FIFA Interactive World Cup 2016

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Intimes rapports entre football et e-sport

General view during the group stage for the FIFA Interactive World Cup
© Getty Images

Le football réel et celui que l'on pratique sur console ou sur PC ont-ils quelque chose en commun ? Les athlètes et les rois de l'e-sport ont-ils des choses à se dire ? Pour tenter d'en savoir plus, *FIFA.com *a rencontré le docteur Ingo Froböse, professeur à l'université du sport allemande de Cologne. Depuis plusieurs années, il fait autorité dans le domaine de la recherche universitaire sur l'e-sport.  

"Au fil du temps, je me suis rendu compte que de nombreux sportifs qui fréquentent notre université passent aussi beaucoup de temps dans le monde virtuel. J'ai donc pris le temps de m'entretenir avec eux pour discuter de leurs problèmes, naturellement toujours en rapport avec notre enseignement. Ainsi, je me suis rendu compte que l'*e-gaming *réclamait une approche totalement différente", explique le professeur Froböse à propos de ses premiers contacts avec l'e-sport.

Pour commencer, l'e-sport est-il un "vrai" sport ? Faute d'une définition communément admise du mot sport, répondre à cette nouvelle question tient de la gageure. "Je me bats pour qu'on le reconnaisse comme tel. Nous étudions les exigences de l'e-sport depuis quelque temps déjà. Notamment sur le plan cardio-vasculaire, cette pratique réclame une endurance comparable à celle de pilotes automobiles", explique l'universitaire de 59 ans. "Il faut aussi de la concentration, de l'attention, des réflexes et de la tactique. Nous sommes dans la droite ligne des sports collectifs. Il faut des capacités motrices, techniques, tactiques et émotionnelles. D'après moi, on peut dire que tous les ingrédients du sport sont réunis."

Tirer parti des deux disciplines
Froböse pense qu'un bon footballeur possède tous les atouts pour réussir dans l'e-sport. "Il faut maîtriser quelques bases. La technique et la tactique indispensables à la pratique du sport dans la vie réelle sont toujours de mise. Les athlètes partent donc avec un avantage", estime-t-il. "Un bon footballeur qui maîtrise les bases de son métier peut faire un bon joueur sur FIFA. Ce n'est pas un hasard s'ils sont parmi les joueurs les plus nombreux." Pour autant, il n'est pas question de remplacer les matches sur le terrain par leurs équivalents numériques. "Les parents qui s'inquiètent de voir leurs enfants passer trop de temps devant leur écran ont raison, du moins en partie. Il n'est pas bon pour un enfant de rester assis en permanence. L'exercice physique en tant que tel ne doit pas être négligé. Une symbiose entre ces deux éléments doit s'établir. Dans l'idéal, il faudrait que le sport réel et l'e-sport s'interpénètrent. On pourrait même imaginer des séances d'entraînement tirant le meilleur parti des deux disciplines. Le virtuel peut apporter beaucoup au niveau de l'apprentissage de combinaisons de jeu ou de la tactique."

Il s'agit donc avant tout de dissiper le cliché qui représente les *e-gamers *professionnels comme des personnes incapables de mettre un pied devant l'autre sur un terrain. "Il faut associer la forme physique et la forme mentale, mais aussi la forme ludique. Il faut que le corps et l'esprit fonctionnent à l'unisson", poursuit Froböse. À court terme, on peut obtenir quelques succès par d'autres biais, mais pour s'imposer dans de grandes compétitions, il faut aussi que le corps soit en bonne condition", estime Froböse, qui prédit l'arrivée prochaine de formations et d'entraîneurs spécialement dédiés à l'e-sport. "Ça se fait déjà en Corée. Pas sur FIFA, mais avec d'autres jeux. Ces *gamers *ont un mode de vie entièrement consacré à leur discipline, comme les athlètes. Ce système comprend un entraîneur, un préparateur mental, un physiothérapeute, etc."  

Comment tout ceci pourrait-il se traduire en termes de football numérique ? "Le banc de touche pour un match sur FIFA devrait ressembler à celui d'une équipe de football 'normale'", juge le docteur. "Si nous voulons mettre au point un programme d'entraînement, nous devons tout d'abord évaluer les besoins pour définir la pratique. Dans ce domaine, il nous reste des lacunes à combler. Nous étudions les exigences et les besoins des joueurs, afin de définir un mode de récupération optimal. Nous travaillons déjà avec des équipes professionnelles. À l'avenir, nous souhaitons créer un programme d'entraînement pour l'e-sport."  

Ronaldo et moi
Le professeur Froböse appelle ainsi la professionnalisation de l'e-sport de ses vœux. "Il faut des structures aussi proches que possibles de celles qui existent dans les 'vrais' sports. On accuse souvent l'e-sport d'être né de la culture de la jeunesse et d'être relativement anarchique. C'est une étape nécessaire pour une reconnaissance plus large. Je suis sûr que, d'ici cinq ans, nous aurons les premières retransmissions télévisées. L'e-sport aura alors fait la transition entre la sous-culture et la culture."

Les compétitions officielles comme la FIFA Interactive World Cup revêtent donc un intérêt particulier à ses yeux. "Ces tournois vont accélérer la professionnalisation, ce qui aura des répercussions positives sur l'entraînement et la concentration. Il faut des structures pour les qualifications. Si nous parvenons à proposer des confrontations transnationales, comme c'est le cas avec la FIWC, tant mieux. C'est une autre façon de proposer une image positive de la nation", assure le professeur, qui a quelques suggestions pour augmenter encore l'intérêt des matches de football virtuels. "J'aimerais voir une interconnexion qui permettrait de m'intégrer directement dans le jeu. Je ne jouerais plus Cristiano Ronaldo mais mon propre avatar, avec mes forces et mes faiblesses. Une plus grande individualisation de la personnalité des joueurs serait un plus. Ce serait fabuleux de faire partie d'une équipe nationale et de disputer une Coupe du Monde en ligne en apportant mes propres capacités motrices. Ce serait grandiose. Et pour ça, il faudrait s'entraîner."

Les joueurs qui font partie du jeu ont des caractéristiques prédéfinies : puissance, vitesse, détente. L'idéal, pour Froböse, serait de pouvoir importer ses propres données. "Pour les intégrer dans le jeu, il faudrait préalablement que je passe un test d'effort et un test de sprint", détaille-t-il. "Ces caractéristiques individuelles influeraient le déroulement des matches." Une telle évolution donnerait lieu à une interconnexion inédite entre le monde réel et son équivalent numérique. Peut-être aussi encouragerait-elle quelques footballeurs de salon à faire un crochet par les pelouses réelles.

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