Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2011

8 décembre - 18 décembre

Japon 2011

Sacre logique d'une équipe historique

Le FC Barcelone a acquis le don de transformer l'extraordinaire en ordinaire. La formation dirigée par Pep Guardiola règne sans partage sur le football mondial et, cerise sur le gâteau, elle le fait en pratiquant un football délicieux. Ceci expliquant peut-être cela. Le parcours des Catalans lors de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2011 qui vient de s'achever au Japon est un testament de plus à cette suprématie blaugrana sur le beau jeu, dans tous les sens du terme.

Le nouveau sacre de Barcelone dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs ne surprend personne. C'est peut-être là le plus bel hommage rendu aux champions d'Europe en titre. La finale contre Santos était annoncée comme un choc des titans. Il n'en a rien été. Du côté des vainqueurs de la dernière Copa Libertadores, la star Neymar a eu l'élégance de reconnaître qu'à l'heure actuelle, le Barça de Lionel Messi ne boxait pas dans la même catégorie que les autres. "Ils sont inarrêtables. Aujourd'hui, la meilleure équipe du monde nous a donné une leçon de football", affirmait après le coup de sifflet final l'avant-centre de Santos.

Comme le suggère le commentaire de Neymar, les Catalans n'ont fait que confirmer ce que l'on savait et ce que l'on attendait d'eux. Depuis l'arrivée aux commandes de Guardiola, le club a remporté 13 des 16 compétitions auxquelles il a participé. Dimanche 18 Décembre 2011 à Yokohama, il a raflé sa deuxième Coupe du Monde des Clubs de la FIFA en trois ans, faisant tomber au passage deux des records les plus difficiles à battre dans n'importe quelle compétition : celui du plus grand nombre de buts sur l'ensemble du tournoi et celui du plus grand écart entre les deux finalistes.

Une fois de plus, le maître tacticien du Barça s'est dit satisfait avant tout de la manière, plus que du résultat. "En première période, les joueurs ont été des artistes au sens propre du terme. Tout ce qui leur passait par la tête se matérialisait sur le terrain", résumait Guardiola après la rencontre.

© Getty Images

Messi, soliste inspiré

Dans ce récital barcelonais, c'est une nouvelle fois Messi qui a joué le rôle du soliste inspiré, avec un doublé lors de la finale contre Santos. Cela permet au petit Argentin de devenir le premier joueur de l'histoire à trouver le chemin des filets dans deux finales de Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Au passage, il a porté son compteur personnel à 29 réalisations cette saison, pour 26 apparitions. Xavi, récompensé par le Ballon d'Argent adidas, a endossé le costume du chef d'orchestre irréprochable tandis que Thiago a fait un pas de plus pour entrer dans la légende du Barça. Malgré tout, c'est bien Messi qui a crevé l'écran.

Le rayonnement de Barcelone sur l'ensemble de la compétition ne doit cependant pas éclipser plusieurs moments de pur génie de la part des autres. Ainsi, les trois buts de Santos en demi-finale contre Kashiwa Reysol (victoire 3:1) ont été des modèles du genre.

Al-Sadd Club, vainqueur de la dernière Ligue des champions de l'AFC, représentait non seulement l'Asie, mais aussi le Qatar, qui est devenu la 20ème nation de l'histoire à participer à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. La formation emmenée par Jorge Fossati a volé d'exploit en exploit au Japon en écartant d'abord de sa route l'Espérance Sportive de Tunis, vainqueur de la dernière Ligue des champions de la CAF, avant de monter sur la troisième marche du podium. Cette performance va sans aucun doute fortement stimuler le développement du ballon rond dans ce pays émergent sur la carte du football mondial. "C'est un grand jour pour le Qatar. Aujourd'hui, c'est la fête nationale au pays et je crois que notre succès dans cette petite finale ne pouvait pas mieux tomber", commentait l'entraîneur uruguayen après le match de classement.

Battu par Al-Sadd aux tirs au but dans la rencontre pour la troisième place, Kashiwa Reysol ne retire cependant aucune frustration de sa défaite tant le club basé à Chiba a vécu un conte de fées cette année. Quatre jours après avoir été le premier club japonais à remporter le championnat nippon de première division l'année de sa promotion, Kashiwa a signé son entrée dans la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2011 par une victoire 2:0 sur Auckland City FC. Entre son sacre sur la scène nationale et la petite finale disputée contre Al-Sadd, Kashiwa aura disputé cinq rencontres en l'espace de 15 jours, et considérablement renforcé son capital sympathie sur l'archipel.

© AFP

Un record pour Auckland

Malgré son élimination précoce, Auckland se consolera en se disant qu'à aucun moment son statut d'amateur n'a dépareillé par rapport aux professionnels engagés dans la compétition. Le champion d'Océanie a même réussi à battre un record dans l'épreuve. En effet, son attaquant Daniel Koprivcic est devenu le premier joueur de l'histoire à participer à quatre éditions de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, soit une de mieux que des footballeurs de la trempe de Xavi ou Andres Iniesta.

Monterrey et l'Espérance attendaient plus de leur participation à Japon 2011, ce qui ne les empêche pas d'avoir des motifs de satisfaction à l'issue du grand rendez-vous mondial. Côté tunisien, les raisons d'espérer s'appellent Yannick N'Djeng ou Youssef Msakni. Âgés de 23 et 21 ans respectivement, les deux attaquants ont montré qu'ils avaient de belles années devant eux. Quant aux Mexicains de Monterrey, ils ambitionnaient certes mieux qu'une cinquième place, mais peuvent tirer fierté de ne pas avoir été battus dans le tournoi, qu'ils quittent avec un bilan d'une victoire et un nul.

Les Rayados détiennent également la palme symbolique de la plus belle déclaration du tournoi, concoctée par l'expérimenté arrière latéral Ricardo Osorio. "Le football est un sport qui respire la joie, et c'est tout ce que j'attends de cette Coupe du Monde au Japon. Peu importe qui gagne ou qui perd, l'objectif premier doit rester de redonner le sourire à tous les gens touchés par les désastres qui ont frappé le pays cette année", annonçait-il avant le coup d'envoi de la compétition.

Les mots d'Osorio reflètent parfaitement l'esprit de solidarité qui a prévalu pendant toute la durée du tournoi, qui a eu lieu moins de neuf mois après le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté une partie du Japon le 11 mars dernier. Le pays accueillera de nouveau la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA l'année prochaine, avec à n'en pas douter le même niveau de bonheur, d'enthousiasme et de maîtrise organisationnelle que lors de l'édition qui vient de s'achever. De quoi se réjouir à l'avance…

Classement final

  1. FC Barcelone
  2. Santos FC
  3. Al-Sadd Sports Club
  4. Kashiwa Reysol
  5. CF Monterrey
  6. Espérance Sportive de Tunis
  7. Auckland City FC

Stades

Toyota Stadium (Toyota)
Yokohama International Stadium (Yokohama)

Meilleurs buteurs

2 buts : Lionel Messi, Adriano (Barcelone)