Cham. du Monde des Clubs de la FIFA Coupe Toyota, Japon 2005

11 décembre - 18 décembre

Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2005

Ça tourne pour le Sydney FC

Les fans de FBI : portés disparus seront sans doute surpris de voir, dans l'un des prochains épisodes de la série, le paysage électronique de Tokyo plutôt que les rues familières de New York. L'agent du FBI Jack Malone se rendra en effet dans la capitale nippone pour enquêter sur une disparition inexpliquée de plus. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Ce changement de décor n'est pas né d'un désir d'apporter une touche exotique à la série policière mais d'une lubie d'Anthony LaPaglia. Car l'acteur d'Hollywood qui campe le personnage de Malone est également un fervent supporter du Sydney FC…

"Je leur ai demandé de modifier un peu leurs plans et d'écrire un scénario intégrant le Japon, confie l'acteur australien à FIFA.com. La majorité de l'épisode a été tournée à Los Angeles. On va tourner quelques scènes à Tokyo, et on assemblera le tout à notre retour. Les producteurs étaient finalement très contents de l'idée, qui ajoute un certain intérêt à la série."

A en croire la moue qu'affiche l'acteur en formulant ces derniers mots, il a probablement dû faire preuve d'un grand talent de persuasion pour convaincre la production de récrire le scénario et d'engager une équipe japonaise pour le tournage tokyoïte. "Je pense qu'ils ne s'y sont pas opposés parce que la série marche bien, ajoute-t-il avec un léger accent australien. Dans le cas contraire, ça n'aurait pas été possible."

Récompensé par un Golden Globe pour ses performances dans la série télévisée, LaPaglia a également joué dans des films à succès comme Le Mariage de Betsy, Le Client, Happy Hour et le thriller australien Lantana.

Né d'un père sicilien et d'une mère néerlandaise à Adélaïde, en Australie méridionale, LaPaglia n'a que 22 ans lorsqu'il quitte sa ville natale pour New York, où il projette de faire carrière dans le cinéma, sa seconde passion.

"Mon premier amour était le football, sourit l'Aussie de 46 ans en nouant le drapeau du Sydney FC autour de son cou. J'ai joué cinq ans au niveau professionnel à Adélaïde. Je voulais faire carrière en Europe mais j'ai réalisé que je n'étais pas assez bon. Je n'ai jamais arrêté de jouer. D'ailleurs, je joue encore maintenant que je suis quarantenaire."

"En novembre, on existait pas"

En raison de son intérêt pour le beau jeu, LaPaglia a été contacté par certains organisateurs de la A-League pour promouvoir le nouveau championnat australien. "Ça s'est passé l'an dernier. Ils connaissaient ma passion pour le football et m'ont contacté pour me demander si je voulais m'engager auprès de l'équipe de Sydney. Je me suis fait passer un savon par mes anciens coéquipiers d'Adélaïde, rit-il. Mais quand je suis retourné en Australie, c'était à Sydney. Ma femme est de là-bas. Quoi qu'il en soit, j'ai étudié leur proposition, elle m'a plu, et j'ai accepté".

Décontracté, l'Aussie, qui a vécu sa propre success story pour devenir une star du grand et du petit écran, reconnaît que l'histoire du Sydney FC ressemble beaucoup à un compte de fée hollywoodien. Fondé l'an dernier, le club de la métropole australienne a remporté le tournoi qualificatif national et le Championnat des Clubs de l'OFC, inauguré la A-League, puis voyagé jusqu'au Japon pour croiser le fer avec les champions continentaux.

"En novembre dernier, on n'existait pas. Alors, être ici, c'est incroyable !, ajoute-t-il. Je suis plus que jamais fou de foot. Je suis l'un des plus fervents supporters de Sydney. Je suis à fond dans le jeu."

LaPaglia, l'un des directeurs et des actionnaires majoritaires du club, a soutenu la décision de faire appel à l'entraîneur allemand Pierre Littbarski et à l'icône japonaise Kazu Miura pour la compétition nippone. "En engageant Pierre, on a montré qu'on prenait les choses au sérieux, explique-t-il. Avec Kazu, on a réalisé une opération très intelligente. L'un des objectifs du club est de se qualifier pour la Ligue des Champions de l'AFC. Faire venir Kazu est un coup de génie parce qu'on a ainsi attiré l'attention du Japon sur le club et fourni au public nippon un représentant à encourager lors de la compétition."

A la suite d'une courageuse mais infructueuse performance lors de son match d'ouverture contre les Costaricains du Deportivo Saprissa, une défaite 0:1, le Sydney FC n'enlèvera pas la couronne mondiale des clubs cette année. Mais son "supporter numéro un" ne doute pas de son succès futur, dans un pays où le rugby et le cricket ont longtemps occupé le devant de la scène sportive.

"La A-League marche beaucoup mieux que prévu, continue l'acteur. On reçoit parfois 17, 18, voire 25 mille spectateurs, plus que certains clubs de Premier League… On a essayé de former une équipe qui ne représente aucune nation en particulier. Avant on avait des équipes grecque, italienne, croate ou serbe… C'est fini. Maintenant, on a une mosaïque que tout le monde peut encourager".

L'intérêt que LaPaglia porte au football ne se limite toutefois pas au Sydney FC. L'acteur, qui ne manquera pas d'encourager l'Australie l'été prochain, pour l'édition allemande de la Coupe du Monde de la FIFA, avoue même avoir un faible pour le club anglais de Charlton.

"The Valley est un stade sympa, de taille idéale, explique-t-il. Alan Curbishle a fait du très bon boulot avec très peu de moyens. Il se montre judicieux dans ses choix de joueurs et l'équipe, qui produit un beau football, finit généralement en milieu de tableau. J'admire les clubs comme celui-ci, qui ont la tâche plus difficile."

LaPaglia, dont l'apparence sombre et rude le cantonne aux rôles de flics durs mais prévenants et de gangsters incompris, n'en éprouve pas moins une réelle sympathie pour monsieur Tout Le Monde.

"J'encourage généralement les petites équipes. J'imagine que c'est lié à ma propre histoire. Quand je suis arrivé à New York, j'avais 22 ans, je ne connaissais personne et je n'avais pas la moindre idée de ce que j'allais faire de ma vie", se souvient l'Australien, qui a commencé par être serveur avant de remporter, en 1998, le Tony Award du meilleur acteur pour ses performances à Broadway.

"Vivre à New York était très difficile mais j'ai vraiment apprécié cette expérience. Peu m'importait de réussir ou pas, c'était juste quelque chose que je devais faire et que je ne regrette pas du tout. Il ne faut laisser personne décider de ce que l'on doit faire de sa vie. Mieux vaut se lancer et réaliser ses désirs." C'est justement la devise que LaPaglia a appliquée avec le Sydney FC. Une histoire digne d'un film…

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