Ils s’appellent Givanildo Vieira De Sousa, Frederico Chaves Guedes, ou encore José Paulo Bezerra Maciel Junior. Leurs noms ne vous parlent peut-être pas, ils comptent pourtant parmi les footballeurs les plus célèbres de la planète. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur la liste concoctée par Luiz Felipe Scolari, sélectionneur du Brésil, pour la Coupe des Confédérations de la FIFA 2013. Ils y figurent en bonne place. En effet, derrière ces patronymes se cachent en réalité trois des plus dangereuses armes offensives que compte la Seleçao : Hulk, Fred et Paulinho.

Ces trois exemples rappellent combien les surnoms font partie de la culture footballistique au Brésil encore plus qu’ailleurs. A quelques jours du coup d’envoi du Festival dos Campeões  ("Festival des champions") organisé sur son sol, FIFA.com fait un tour d’horizon des sobriquets des participants, à savoir l’Uruguay, le Mexique, l’Italie, l’Espagne, le Japon, le Nigeria, Tahiti et le Brésil en tant qu’hôte.

A tout seigneur tout honneur, le Brésil dispose de nombreux noms pour désigner sa sélection. Si Seleçao  ("sélection" en portugais) est le surnom le plus communément admis, les mots Canarinhos voire Auriverdes sont aussi utilisés pour évoquer les quintuples champions du monde. Le premier signifiant "les canaris", le second voulant dire "Vert et or",  ils renvoient tous deux à la couleur du maillot brésilien. Un maillot qui n’a d’ailleurs viré au jaune qu’à partir des années 50, la couleur blanche portée jusqu’alors étant définitivement bannie suite la défaite en finale de Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 1950 face à l’Uruguay.

L’Uruguay justement tient aussi son surnom de la couleur de sa tenue. La Celeste comme elle est donc appelée, joue effectivement en bleu ciel depuis 1910 en hommage au club aujourd'hui disparu du FC River Plate, l'un des premiers grands clubs uruguayens, qui évoluait sous les dites couleurs. Mais le terme Charruas peut également désigner ses joueurs. Il se réfère au peuple amérindien venu s’installer au 19ème siècle sur les actuels territoires de l'Uruguay et du Brésil.

A la même époque, en Europe, Victor-Emmanuel unifiait le royaume d’Italie, et en devenait roi en 1861. Issu de la Maison de Savoie dont le symbole est le bleu, ce souverain va du même coup être à l’origine de la teinte du maillot de la Nazionale et du surnom Azzurri (Les Bleus) correspondant à  ses joueurs. Un bleu qui ne figure pourtant pas parmi les couleurs officielles de la nation, le drapeau italien étant vert, blanc et rouge…

Comme celui du Mexique ! A la différence des Italiens, les Nord-Américains ont toutefois décidé de faire correspondre les trois couleurs officielles de leur pays à celui de leur tunique. Le surnom El Tricolor - ou son diminutif El Tri - en ont tout naturellement découlé. Le vert restant toutefois la couleur dominante du maillot, la Verde  est peu à peu devenue une alternative pour nommer l’équipe aztèque. En revanche Ratones verdes  (souris vertes), surnom péjoratif dont sont affublés les Mexicains quand ils jouent mal, a lui tendance à disparaître avec les bons résultats de la sélection.

De la même façon, les Super Eagles du Nigeria (Super Aigles) - sobriquet né des armoiries du pays - ont été transformés en Super Chickens (super poulets) par  certains détracteurs, après le piètre niveau de jeu affiché au début de la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2013. "Je mets au défi mes joueurs de faire mieux, de prouver que les gens ont torts, et d’effacer ce nom ridicule qu’on attribue à une équipe qui a toujours été considéré comme une grande puissance du football africain", avait même dit Stephen Keshi, le sélectionneur. Le message est semble-t-il passé, le Nigeria survolant finalement la compétition, décrochant par là-même son billet pour Brésil 2013. Mais ce n’était pas la première fois que les Super Eagles étaient débaptisés… Dans les années 50, les joueurs étaient surnommés les Red Devils. Ils sont ensuite devenus les Green Eagles, après l’indépendance de 1960, puis les Super Eagles après le sacre continental de 1994.

Encore plus récent, le surnom de Samouraïs Bleus qui concerne les joueurs du Japon a lui été créé de toutes pièces par la Fédération Japonaise de Football (JFA). "Il nous fallait un surnom pour supporter notre équipe lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2006", expliquait Megumi Fujinoki, responsable de la communication de la JFA. "Pour faire notre choix, nous avons soumis cinq possibilités au vote du public et 'Samouraïs bleus' a été plébiscité", référence directe aux guerriers qui ont dirigé le Japon féodal durant près de 700 ans.

Autre surnom, autres guerriers, Tahiti mise sur ses Toa Aito ("Guerriers de fer" en langue tahitienne) pour porter haut ses couleurs. Utilisés séparément, les mots Toa et Aito désignent également là-bas un arbre, plus connu ailleurs sous le nom de filao. Végétal très répandu en Polynésie française, son bois sert d’ailleurs à fabriquer des Tiki, sorte de sculpture porte-bonheur, et… sobriquets des joueurs de Beach Soccer de l’île (Tiki Toa).  

Plus que sur la simple bravoure du guerrier, l'Espagne mise carrément sur la fougue de ses joueurs pour mettre à mal ses adversaires. C’est ainsi que sa sélection est  appelée la Furia Roja (la furie rouge). Selon des études menées par des psychologues spécialisés dans le domaine du sport, le rouge serait d’ailleurs la couleur qui transmettrait force, agressivité, confiance et équilibre. Il en faudra à la Roja pour décrocher le seul titre qu’il lui manque. Un titre que le Brésil a, lui, remporté à trois reprises, record à battre : la Coupe des Confédérations de la FIFA !