Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Maroc 2014

Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Maroc 2014

10 décembre - 20 décembre

Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2014

Auckland City au pays des merveilles

John Irving of Auckland City FC clebrates after scoring
© Getty Images

Imaginez la scène : vous faites partie d'une équipe semi-amateur qui arrive à une compétition comme la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA et, contre tous les pronostics, vous gagnez deux matches et vous ouvrez ainsi les portes des demi-finales. Dans le vestiaire après le triomphe historique contre l'ES Sétif, champion d'Afrique, la fête est gigantesque, avec chants, accolades et larmes de joie. Maintenant, imaginez qu'au milieu de ce moment d'extase, un SMS arrive de Nouvelle-Zélande avec le texte suivant : "Excellent match. Vous êtes viré. Signé : votre patron".

Cela pourrait arriver à de nombreux joueurs semi-professionnels d'Auckland City, qui doivent compléter leur revenu mensuel par de petits boulots en dehors du football. Heureusement, le message n'était qu'une blague faite par l'Argentin Emiliano Tade et quelques-uns de ses coéquipiers au Croate Mario Bilen dans le vestiaire. "Nous allons devoir rester ici plus longtemps que prévu, et Bilen travaille comme ouvrier sur les chantiers de construction", raconte Tade en rigolant. Mais cette petite blague montre bien l'ampleur de la surprise créée par le club néo-zélandais.

"Cela fait des années que nous disputons ce tournoi avec l'étiquette de l'équipe qui rentrera à la maison dès la fin de son premier match. Vous pouvez donc imaginer que ce que nous vivons aujourd'hui est comme un rêve", poursuit l'Argentin. "C'est réellement incroyable. Nous sommes aux anges", complète le défenseur John Irving, auteur du but de la victoire 1:0 et nommé, à fort juste titre, homme du match. "Le jour de la victoire sur le Moghreb Tétouan était le plus beau de notre vie. Aujourd'hui, nous arrivons à un autre niveau et il est difficile d'expliquer ce que nous ressentons. Je n'aurais pas imaginé un seul instant que nous arriverions parmi les quatre meilleurs. Nous sommes tous très fiers."

Au pays, supporters et parents suivent de très près le conte de fées néo-zélandais en terre marocaine. "Nous avons reçu un soutien incroyable. Des tas de gens nous envoient des messages vraiment très sympathiques", explique l'Anglais, qui se projette immédiatement dans le futur. "Je ne sais pas ce qui va arriver maintenant, mais j'imagine qu'une grande fête sera organisée pour notre retour. Quoi qu'il arrive, nous devons profiter au maximum de tout ce qui est en train de nous arriver."

Petit parmi les grands
Savourer l'instant présent : telle est l'attitude générale dans les rangs d'Auckland City. Le club, après tout, était plus habitué aux passages éphémères et anonymes en Coupe du Monde des Clubs de la FIFA qu'à des moments comme celui qu'il est en train de vivre. Il n'y a qu'en 2009 qu'il était parvenu à éviter l'élimination dès son premier match. Cette année-là, Auckland avait terminé cinquième, avec deux victoires. Cependant, le sentiment actuel est bien différent d'il y a cinq ans. Ce n'est pas la seule chose à avoir changé. L'effectif a été largement renouvelé.

"Nous avons une équipe jeune, pleine d'énergie et bien préparée physiquement. Ça aide d'avoir des garçons qui n'arrêtent pas de courir et n'ont rien d'autre en tête que la victoire", poursuit Irving, lui-même bel exemple de ce profil de joueur. À 25 ans, il a déjà réalisé deux saisons à Auckland, où il oublie peu à peu la frustration de ne jamais avoir percé dans l'équipe de son cœur : Everton. "C'était mon rêve de jouer pour eux. Je suis arrivé tôt dans ce club, mais je n'ai jamais réussi à intégrer l'équipe première."

Pour taper dans l'œil des clubs anglais ou de ceux de l'Australie voisine, quoi de mieux que de disputer une demi-finale de Coupe du Monde des Clubs contre le vainqueur de la dernière Copa Libertadores, San Lorenzo ? Auckland s'imaginait si peu atteindre les demi-finales que l'encadrement technique doit maintenant s'activer pour analyser un adversaire qu'il n'a pas encore pris la peine d'étudier. "Je n'ai absolument aucune idée de la façon dont ils jouent. Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont d'un niveau bien supérieur. Chaque chose en son temps. Aujourd'hui nous célébrons, demain nous nous reposerons et ensuite seulement, nous commencerons à penser à ce match."

Pour le groupe qui va bientôt prendre la direction de Marrakech, comme pour les supporters qui suivent tout cela de loin et jusqu'aux patrons des joueurs concernés - qui pardonneront certainement les quelques jours de retard inévitables quand on est lancé dans une telle aventure -, une chose est certaine : "Nous sommes en train d'écrire l'histoire. Aujourd'hui, nous pouvons dire que cette équipe d'Auckland City est déjà la meilleure de tous les temps", conclut Irving.

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