Comment se motiver quand on a déjà gagné autant de titres ? "Ne vous inquiétez pas pour ça !" La question paraît surprendre celui qui semble avoir la motivation inscrite dans les gènes. Pas besoin de la rechercher ni de la provoquer. Il est dans la nature de Lionel Messi de vouloir toujours plus. Aujourd'hui, il est au Japon pour disputer sa troisième Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, qu'il désire autant que la première.

Face au micro, Messi semble plus en difficulté que devant le meilleur gardien du monde. Il préfère parler avec le ballon qu'avec les mots, on le sait, mais peut toutefois se montrer aussi surprenant avec les paroles qu'avec le cuir. Cela est peut-être dû au contraste qui existe entre cet homme calme qui se transforme invariablement en joueur électrique, entre cette voix posée et les statistiques vertigineuses de celui auquel elle appartient.

L'attaquant du FC Barcelone a répondu aux questions de FIFA.com avant de s'envoler pour le Pays du Soleil-Levant. Il évoque le tournoi à venir, son évolution personnelle et fait le bilan d'une année au terme de laquelle il pourrait remporter son cinquième FIFA Ballon d'Or. Après avoir fait la rétrospective de tout ce qu'il a réussi au cours de l'année 2015, l'Argentin esquisse son habituel demi-sourire et reconnaît : "Une année impressionnante".

Lionel Messi, le FC Barcelone s'apprête à s'envoler pour le Japon. Que vous inspire ce tournoi ?
C'est une très belle compétition, l'une de mes préférées, non seulement pour sa valeur mais également pour ce qu'elle signifie : elle est réservée au vainqueur de la Ligue des champions. Elle vous donne l'opportunité de terminer l'année de la plus belle des façons. Je suis très heureux de la préparer avec tous mes coéquipiers. Nous voulons tous soulever ce trophée et ensuite passer les fêtes de Noël en famille, avec le titre de champion du monde sous le bras.

Vous êtes déjà allé au Japon à plusieurs reprises. Quelles impressions ce pays vous a-t-il laissées ?
Des impressions agréables, non seulement pour ce qui s'est passé sur le terrain, comme lorsque nous avons gagné l'édition 2011, mais également pour des raisons extra-footballistiques. La dernière fois que nous sommes venus ici, nous avons eu une journée entière pour sortir et nous promener dans les rues, dans l'anonymat. Nous avons toujours été très bien traités ici, de façon à la fois passionnée et respectueuse. C'est un pays que j'aime beaucoup.

Précisément, 2011 marque la dernière participation de Barcelone au tournoi. À cette occasion, vous aviez signé une victoire convaincante en finale, 4:0 contre le Santos de Neymar. Quelles comparaisons pouvez-vous faire entre le joueur qu'il était à cette époque et votre coéquipier d'aujourd'hui ?
Beaucoup de temps s'est écoulé et j'ai pu être témoin de son évolution. Il a énormément grandi, sur le plan footballistique et comme être humain. Déjà à l'époque, c'était un grand joueur mais aujourd'hui, il est beaucoup plus complet. C'est un grand plaisir et un privilège de l'avoir dans notre équipe.

Deux années plus tôt, vous aviez gagné votre première Coupe du Monde des Clubs de la FIFA contre Estudiantes (2:1), au terme d'une finale très disputée. Cette année, vous pourriez affronter en finale une autre équipe argentine, River Plate…
Oui, ça arrive très rarement. En fait dans ma carrière, le seul match qu'il m'a été donné de jouer contre une équipe argentine est précisément cette finale contre Estudiantes. Ce fut un match très difficile car nous avons été longtemps menés. Nous avons égalisé à l'heure de jeu et marqué le but victorieux dans la prolongation. Mais ça me motive, car River est une grande équipe au niveau mondial. Si nous jouons contre eux, je crois que les gens assisteront à un beau match.

Est-il vrai que vous auriez pu jouer à River avant de venir à Barcelone ?
Oui, c'est vrai. C'était il y a très longtemps déjà. Finalement, ça ne s'est pas fait, mais il est exact que quand j'étais petit, il y a eu cette possibilité.

Comment analysez-vous l'évolution du Barça depuis votre arrivée au club ?
Nous avons un peu changé. Aujourd'hui, nous pratiquons un football un peu plus vertical. Évidemment, nous avons toujours conservé cette volonté d'avoir la possession du ballon. C'est notre marque de fabrique et notre priorité. Nous voulons contrôler le jeu et avoir le ballon le plus possible, mais nous avons ajouté à cela la volonté d'aller devant le but adverse en moins de touches de balle. Avant, c'était plus élaboré, mais nous mettions plus de temps à arriver dans la surface adverse.

Sur le plan personnel, comment avez-vous vécu cette évolution ?
C'est un peu ce que j'expliquais à propos de Neymar. Avec le temps, on évolue sur le terrain et en dehors. Les circonstances changent, et on s'adapte. Cela dit, je crois que tout en maintenant mon fond de jeu, j'ai ajouté des qualités à mon football au cours de ces années.

Après avoir gagné autant de trophées, comment trouve-t-on la motivation pour un nouveau tournoi ?
Ne vous inquiétez pas pour ça ! Nous savons ce que signifie le Mondial des Clubs et pour nous, il s'agit de gagner un autre titre. Ces compétitions gagnées laissent des traces indélébiles dans l'histoire du club. C'est quelque chose de très important.

Ce serait en plus la cerise sur le gâteau d'une année 2015 incroyable, avec les victoires dans la Liga, la Coupe du Roi, la Ligue des champions de l'UEFA, la Supercoupe de l'UEFA, et qui sait, dans votre cas, le FIFA Ballon d'Or…
Une année impressionnante, oui. L'année où nous avions tout gagné avec Pep Guardiola paraissait impossible à refaire. Franchement, nous doutions de pouvoir le réussir à nouveau un jour. Et nous y sommes. Maintenant, il nous reste à terminer l'année de la meilleure façon possible pour qu'elle soit inoubliable.