mardi 05 février 2019, 21:59

Vini Show : "La Copa América a changé ma vie"

  • Première Copa América dédiée aux personnes de petite taille

  • Le tournoi a changé la vie de Vini Show, capitaine brésilien

  • Lionel Messi a apporté son soutien à l’événement

"Certains pensent que les nains sont nés pour amuser la galerie", explique à regret Vinicius Rocha au micro de FIFA.com. "Nous sommes parfois considérés comme des bêtes de foire. C’est triste." Mais le temps des atroces moqueries essuyées par Vinicius dans les rues de Rio de Janeiro est révolu.

Le Brésilien, qui mesure 1m30, est désormais un héros national. La raison de ce regain d’estime ? La toute première Copa América dédiée aux personnes de petite taille, qui s’est tenue en Argentine en octobre dernier. Cette compétition de futsal à sept a réuni l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, les États-Unis, le Canada, le Paraguay, le Pérou et le Maroc, sélection invitée pour l’occasion.

Marcos Vinicius de Assis Rocha a débuté le tournoi comme tel, avant d’être rebaptisé Vini Show à son retour au pays. Pétri de talent et auteur de somptueuses réalisations, le Brésilien s’est montré étincelant tout au long de la compétition, à l’issue de laquelle son équipe a décroché la troisième place derrière l'Argentine et le Paraguay, grand vainqueur de l’édition inaugurale.

"L'émotion me submerge à chaque fois que je regarde les photos et les vidéos de cette aventure", reconnaît le capitaine et meneur de la Seleção. "C’est indescriptible. Je n’ai pas les mots pour expliquer l’importance de cet événement dans ma vie. Un grand rêve s’est concrétisé. C’était magique. Cette épopée a été passionnante du début à la fin. C’était très encourageant."

"Lorsque j’étais enfant, je voulais devenir footballeur professionnel", poursuit-il. J’adorais regarder Romario et Ronaldinho. Je suis aussi un grand fan de Zico. J’étais plutôt doué, mais mes parents m’ont ramené à la réalité et m’ont clairement fait comprendre que ma taille serait un obstacle. Avoir participé à la Copa América sonne donc comme un accomplissement personnel. Sur le plan collectif, cette médaille de bronze était vraiment une performance incroyable, alors qu’on ne s’était jamais entraînés ensemble, contrairement aux autres sélections."

"Depuis, les enfants continuent de me demander des autographes. Les gens dans la rue me prennent dans leurs bras, discutent avec moi sur mon rôle de représentant de la Seleção. La BRASA (sélection brésilienne des personnes de petite taille) est passée sur la chaîne ESPN Brasil et faisait les gros titres dans la presse. Mes parents ont dû acheter tous les journaux du quartier pour les distribuer à la famille et aux amis ! Je n’arrive pas à décrire cette sensation de savoir mes parents si fiers. Ils m’ont énormément soutenu au fil des ans."

Vini Show n’aurait d’ailleurs pas pu réaliser son rêve sans l’aide de ses proches. "La BRASA ne perçoit aucune subvention. Les joueurs ont dû payer leur billet de leur poche. Heureusement, nous avons organisé des tombolas et ma famille ainsi que mes amis se sont cotisés pour m’aider. Autrement, je ne sais pas si j’aurais eu les moyens d’y aller. Je leur serai éternellement reconnaissant."

Avant de s’envoler pour Buenos Aires, la sélection brésilienne a reçu des vidéos de soutien de la part de Bruno Silva, d’Everton, de Maicon, de Marcelo Oliveira et de Vitinho.

"Recevoir les encouragements de joueurs professionnels comptait beaucoup pour nous", affirme Vini Show. "Le soutien apporté à ce tournoi par Lionel Messi, l’un des meilleurs joueurs du monde, était également très important."

"C’était un moment extraordinaire, non seulement pour nous mais aussi pour toutes les personnes de petite taille. C’est difficile d’être pris au sérieux lorsqu’on vous regarde de haut. Des mots blessants peuvent être prononcés et provoquer des phases de dépression. Cette Copa América a permis de mettre en lumière les difficultés auxquelles nous sommes confrontés et de lutter contre les préjugés."

"Cette aventure a changé ma vie. Elle m’a apporté énormément de bonheur", conclut le Brésilien.