Classement mondial FIFA/Coca-Cola

Classement mondial FIFA/Coca-Cola

Classement FIFA

Les <I>Eperviers</I> planent

Dans toute l'histoire du football togolais, impossible de trouver trace d'une progression aussi fulgurante au classement FIFA/Coca-Cola. Un bond de 12 places en septembre 2005 place ce petit pays d'Afrique au rang des nations émergentes de la planète football.

Emergent. Le qualificatif sied plutôt bien aux Eperviers, dont les performances leur valent d'être désormais en course pour le titre d'équipe la plus performante de l'année. Leader surprise du Groupe 1 des éliminatoires de la zone Afrique pour la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, devant des ténors comme le Sénégal, le Mali et la Zambie, les Togolais ne sont qu'à un point d'une qualification historique pour la grand-messe du ballon rond.

Depuis 16 mois, la sélection togolaise ne cesse de progresser, se frottant aux meilleurs d'Afrique et créant la surprise partout où elle passe. A l'origine de ces résultats, l'association de deux hommes : Rock Balakiyem Gnassingbé, président de la fédération togolaise, et Stephen Keshi, sélectionneur national. La bonne santé du football togolais reflète parfaitement tout le travail abattu par le duo depuis plus d'un an et demi.

Le premier, éprouvé par les mauvais résultats du prédécesseur de Keshi, le Brésilien Antonio Dumas -à qui il avait donné un blanc-seing pour naturaliser une vague de 13 brésiliens qui n'avait pas amené les résultats escomptés- tenait à se racheter après sa réélection en 2003 à la tête de la fédération. Le second, ancien capitaine des Super Eagles et entraîneur adjoint de la sélection nigériane, remercié au lendemain de la CAN 2002 au Mali, avait à cœur de prouver toute sa compétence. La croisée de ces deux ambitions, scellée à Tunis lors de la Can 2004 - Rock Gnassingbé était alors en simple visite pour soutenir le voisin béninois dans la compétition alors que Keshi travaillait comme consultant pour la BBC - a porté les fruits que la sélection togolaise récolte aujourd'hui.

Un bond de 12 placesEntre mai 2004 et septembre 2005, les hommes de Keshi ont livré 14 matches (dont quatre rencontres amicales) pour un bilan de neuf victoires, quatre nuls et une défaite. Le tout couronné par 21 buts pour et sept contre. Des statistiques qui expliquent en partie la progression constante des coéquipiers d'Emmanuel Sheyi Adebayor au classement mondial  FIFA/Coca-Cola. La dernière défaite du Togo remonte à mai 2004 à Lusaka, face à la Zambie pour la première journée des éliminatoires de la Coupe du Monde. 

Depuis, les Togolais ont surclassé des sélections réputées beaucoup plus solides à l'échelle continentale. Le Sénégal, le Mali, la Zambie ou le Maroc comptent parmi les nations à avoir subi les coups de serres des Eperviers togolais.

En mai 2004, le Togo végète à la 99ème place mondiale et vient de s'incliner pour ses débuts en qualifications pour Allemagne 2006. On ne donne pas cher des plumes des Eperviers dans la compétition ni dans leur progression dans la hiérarchie mondiale. Une année plus tard , il pointe pourtant à la 79ème place avec 527 points. Mais le petit pays d'Afrique ne s'arrête pas en si bon chemin. Si bien qu'en septembre 2005, à la faveur d'une victoire 1:0 au Maroc et 3:0 à Lomé face au Libéria, le Togo pointe à la 54ème marche, la meilleure place jamais occupée par les Eperviers. Mieux encore, le Togo fait d'une pierre deux coups en entrant dans le " top ten " africain.

A un petit point de la Coupe du MondeLe parcours togolais dans les éliminatoires de la Coupe du Monde 2006 est la principale explication de ce progrès. En tête du Groupe 1 devant le Sénégal, la Zambie, le Mali, le Congo et le Libéria, le Togo n'a enregistré qu'une défaite jusqu'ici. Les protégés de Stephen Keshi ont créé l'exploit en battant le Sénégal, quart de finaliste à Corée/Japon 2002, à Lomé (3:1), en s'imposant deux fois face aux Aigles du Mali (1:0 et 1:2) et en étrillant la Zambie à Lomé (4:1).

Ils totalisent aujourd'hui 20 points, soit deux de plus que leurs poursuivants sénégalais. Lors de la dernière journée, le Togo aura seulement besoin d'un match nul à Brazzaville pour s'ouvrir les portes de sa première Coupe du Monde organisée, ironie de l'histoire, par son ancienne puissance coloniale.

La métamorphose du onze togolais est en grande partie due à la présence à sa tête de Stephen Keshi. Aujourd'hui élevé au rang de demi-dieu pour avoir suscité ce rêve mondial, l'ancien capitaine des Super Eagles a non seulement réussi à créer une ambiance de complicité et de solidarité au sein de l'équipe, mais également à la faire progresser sur le plan tactique. Son expérience du haut niveau en tant que joueur puis qu'entraîneur-adjoint du Nigeria a contribué à forger la mentalité de cette machine à gagner. "Je suis très content de mes joueurs dans la  mesure où chaque sortie, ils font des progrès !" déclare le technicien. "S'ils arrivent à dépenser les mêmes énergies que lors des rencontres précédentes, je crois que le 8 octobre au Congo, la victoire est envisageable".

Adebayor, le buteur providentiel

Sur le terrain, les joueurs se sont également acquittés convenablement de leur tâche. L'arrivée de Stephen Keshi a permis le retour d'anciens cadres comme Kader Coubadja, Cherif Mamah Touré, Ouadja Lantam, Olufadé Adekanmi, Djima Oyawolé ou Agassa Kossi. Longtemps irrités par la désorganisation du football togolais, ils constituent aujourd'hui l'ossature de la sélection. A leurs côtés, de jeunes pousses telles que Moustapha Saliou ou Emmanuel Mathias (un nigérian naturalisé togolais) évoluent pour la plupart ensemble en sélection depuis plus de quatre ans, de quoi créer automatismes et jeu harmonieux.

Le "Monsieur Plus" de l'équipe reste toutefois son buteur attitré et star désignée : le longiligne attaquant de l'AS Monaco, Emmanuel Sheyi Adebayor. A lui seul, il a inscrit 80% des buts des Eperviers, trônant en tête du classement des buteurs de ces éliminatoires avec neuf réalisations, ex-aequo avec l'Ivoirien Didier Drogba. Avec une moyenne d'un but par match, il incarne la réussite actuelle du football togolais. Reste à savoir s'il tiendra sa promesse d'amener les siens à la Coupe du Monde. Premier élément de réponse, la soirée du 8 octobre. Avec à la clef un autre grand bond dans le classement FIFA/ Coca Cola…

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