C'est l'histoire d'une bande de copains qui se découvrent des ressources dans l'action. Le premier déclic du Viêt-Nam se produit durant les qualifications : une élimination aux tirs au but du Japon avec une qualification pour la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA 2016 comme récompense. Le deuxième se déroule en Colombie face au Guatemala (4:2). "J'attendais avec tellement d’impatience le premier coup de sifflet de notre Coupe du Monde. J'avais par contre plus de mal à visualiser une victoire en bout de course. Je n'oublierai jamais ces minutes hors du temps", lance Thai Huy Tran au micro de FIFA.com, au moment de tirer les premières conclusions.

Arrivés sur la pointe des pieds, les Asiatiques ont directement eu l'occasion de lever les bras. Bao Quan Nguyen voit encore les images défiler dans sa tête, et elles risquent d'y rester un bon moment. "L'annonce de notre qualification en tant que meilleurs troisièmes restera aussi gravée dans ma mémoire", précise le capitaine. Entre-temps, les deux retours à la réalité contre l'Italie (2:0) et surtout le Paraguay (7:1) avaient été digérés avec le recul nécessaire.

Tran avoue avoir pourtant souffert contre les Sud-Américains, en particulier durant ces trois minutes qui ont vu l'Albirroja marquer à trois reprises coup sur coup. "Tout va tellement vite en Coupe du Monde. L'intensité est permanente. On n'a jamais de répit devant le défi physique constant. Si nous voulons encore franchir un cap, cela devra être notre priorité". Son coéquipier lui emboîte le pas. "J'ai vraiment été impressionné par les capacités physiques de nos adversaires."

Entre tension et plaisir
En dehors du terrain, les deux compères ont aussi ouvert de grands yeux devant la machine réglée comme du papier à musique d'une Coupe du Monde. "Tout était juste parfait, des entraînements aux hôtels jusqu'aux contacts avec les locaux. Comme si nous n'avions à penser qu'au football. J'ai adoré cette expérience", souligne Tran. Il fallait bien cela pour se mettre dans le meilleur état d'esprit pendant les matches. Difficile de trouver du plaisir sur le terrain face à la pression du résultat qui s'impose dans l'épreuve mondiale, surtout devant des Russes déterminés à faire tourner le tableau d'affiche jusqu'au bout en huitième de finale (7:0).

"Nous avons fait ce que nous avons pu pour profiter du moment sur le terrain, mais c'est surtout avant et après que nous pouvions prendre la mesure de ce qui se passait. Nous avons mis tout notre cœur en jeu. C'était l'essentiel", développe Tran comme pour prolonger encore un peu l’expérience Coupe du Monde avant le retour à la maison qu'il imagine festif dès l'arrivée à aéroport. "Il y aura du monde pour nous accueillir", se réjouit d'avance le joueur de Thai Son Nam FSC, pour adoucir l'humeur liée à la fin de l’aventure colombienne.

Trois semaines à Colombie 2016 et trois autres semaines de préparation, cela fait une éternité loin des siens. "Ma femme sera bien contente de me retrouver. Elle a été très patiente. Nous allons partir en vacances pour décompresser", glisse-t-il encore le sourire aux lèvres, alors que son capitaine ne tient plus en place. Il a hâte de sauter sur son téléphone pour découvrir la longue série de messages de félicitations et d'affection qui l'attendent. Il y aura bien un avant et un après Coupe du Monde pour les Vietnamiens.