En Océanie, les prochaines générations de portiers devraient bénéficier du premier stage de gardiens estampillé FIFA organisé par l'OFC, la confédération océanienne de football.  Ce stage, qui se trouve encore dans sa phase pilote, s’est déroulé cette semaine à Auckland. C’est la troisième fois seulement que ce séminaire est organisé dans le monde, après son lancement au Maroc en mars et une deuxième édition en mai en Afrique du Sud.

Le stage, qui s’est déroulé à l’académie de l’OFC, a accueilli des représentants de 10 associations membres de l’OFC. Il a été dirigé par l’instructeur FIFA Alexander Vencel, assisté par Patrick Jacquemet, instructeur FIFA et responsable du département technique de l’OFC, ainsi que par l’instructeur OFC Laurent Heinis. Le séminaire faisait également office de processus d’accréditation pour la licence d’entraîneur OFC de niveau 1 (jeunes et amateurs). Chacun des participants reçoit sa licence au terme du stage.

Fort d’une longue carrière de gardien de but, l’instructeur FIFA Alexander Vencel était idéalement placé pour animer ce programme. L’ancien international compte deux sélections avec la Tchécoslovaquie et 19 avec la Slovaquie, qu’il a représentée de 1994 à 1998.

Un poste très spécialisé
Vencel a effectué ses débuts professionnels en 1988 avec le club de sa ville natale, le Slovan Bratislava, avant d’être transféré en 1994 au RC Strasbourg, où il a remporté une Coupe de la Ligue en 1997. Il ne s'était plus rendu en Océanie depuis 2001, année où l’équipe de Slovaquie était venue disputer un match en Australie.

"Je suis très heureux de pouvoir contribuer au développement de ce programme pour la FIFA", a confié Alexander Vencel. "Avant, il n’y avait aucune initiative de ce type pour les gardiens. Le problème, c’est qu’il n’y a pas suffisamment d’instructeurs et que personne ne sait comment entraîner les gardiens correctement. Souvent, on les laisse se préparer seuls dans leur coin. Ce n’est pas ainsi que l’on produira des gardiens de qualité. Il s’agit d’un poste très spécialisé. Le gardien de but tient un rôle majeur dans le football moderne".

Vencel s’est également réjoui des progrès réalisés par les participants au cours du stage et par leur enthousiasme. "Tout le monde était très réceptif et nous avons vécu une expérience fantastique. C’est très important que tout le monde s’implique, car il ne faut pas que ça se limite à un monologue de ma part. Il faut qu’il y ait un échange entre les participants et moi-même. Nous devons prendre conscience des différentes difficultés des pays du monde entier. La situation n’est pas la même en Europe, en Afrique et en Océanie. Il est important d’identifier les problèmes et de voir les solutions que nous pouvons y apporter."

Le programme a été très instructif et nous a ouvert de nouvelles perspectives. Je pense que nous récolterons les fruits de ce processus d’ici quatre ou cinq ans.

Ngatohovua Elikana, staff technique catégories jeunes dans les Îles Cook

Un entraînement bien spécifique
"Je pense que c’est une priorité pour l’Océanie et ses îles de travailler autour du poste de gardien car des lacunes sont apparues au cours des compétitions U-17 et U-20 de l’OFC en début d'année", a ajouté Patrick Jacquemet, ancien gardien professionnel en France. "C’est un problème auquel l’OFC doit s’attaquer et je pense qu’il était temps de proposer un programme spécifique aux gardiens. C’est un poste à part qui nécessite un entraînement et des connaissances particulières. Je pense que les participants ont apprécié car ils n’ont pas arrêté d’apprendre de nouvelles choses." 

Ngatohovua Elikana, membre du staff technique des catégories jeunes dans les Îles Cook, représentait son pays au cours du stage. Il ne cache pas sa satisfaction. "Le programme a été très instructif et nous a ouvert de nouvelles perspectives, notamment sur l’entraînement des jeunes âgés de six à dix ans. C’est un aspect que nous avons négligé jusqu’à présent pour nous concentrer en priorité sur les jeunes de 17 ou 18 ans", explique-t-il. "Grâce à ce stage, nous allons pouvoir commencer à former les enfants plus tôt pour mieux leur inculquer les fondamentaux. Je pense que nous récolterons les fruits de ce processus d’ici quatre ou cinq ans."