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Ardiles, l'homme qui simplifiait la difficulté

© Getty Images

En football, les choses les plus simples sont parfois les plus compliquées à réaliser. Avec Osvaldo César Ardiles, le football semblait facile. Ce milieu de terrain était doté d’une grande intelligence de jeu qui lui a permis de briller avec l’Argentine championne du monde en 1978 et de réussir dans le championnat anglais.

En plus de marquer l’histoire de Tottenham, il a été, estiment certains, l’un des initiateurs de l’arrivée massive de footballeurs étrangers dans le championnat anglais. FIFA.com revient sur la carrière de ce joueur d’exception et s’intéresse à sa vie actuelle.

Né le 3 août 1952 à Bell Ville, dans la province de Córdoba, Ardiles fait ses premières armes à Instituto de Córdoba, où il débute en 1973 au cours de la première saison du club dans l’élite argentine. Après un transfert à Belgrano, club de la même province, en 1974, sa carrière décolle vraiment lorsqu’il est engagé par le Club Atlético Huracán l’année suivante.

Souvenirs, souvenirsMalgré son gabarit de poche, ce poids plume d'1m69 fait forte impression dans l’axe et sur la droite de l’entrejeu, que ce soit dans l’annihilation du jeu adverse ou dans la construction. "Mon poste était difficile à décrire : j'étais à moitié créateur, à moitié défenseur. Je n'étais pas un joueur de couloir comme on en fait maintenant, mais un vrai milieu de terrain que l'on voyait rarement dans les surfaces de réparation. Ma mission consistait à soulager le 10 pour qu'il puisse créer sans pression", raconte en exclusivité pour FIFA.com celui que son frère surnommait el *Pitón, *"car sur le terrain, je me déplaçais comme un serpent".

Cette double fonction lui permet de se distinguer rapidement dans les rangs d'Huracán et c'est en toute logique qu'en 1975, il est convoqué par César Menotti dans la sélection albiceleste qui prépare la Coupe du Monde de la FIFA organisée chez elle en 1978. "César est la personne qui m'a appris le plus de choses dans le football. Il a été important dans ma formation et il m'a inculqué ses principes : le respect du spectacle et l'attachement au beau jeu".

D'ailleurs, Menotti est monté au créneau face à ceux qui préféraient d'autres joueurs à son poste. "Je ne l'ai pas défendu. C'est lui qui s'est tout gagné grâce à sa personnalité et à son talent", dira plus tard le technicien. Les résultats le conforteront dans son choix puisqu'Ardiles sera un rouage essentiel de l'équipe qui remportera la Coupe du Monde de la FIFA 1978, dont il ne manquera qu'un match en raison d'une blessure qui le gênera pendant toute la compétition.

Ses performances sont telles que Tottenham Hotspur engage Ardiles et son coéquipier en équipe nationale Julio Ricardo Villa pour 750 000 livres sterling, une somme insensée à l'époque. "L'idée, c'était de jouer là-bas trois ans puis de revenir. Jamais on n'aurait imaginé ce qui allait se passer. On dit que notre réussite a été à l'origine d'une arrivée plus importante de joueurs étrangers. Ce n'est pas faux. Je crois que ce phénomène était de toute façon inéluctable, mais le fait que nous ayons réussi a contribué à accélérer le processus", estime-t-il depuis son domicile en Angleterre.

Ardiles va marquer une époque à Tottenham, où il gagnera la Cup en 1981 et 1982, même s'il sera privé de finale par une convocation en équipe nationale, ainsi que la Coupe UEFA 1984. En l'espace de 10 ans, Ossie dispute 311 matches et inscrit 25 buts, une statistique plus que respectable pour un joueur qui "s'aventurait rarement dans la surface". Aujourd'hui, l'Argentin fait partie du "Hall of Fame" des Spurs, dont il est également l'ambassadeur.

En 1981, Ardiles accède à la célébrité, mais sur le terrain artistique. Il participe au long-métrage À nous la victoire *aux côtés de Sylvester Stallone, Michael Caine, Pelé et Bobby Moore. Il tourne aussi un clip intitulé *Ossie's Dream (Spurs are on their way to Wembley), une chanson du duo "Chas & Dave" sur la finale de la Coupe d'Angleterre. Le titre atteindra la cinquième place du classement des ventes de singles cette année-là.

Sa carrière internationale prendra fin à Espagne 1982, où il défendra le titre mondial acquis quatre ans plus tôt. Il parle du "plus grand échec" de sa carrière. Après une saison au Paris Saint-Germain lors de l'exercice 1982/83, débuté après le conflit des Malouines entre l'Argentine et l'Angleterre, Ardiles revient à Tottenham, où il a tout fait sauf porter la double casquette d'entraîneur-joueur. Il va en faire l'expérience durant un mois en 1987, pour "rendre service au club".

Après avoir quitté le Hotspur en 1988, il passe par les Blackburn Rovers, les Queens Park Ranger et les Fort Lauderdale Strikers, aux États-Unis, avant de revenir en Angleterre en 1989. Il signe à Swindon Town en deuxième division pour occuper les fonctions d'entraîneur et de joueur, de façon officielle cette fois. "Je me suis mis sur le terrain pour les deux premiers matches mais ensuite, je me suis écarté moi-même ! (rires). Les deux rôles étaient compatibles, mais je n'avais plus les moyens d'être performant. Le fait d'entraîner m'a assuré la retraite la moins douloureuse possible. La transition était plus naturelle."

Pour en arriver là...Depuis son premier poste, Ardiles a dirigé 14 équipes en Angleterre, mais aussi au Mexique, en Argentine, en Syrie, en Israël, en Croatie, au Japon et au Paraguay, où il a effectué son dernier mandat d'entraîneur en 2008 à Cerro Porteño. Il n'a remporté des titres qu'au Japon, mais en Argentine, il a marqué les esprits en tirant Racing Club et Huracán de la zone de relégation en proposant un football spectaculaire et offensif.

Aujourd'hui, outre son rôle de grand-père, il est occupé par sa mission d'ambassadeur de la candidature anglaise pour la Coupe du Monde de la FIFA 2018 et par ses activités de consultant. Mais Ardiles ne perd pas de vue sa vocation première. "Moi ce qui m'intéresse, c'est entraîner. Je sais très bien que je n'ai pas connu la même réussite en tant qu'entraîneur qu'en tant que joueur, mais mon objectif n'a pas changé : je veux relever le défi de préparer une équipe, de la faire bien jouer et de lui faire gagner des titres."

Osvaldo ArdilesPoste: milieu de terrain

Clubs (joueur) : Instituto de Córdoba (1973), Belgrano (1974), Huracán (1975-1978), Tottenham Hotspur (1978-1982, 1983-1988), Paris Saint-Germain (1982-1983), Blackburn Rovers (1988), Queens Park Rangers (1988-1989), Fort Lauderdale Strikers (1989), Swindon Town (1989)
Clubs (entraîneur) : Swindon Town (1989-1991), Newcastle United (1991-92), West Bromwich (1991/92), Tottenham Hotspur (1993/94), Guadalajara (1995), Shimizu S-Pulse (1996-1998), Dinamo Zagreb (1999), Yokohama F. Marinos (2000/01), Al-Ittihad (2001), Racing Club (2002/03), Tokyo Verdy 1969 (2003-2005), Beitar Jérusalem (2006/07), Huracán (2007), Cerro Porteño (2008)
Equipe nationale: 63 matches (8 buts)

Palmarès : comme joueur, vainqueur de la Coupe du Monde de la FIFA, Argentine 1978 (6 matches, 0 but), participation à la Coupe du Monde de la FIFA, Espagne 1982 (5 matches, 1 but), 2 Coupes d'Angleterre (1981, 1982), 1 Coupe UEFA (1984) : comme entraîneur, 1 Coupe Nabisco (1996), 1 championnat du Japon (2001), 1 Coupe de l'Empereur (2004)

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