce à lui et à Juninho Pernambucano. Je les admire non seulement pour ce qu'ils ont fait sur le terrain, mais également pour leur attitude en dehors : leur comportement et leur discipline m'inspirent", confie ce chaud supporter du Vasco da Gama, autre passion qui unit les trois hommes.

Le privilège de la pression
De fait, Junior Negão n'est pas étranger à la manière de jouer de Bruno Xavier. "C'est un gagnant et il nous demande d'être toujours extrêmement concentrés, du début à la fin." La victoire au courage du Brésil contre l'Iran en est la meilleure illustration. Dans cette rencontre, le natif de Vitória a inscrit trois buts. "Nous savions que ça allait être difficile, mais il fallait surtout faire attention à ne pas se relâcher. Au final, nous avons pu jouer à notre rythme et remporter une victoire précieuse. Le premier match d'un Mondial est toujours compliqué."

Victoire d'autant plus précieuse que personne ne fait de cadeau. "Tout le monde veut battre le Brésil si bien que contre nous, nos adversaires se donnent au maximum. Aucun match ne va être facile. L'Ukraine, par exemple, possède six joueurs très talentueux, parmi lesquels le gardien Vitalii Sydorenko et un excellent pivot, Oleg Zborovskyi. Il faudra encore être très concentrés pour ce match-là", affirme celui qui pointe au seizième rang du classement des buteurs de la sélection brésilienne, avec 48 unités.

Le statut de favori ne fait pas peur à Bruno Xavier, qui préfère toutefois aborder la question autrement : "Ce maillot a été porté par Pelé, Garrincha, Ronaldinho, Ronaldo… Nous savons donc la responsabilité que cela génère. Derrière nous, nous avons 200 millions de personnes. Par conséquent, les 12 joueurs de cette sélection savent parfaitement ce qu'ils représentent. Cette pression est un privilège".

Son rêve est évidemment d'être champion du monde. L'élément-clé pour y parvenir sera de rester unis. "Vous devez avant tout former un groupe, et ensuite une équipe. En dehors du terrain, nous sommes tous amis. Ça peut faire la différence, car on ne refuse pas de faire l'effort pour un ami. Il y a une énergie positive. Nous sommes sur la bonne voie", conclut Bruno Xavier.