En s'invitant en demi-finale de la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA 2013, Tahiti a déjoué tous les pronostics. Certes, la sélection insulaire se trouve en territoire inconnu, mais elle semble malgré tout bien décidée à saisir l'opportunité historique qui s'offre à elle. Premiers représentants de la région à atteindre la deuxième phase d'un tournoi FIFA, les Tahitiens veulent maintenant imiter les Australiens en disputant une finale de Coupe du Monde.

D'ailleurs, Tahiti avait écrit une autre page de l'histoire du football océanien avant même le coup d'envoi de la compétition. En effet, aucun tournoi FIFA n'avait jamais été organisé dans cette partie du monde. La Polynésie française vit donc a fortiori l'un des plus grands moments de son histoire. Dans ce contexte hors du commun, tous les espoirs semblent permis. Toutefois, un obstacle de taille se dresse encore entre le pays hôte et la finale : la Russie, championne du monde en titre.

En charge de concrétiser le rêve, Angelo Schirinzi n'est pas un nouveau venu sur les plages. Le sélectionneur suisse de Tahiti n'a en outre rien d'un doux rêveur. Le technicien, qui participe actuellement à sa troisième Coupe du Monde de Beach Soccer, n'est plus qu'à une victoire d'une deuxième finale. Il y a quatre ans, Schirinzi avait déjà réussi pareil exploit aux commandes de sa patrie d'origine. Le succès 6:1 enregistré en quart de finale contre l'Argentine prouve, si besoin était, que Tahiti et ses 200 000 habitants peuvent rivaliser avec les meilleures équipes de la planète.

"Il y a quelques mois, j'espérais passer la phase de groupes ; aujourd'hui, je veux aller en finale", confiait le sélectionneur au micro de FIFA.com, ce 25 septembre. Son équipe venait alors tout juste de valider son billet pour le dernier carré et le stade de Papeete était encore en effervescence. "Pour tout vous dire, j'ai toujours rêvé d'atteindre la finale. Mes joueurs et moi-même, nous avons toujours gardé cet objectif en tête."

Fierté et passion
En ce moment, tout réussit aux Tahitiens. Seule la défaite concédée à l'Espagne au premier tour est venue interrompre leur longue invincibilité. À plusieurs reprises, les joueurs ont reconnu se sentir portés par l'enthousiasme du bruyant public du stade To’ata, situé à quelques encablures du port de Papeete.

Les Tiki Toa espèrent maintenant rendre la pareille à leurs supporters. "Personne n'y croyait mais nous sommes en demi-finale", se félicite le gardien Jonathan Torohia. "Nous avons désormais notre place dans l'histoire de notre pays. Nous dédions cette victoire à tout le peuple de Polynésie."  

Une telle atmosphère pourrait nuire à la concentration d'une équipe de haut niveau, mais Schirinzi se refuse à envisager une telle chose. "Au contraire, ils sont parfois un peu trop calmes. Ce sont de vrais Tahitiens ! Parfois, je dois les pousser un peu. Le match contre l'Argentine était magnifique. Ce jour-là, j'ai assisté à l'une des meilleures performances sur un terrain de beach soccer et pourtant, j'ai vu quelques matches dans ma carrière !"