Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, Lituanie 2021™

Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, Lituanie 2021™

12 septembre - 3 octobre

Coupe du Monde de Futsal de la FIFA

Une première avec des étoiles encore inconnues

Si le meneur de jeu danois Christian Eriksen, le capitaine des États-Unis Michael Bradley et la superstar algérienne Riyad Mahrez participaient à la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA qui débutera en Colombie ce samedi 10 septembre, ils ne passeraient certainement pas inaperçus. Si un tel scénario paraît improbable, il ne l'était pas en 1989, pour la première édition de la compétition. Cette année-là, plusieurs vedettes avaient honoré le tournoi de leur présence.

Il y a 27 ans Brian Laudrup (l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du football danois), Michael Windischmann (capitaine de l'équipe des États-Unis qui allait participer l'année suivante à sa première Coupe du Monde de la FIFA™ en 40 ans et Lakhdar Belloumi (largement considéré comme le meilleur footballeur algérien de tous les temps), ont tous pris par à l'édition inaugurale de la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA.

Cette année-là aux Pays-Bas, quatre autres footballeurs qui avaient disputé ou allaient jouer une Coupe du Monde de football à onze étaient également présents, à savoir les Canadiens Paul Dolan et Tab Ramos, et les Américains Peter Vermes et Steve Trittschuh.

"C'était vraiment très plaisant, car le jeu était très technique. On voyait beaucoup de gestes de grande classe et des styles différents en fonction du pays", se souvient Laudrup, qui avait marqué quatre buts en trois matches aux Pays-Bas. "Les Danois ne sont pas réputés pour leur technique. On nous considère toujours comme des joueurs physiques, très au point tactiquement. Mais lors de cette Coupe du Monde, on a pu voir que les Danois n'étaient pas mauvais du tout sur le plan technique, tout du moins certains d'entre nous !", souligne-il fièrement.

Sur une patinoire
C'était la première fois que la FIFA organisait un tournoi sur une autre surface que le gazon. La première Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA n'aurait lieu que 16 ans plus tard. C'était également la première fois qu'une compétition de la FIFA se déroulait aux Pays-Bas depuis 60 ans et les Jeux Olympiques d'Amsterdam de 1928. En 1989, la Fédération néerlandaise de football (KNVB) fêtait ses 100 ans. Son Vice-président à l'époque, Martern Kastermans, avait parfaitement résumé le sentiment général en déclarant : "C'est une double fête".

À cette époque, le futsal était très populaire en Hollande. Le pays batave était donc un choix logique pour accueillir l'épreuve et faisait figure de favori, au même titre que son voisin belge et le Brésil. Les trois équipes ont fait honneur à leur réputation en se hissant toutes dans le dernier carré, où elles ont été rejointes par les États-Unis. À y regarder de plus près, on aurait pu également placer la sélection américaine sur la liste des candidats à ce premier titre mondial.

"Quand j'étais plus jeune à New York, je disputais pas mal de tournois en salle, avec des règles qui étaient proches de celles du futsal. Le ballon pouvait sortir des limites du terrain, contrairement au championnat américain de football en salle, où la balle rebondit sur les parois entourant l'aire de jeu", explique Windischmann, capitaine des USA à Italie 1990. 

"On jouait souvent sur une patinoire recouverte d'un tapis synthétique", précise Dolan, gardien du Canada à Mexique 1986 et qui a lui aussi joué au foot en salle, dans le championnat nord-américain. "Mais en 1989, c'était du vrai futsal, avec certains gestes du football à onze transférés directement en salle. Nous nous sommes vraiment bien amusés lors de cette Coupe du Monde aux Pays-Bas."

Malgré la popularité du football en salle dans son pays, la Fédération américaine de football ne s'attendait pas à un parcours exceptionnel de sa sélection en Europe. "On appelait pour dire que l'équipe avait gagné ses matches et qu'elle était qualifiée pour le prochain tour. La réponse était : 'Non, c'est pas vrai ?'. On a rappelé pour dire que nous avions atteint les quarts de finale, puis les demi-finales !"

Momentum américain
Les Pays-Bas mettront fin à la belle aventure américaine, s'invitant de fait en finale contre le Brésil. Le capitaine des États-Unis ne garde que des bons souvenirs du dénouement des événements. Et pour cause. "Le match pour la médaille de bronze a été incroyable", se souvient-il au sujet d'une "petite finale" remportée 3:2 face à la Belgique. "J'ai eu la chance de marquer un but, qui nous a permis de disputer la prolongation. Le gardien avait d'abord repoussé, et j'ai marqué d'une talonnade." Un dernier but de Vermes, à une minute de la fin de la prolongation, a permis aux États-Unis de réaliser la meilleure performance de son histoire à ce jour dans un tournoi de la FIFA. "Nous n'étions absolument pas conscients de ça. Il a fallu qu'on nous l'explique", poursuit Windischmann d'un air amusé.

Dans un Sportpaleis Ahoy de Rotterdam plein comme un œuf, où plus de 4 000 spectateurs avaient pris place, le Brésil battra finalement les Pays-Bas sur la plus étroite des marges (2:1). Les Sud-Américains décrochaient ainsi le premier de leurs cinq titres de champions du monde dans la discipline.

Ces tournois où les stars du football à onze côtoyaient les meilleurs techniciens du futsal appartiennent bel et bien à une époque révolue. Laudrup en convient. Les deux disciplines ont progressé… et emprunté des chemins divergents. Le dernier joueur à avoir disputé une Coupe du Monde de football à onze (Corée/Japon 2002) et une autre de futsal (en 2000) est le Costaricien Rolando Fonseca.

"Je regarde parfois le championnat brésilien de futsal. On y voit des choses absolument phénoménales. Mais quand ils se retrouvent sur un terrain de football à onze, ces joueurs ont du mal à reproduire ce qu'ils savent faire, car le jeu est complètement différent", conclut le Danois qui avait participé à France 1998.

On retiendra de cette édition inaugurale que la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA a donc fait ses premiers pas avec l'aide de joueurs qui avaient fait leurs preuves – ou allaient les faire – sur la plus grande scène du football à onze.

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