Un clasico n’est pas un match comme les autres. Peu importe que le Brésil soit tenant du titre et quadruple lauréat de l’épreuve, ou que l’Argentine soit privée sur blessure de son meilleur joueur, Matias Lucuix. Ce 14 novembre à Bangkok, en quart de finale de la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA 2012, la logique n’a pas sa place, au contraire de la pression et l’intensité.

La Seleçao se crée trois occasions dans les deux premières minutes et domine globalement, mais les Argentins sont les plus menaçants, obligeant leurs adversaires à concéder des coups francs dangereux. Jé se montre même particulièrement nerveux et, en trois minutes, reçoit deux cartons jaunes, synonymes d’exclusion. Entre la rivalité et la peur de quitter la compétition, les erreurs techniques sont presque plus nombreuses que les occasions de but. A ce petit jeu, c’est l’outsider présumé qui s’en sort le mieux. Sur une contre-attaque, Santiago Basile décale sur la gauche Maximiliano Rescia dont le tir en bout de course trompe Tiago. Le Brésil n’a pas le temps de s’en remettre que Cristian Borruto glisse déjà le cuir entre les jambes du portier auriverde ! Son homologue Santiago Elias, lui, fait le match parfait et se permet même une montée balle au pied conclue par une lourde frappe, difficilement repoussée par Tiago.

Falcão en héros
Elias est toujours sur un nuage en seconde période, et quand il semble battu, son poteau vient à sa rescousse, comme sur une frappe presque parfaite de Simi. Mais la persévérance paie sur un tir puissant et précis de Neto dans le petit filet gauche argentin. Le Brésil n’a plus qu’un but à remonter et confie son destin à son joueur vedette Falcão, qui a longtemps cru son tournoi terminé après sa blessure lors du premier match et qui souffre d'une paralysie faciale. Un enchaînement supersonique contrôle-frappe du gauche permet aux champions du monde de refaire leur retard. Il reste alors six petites minutes, dominées par les Brésiliens, mais où les filets ne trembleront plus.

C’est donc en prolongation que se joue le sort du clasico. Et comme on dit que les grands joueurs se révèlent dans les grands matches, Falcão prouve qu’il est peut-être le plus grand joueur de futsal de tous les temps. Son pied gauche magique envoie le cuir au ras du poteau gauche d’Elias, et le Brésil en demi-finale.

Falcão, joueur du Brésil
"Qui aurait pu deviner que je pourrai jouer aujourd'hui avec une paralysie faciale ? Je ne sais pas si nous serons champions, mais cette journée restera historique, au moins pour moi. Cela nous donne encore plus de force car c'est la première fois que nous étions menés au score, mais nous avons su gagner. Nous avons gardé notre équilibre et notre patience, et cela s'est avéré décisif."