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Arbitrage

Collina : "La FIFA veut accompagner le développement des VAR"

(FIFA.com)
Pierluigi Collina watches on at the FIFA VAR instructor course in Madrid
© FIFA.com

Au terme du premier séminaire d’instructeurs VAR organisé par la FIFA en octobre à Madrid, l’ancien arbitre et actuel président de la Commission de l’Arbitrage Pierluigi Collina revient pour FIFA.com sur l’importance de l’événement, le statut des VAR et les évolutions à venir.

Mr Collina, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ce séminaire a été organisé ?
La FIFA a reçu de nombreuses requêtes de la part de ses associations membres suite au succès rencontré par les VAR pendant la Coupe du Monde de la FIFA en Russie. Nos interlocuteurs souhaitaient mettre en place des mesures similaires dans leurs compétitions nationales. Il s’agit d’une innovation récente et il est donc difficile pour le moment de trouver des instructeurs pour les VAR. Nous avons décidé de créer un groupe qui contribuera à la mise en œuvre des VAR à travers le monde. Ce séminaire d'instructeurs VAR a été organisé en ce sens. Il a réuni des arbitres en retraite et d’autres en activité. Ces hommes en noir ont en commun d’avoir expérimenté le système des VAR dans leur pays ou d’avoir participé à la préparation de la Coupe du Monde 2018.

Comment s’est déroulée cette formation ?
Près de 40 candidats ont répondu présent. Le programme comprenait des sessions théoriques, mais aussi des exercices pratiques avec le simulateur de VAR, qui reproduit à l’identique la salle vidéo (VOR) utilisée pendant le match. Pour les besoins du séminaire, nous nous sommes servis d’images tirées de rencontres passées. Nous avons également organisé une séance pratique sur le terrain, durant laquelle des joueurs ont reproduit des incidents convenus à l’avance. L’arbitre était en contact avec la salle vidéo dans laquelle se trouvaient nos candidats. Ils ont ainsi pu se familiariser avec le fonctionnement des VAR dans plusieurs situations, ce qui devrait leur être utile lorsqu’ils devront à leur tour apprendre à d’autres à utiliser ce système.

D’autres séminaires de ce type seront-ils organisés à l’avenir ?
Pour le moment, en ce qui concerne les VAR, nous avons très peu d’instructeurs. Nous voulions donc élargir nos options. À plus long terme, les VAR devraient gagner en popularité. Il est donc fort possible que nous organisions d’autres séminaires, en fonction des besoins. Plusieurs associations membres nous ont fait part de leur souhait de participer à l’expérience. Les confédérations ne sont pas en reste : l’AFC a annoncé qu’elle ferait appel aux VAR pour la Coupe d’Asie en janvier prochain et l’UEFA a fait savoir que les VAR seraient utilisés lors de la prochaine Ligue des champions. S’il faut aider les arbitres à se préparer pour ces compétitions, la FIFA sera heureuse de leur apporter son concours.

Au-delà de la formation des arbitres, quels sont les défis à relever pour la mise en œuvre des VAR ?
Le département Innovations technologiques du football de la FIFAnous apporte un soutien précieux. Le système se compose de deux éléments : une partie humaine, c’est-à-dire les arbitres, et une partie technologique. Bien entendu, nous ne sommes pas des experts dans ce domaine. Lorsqu’une association membre veut lancer une initiative, le département Innovations technologiques du football de la FIFA peut lui apporter ses connaissances et son expertise, mais aussi la conseiller sur les problèmes qu’elle risque de rencontrer.

Il faut également noter que les VAR ne fonctionnent pas de la même manière pour tout le monde. En Coupe du Monde, nous avions quatre arbitres video assistants dans la salle vidéo ; la plupart des compétitions nationales n’en utilisent que deux. Il existe aussi une version centralisée et une autre décentralisée. En Russie, nous avions une salle vidéo à Moscou, ce qui correspond à ce qui se fait en Allemagne et en Espagne. L’Italie, en revanche, a opté pour une version décentralisée avec une salle vidéo sur chaque site. En Russie, nous avions plus de 40 caméras de télévision. Dans certains championnats, il n’y en a que 12 ou 13. Si les angles de vue sont nombreux, il faut plus de monde pour procéder à une analyse rapide. Avec moins de caméras, on peut réduire le nombre d’observateurs. Le système est flexible et peut s’adapter aux besoins de chaque compétition.

Selon vous, comme le système des VAR va-t-il évoluer ? Peut-il contribuer à aider encore davantage les arbitres ?
Nous avons franchi une étape au mois de mars, quand l’IFAB a décidé d’inclure les VAR dans les Lois du Jeu. Tout ça est encore très récent. Nous avons discuté des VAR pour la première fois en novembre 2014, il y a donc moins de quatre ans. La VAR est donc très jeune. En s’appuyant sur l’expérience dont nous disposons actuellement, on peut imaginer des améliorations et des ajustements sur certains détails, mais je ne pense pas que la philosophie générale du projet va beaucoup changer.

Quelles sont les qualités que vous recherchez chez un instructeur ?
Il doit être capable de communiquer de façon à se faire comprendre. Nous sommes contents car les participants étaient, dans leur grande majorité, d’un très haut niveau. Les personnes que nous avions sélectionnées avaient toutes d’excellentes références. Ce n’était toutefois pas gagné d’avance pour elles, car les VAR restent une nouveauté. C’est un outil avec lequel il faut se familiariser afin d’en comprendre toutes les subtilités. Mais à l’issue de ce séminaire, mes impressions sont très positives.

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