Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2015

Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2015

10 décembre - 20 décembre 2015

Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2015

Auckland, la petite histoire derrière la grande

Tamati Williams and Tim Payne of Auckland City FC celebrate
© Getty Images

Auckland City n'est peut-être pas le club le plus prestigieux de la planète, mais peu d'équipes peuvent se vanter de compter autant d'exploits que la formation néo-zélandaise, compte tenu de ses modestes ressources. Les *Navy Blues *dominent les débats au niveau national et continental avec six titres de champion de Nouvelle-Zélande sur les 11 dernières années et sept victoires en Ligue des champions de l'OFC en dix ans.

Au-delà de ces performances, c'est surtout sur la scène mondiale qu'Auckland s'est distingué. Les champions d'Océanie en titre participeront en décembre à leur septième Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Aucun autre club ne peut se targuer d'une telle assiduité dans cette compétition. Les Néo-Zélandais ont gagné cinq de leurs 12 matches dans ce tournoi. Trois de ces succès, dont deux aux tirs au but, remontent à l'année dernière. En demi-finale de Maroc 2014, les *Navy Blues *ont poussé le champion d'Amérique du Sud San Lorenzo dans ses derniers retranchements, avant de s'incliner en prolongation à quelques minutes d'un choc inimaginable face au Real Madrid.   

Un tel parcours a de quoi surprendre, surtout quand on sait que les joueurs sont amateurs et font des journées de travail complètes avant de rejoindre l'entraînement. Pourtant, les Néo-Zélandais ne se contentent pas de défier les meilleures équipes de la planète ; ils trouvent régulièrement le moyen de les surprendre. "C'est un club familial, où chacun se sent bien. Il y a énormément de respect entre tous les acteurs. On commence à se rendre compte qu'une bonne atmosphère et un bon système peuvent produire des effets intéressants", explique le président Ivan Vuksich. "Chaque semaine, nous dînons tous ensemble, avec les supporters. Ici, tout le monde est ami. Ce sont des détails mais quand on les additionne, on obtient quelque chose d'important."  

Le club a été fondé il y a 50 ans, par un groupe de migrants croates. Basé au cœur de la plus grande ville de Nouvelle-Zélande, Central United a longtemps tenu le haut du pavé. Toutefois, le système de franchise adopté par la ligue nationale en 2004 a vu la création d'une entité séparée, baptisée Auckland City FC. Les personnes à l'origine de la création du club étaient pour la plupart originaires de la côte dalmate, comme les parents de l'inusable capitaine Ivan Vicelich. "Ils venaient d'arriver en Nouvelle-Zélande et ils cherchaient un endroit pour jouer", raconte Vuksich, lui-même d'origine croate. "Au fil du temps, l'influence croate s'est faite de plus en plus discrète. Aujourd'hui, les Croates ne représentent plus guère que 5 % de nos membres. Nous sommes même devenus l'un des clubs les plus cosmopolites du pays."  

De la Croatie à la Catalogne
Tandis qu'Auckland City dispute la ligue nationale, dont les matches ont lieu en été, Central United - dont l'emblème reprend le célèbre damier rouge et blanc de la Croatie - écume toujours les compétitions locales durant l'hiver. Le lien entre les deux équipes reste évidemment très fort. Central United et Auckland City partagent les mêmes entraîneurs et la même philosophie. Si la touche croate est moins présente aujourd'hui, le style espagnol s'est affirmé au cours des cinq dernières années au point de devenir un élément clé du succès des Navy Blues

"Notre première participation à la Coupe du Monde des Clubs nous a ouvert les yeux. Auparavant, nous avions tendance à jouer systématiquement long", poursuit Vuksich. "Quand nous sommes allés au Japon pour la première fois en 2006, nous avons pris conscience que cette façon de faire n'était pas seulement ridicule ; elle était aussi inefficace. Nous avons donc repensé notre stratégie au profit d'une approche basée sur la possession de balle. Il faut du temps pour maîtriser un tel système, mais aussi un certain type de joueurs. Après avoir gagné deux matches à Abou Dabi en 2009, nous avons senti que nous étions sur la bonne voie. Il faut croire en soi et persévérer dans ses choix. Aujourd'hui, nous récoltons les fruits de nos efforts."

Né et élevé à Barcelone, l'entraîneur Ramon Tribulietx incarne à la perfection les valeurs du club. Sous sa houlette, plusieurs joueurs espagnols sont venus se relancer en Nouvelle-Zélande. "Ramon a mis en place un système très efficace, dont nous essayons de nous inspirer à Central United. J'espère que nous pourrons continuer à former des joueurs qui se sentent à l'aise dans ce schéma. Ramon croit fermement dans ces idées. Il faut dire qu'il s'en est imprégné tout au long de sa vie", poursuit le président.

Cette année, avant de penser à un retour en demi-finale, les Néo-Zélandais devront se mesurer au champion de J.League ou au finaliste malheureux de la Ligue des champions de l'AFC si un club japonais remporte le tournoi continental. "Ce qui s'est passé l'an dernier au Maroc était incroyable", conclut Vuksich. "Nous n'aurions jamais pu imaginer un tel scénario. Mais nous sommes de grands rêveurs et nous sommes convaincus que tout est toujours possible." 

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