C'est un drôle de dernier match du Groupe B que les spectateurs du Royal Bafokeng Stadium de Rustenburg ont pu voir ce dimanche 21 juin. Les Egyptiens, qui sortaient d'un exploit contre les Italiens (1:0), avaient bien besoin d'une victoire pour s'assurer la place en demi-finale. Pour les représentants de la CONCACAF, il s'agissait surtout de sortir du tournoi la tête haute.

Les Pharaons commençaient le plus fort et étaient tout près d'ouvrir le score sur un gros cafouillage dans la surface US, mais Ahmed Eid, pourtant bien placé, était trop altruiste (13').

Très vite, les Egyptiens se crispaient. L'enjeu sans doute. Du coup, les Américains s'enhardissaient. Sur un contre, Michael Bradley mettait Essam El Hadary à contribution d'une belle frappe croisée (14'). Dans la foulée, Landon Donovan se retrouvait seul face au portier du FC Sion, mais centrait pour personne au lieu de frapper (16').

Les champions d'Afrique n'étaient visiblement pas dans leur assiette. Le premier but ne faisait qu'accentuer cette sensation : Jozy Altidore centrait de la droite, El Hadary repoussait maladroitement dans les pieds de Charlie Davies, qui envoyait un pointu. Le ballon ricochait sur la tête du gardien et entrait dans le but, incroyable (0:1, 22'). Assommés, les hommes d'Hassan Shehata étaient incapables de réagir. En revanche, l'excellent Donovan s'en donnait à cœur joie. Nouvelle percée du petit attaquant de LA Galaxy qui laissait quatre défenseurs sur le carreau mais trouvait le portier vétéran sur sa route (29').

L'Egypte sortait alors un peu la tête de l'eau, mais l'absence d'un vrai finisseur - Mohammed Zidan étant blessé- pesait beaucoup. Ni Mohammed Aboutrika (31'), ni Hosni Abd Rabbou (39') ne trouvaient le chemin des filets.

La fête à la calculette
Plus la rencontre avançait, plus les Américains se disaient qu'il y avait un coup à jouer. Donovan, explosif, s'échappait à droite, centrait sur Altidore, dont le tir était sauvé sur sa ligne par Said Hani (51'). Ce n'était que partie remise. Sur un énième contre, Bradley, lui aussi étincelant, s'enfonçait plein axe, décalait Donovan à droite, qui lui remettait. Le fils de Bob alignait El Hadary du plat du pied (0:2, 63').

C'est là que tout devenait un peu fou. Car à Pretoria, l'Italie était menée 3:0 par le Brésil. Rapide calcul sur le banc américain... Il ne manquait plus qu'un but aux Yankees pour récupérer miraculeusement une place dans le dernier carré. Ce à quoi plus personne ne croyait depuis deux jours. Déchaînés, les Boys poussaient tant et plus. Et la lumière venait de Clint Dempsey : sur un centre de Jonathan Spector, le milieu de Fulham plantait une tête au deuxième poteau (0:3, 71').

Un but, pour n'importe laquelle des équipes (Italie, Egypte, Etats-Unis) aurait alors tout changé à ce stade. La tension était à son comble. Mais les garçons de Bradley s'accrochaient comme des morts de faim à ce miracle hollywoodien. Avec trois points, une meilleure différence de buts que les Egyptiens (-2 pour -3) et plus de buts marqués que les Italiens (4 contre 3), les Américains étaient parachutés en demi-finale : "IN-CRE-DI-BLE !"