Le sourire ne quittera pas son visage de sitôt. Il vit pleinement le triomphe récent contre le Salvador, à la façon d'un enfant qui vient de recevoir un jouet auquel il n'osait pas rêver. À ceci près qu'il ne s'agit pas d'un enfant, mais de Llorenc, ailier de l'Espagne, et que le rêve est en train de devenir réalité, après l'accession de la Roja dans le dernier carré de la Coupe Du Monde de Beach Soccer de la FIFA 2013.

"Ça fait seulement deux ans que je joue au football de plage. C'est donc quelque chose d'inimaginable pour moi", explique à FIFA.com le joueur de 21 ans. "J'ai lu la tension sur le visage de mes coéquipiers plus âgés. C'est là que j'ai réalisé pleinement ce que ça représente d'être en Coupe du Monde. Moi, c'est mon premier Mondial. Je ne ressens peut-être pas les mêmes choses qu'eux, qui attendent ce moment depuis cinq ans. Là, je comprends vraiment la dimension de ce que nous avons réussi", ajoute-t-il d'un air incrédule.

Llorenc est un joueur fin, élégant et intelligent, mais il sait aussi se sacrifier. Autant de qualités qu'il a développées avant de découvrir le beach soccer. "Je jouais au football sur le côté gauche à Nástic, mais je me suis blessé au genou. Après l'opération, on m'a conseillé de jouer au foot sur sable pour ma rééducation. Ça m'a vraiment plu et j'ai poursuivi dans le club de mon village, Torredembarra. J'ai ensuite été sélectionné en équipe de Catalogne et c'est là que Joaquín Alonso m'a repéré. Aujourd'hui, je suis ici !", résume-t-il.

Héritier du numéro 10
En sélection, Llorenc porte un maillot qui pèse lourd sur le plan symbolique : le numéro 10, qui appartenait avant à Ramiro Amarelle. "J'ai pratiquement tout appris de Rami et j'ai eu l'honneur d'être dans le vestiaire avec lui, de m'entraîner pendant des heures à ses côtés et d'apprécier tout ce qu'il représentait pour la sélection. Je n'oublie pas non plus que c'est grâce à son but contre l'Ukraine que nous sommes ici. S'il revient un jour, je lui rendrai son numéro sans problème", poursuit l'intéressé avec bonne humeur.

Mentionner Amarelle lui fait penser aux joueurs qui, au dernier moment, n'ont pas été retenus pour le Mondial. "C'est aussi grâce à eux que nous sommes ici, mais en même temps, je comprends l'entraîneur. On ne peut pas emmener un groupe immense sur une compétition. Le plus important est que les joueurs présents à Tahiti aient confiance les uns dans les autres. C'est une priorité absolue pour atteindre des objectifs. Sans confiance réciproque, vous n'arrivez à rien."

Auteur de trois buts à ce jour à Tahiti 2013, Llorenc sait parfaitement à quoi s'attendre en demi-finale. "Le Brésil maîtrise très bien tous les aspects du jeu. Il n'y a personne au-dessus, mais pendant toute la préparation, nous avons développé un style de jeu, et ce n'est pas maintenant que nous allons changer, même si l'adversaire est le Brésil. Nous allons prendre l'initiative du jeu et avoir confiance dans le travail effectué jusqu'ici", prévient-il.

Le sourire n'a toujours pas quitté le visage de Llorenc. Et pour cause : "Je suis en train de vivre un rêve. Je n'avais jamais imaginé être convoqué en sélection. Mais une demi-finale de Coupe du Monde, encore moins ! Je suis conscient d'avoir beaucoup de chance. Chaque jour, je vis de nouvelles expériences. J'espère continuer ainsi et que ça dure le plus longtemps possible. Si nous sommes arrivés en demi-finale, nous pouvons bien viser le titre", conclut-il avec logique.