D'un coup de baguette magique ils sont apparus. Personne ne les attendait mais ils ont su saisir au vol l'opportunité qui leur était offerte. "Ils", ce sont ces joueurs méconnus, certains même inconnus, parfois oubliés, que les entraîneurs de Ligue 1 ont sorti de leur manche en cours de saison et qui, au fil des matches, se sont fait une place au soleil en devenant indispensables.

Le Guyanais Jean-Claude Darcheville est en l'illustration parfaite. "Il en impose sur le terrain et c'est un déconneur en dehors. Il apporte de la joie. Il nous aide beaucoup", précise Jacques Abardonado le défenseur de Valenciennes. "Darcheville est capable de calmer les joueurs. Il dédramatise les situations", confirme son entraîneur, Antoine Kombouaré. Son efficacité ne se mesure pas seulement à son réalisme sur le terrain, même s'il a inscrit quatre buts en huit matches, plus une passe décisive. Depuis son arrivée au mercato en provenance des Glasgow Rangers, il a transformé Valenciennes qui plongeait tout droit vers la Ligue 2 et qui est aujourd'hui en passe de se sauver.

Marseille a deux visages
Ce qui est valable dans le bas du classement l'est aussi dans la lutte pour le titre. Après la blessure de son attaquant vedette Mamadou Niang, l'Olympique de Marseille est parti en quête d'un buteur de renom pour assurer une continuité. Avec beaucoup de réticences, les exigeants supporters de l'OM ont alors vu débarquer le Brésilien Brandao. En marge de ses quatre buts, l’ancien du Chakhtior Donetsk donne l'exemple en se battant sur tous les ballons et servant de point d'ancrage à l'attaque olympienne. Aujourd'hui, les tribunes du Vélodrome ne cessent de scander son nom.

Même chose pour l'expérimenté Sylvain Wiltord. Sur un plan purement comptable, son transfert est un échec (0 but en sept matches). Mais son énorme influence dans le vestiaire et le rôle de grand frère qu’il joue auprès des plus jeunes joueurs ne sont sans doute pas innocents aux bons résultats de l'OM en 2009.

Par ailleurs, comme à Marseille on ne fait jamais les choses à moitié, la défense également a totalement été bouleversée avec le retour en grâce de l'Argentin Renato Civelli, sous utilisé depuis son arrivée sur la Canebière en 2005 et qui en l'espace de sept matches (et un but) a stabilisé une arrière-garde qui laissait bien souvent à désirer. Même chose pour le latéral anglais Tyrone Mears qui assure avec une grande maîtrise le remplacement de Laurent Bonnart, touché jusqu'à la fin de la saison.

Autre bonne pioche du mercato, le Tchèque Vaclav Sverkos, 25 ans, a complètement relancé la machine sochalienne en inscrivant pas moins de six buts en onze matches. Modeste, il affirme que "ce n'est pas (mon) arrivée qui a permis au club d'avoir de meilleurs résultats. C'est le travail de l'ensemble du groupe. Nous remplissons juste notre devoir".

Planus veut finir à Bordeaux
Qui connaissait en France le Norvégien de Toulouse Daniel Braaten en début de saison ? Arrivé de Bolton dans le cadre du transfert de Johan Elmander, ce milieu de terrain international a réalisé une première partie de saison pour le moins décevante. Puis, ayant finalement trouvé ses marques et oublié ses blessures, il s'est imposé peu à peu comme un titulaire indiscutable au Téfécé. Ce qui lui a permis, en prime, de retrouver sa place en équipe de Norvège.

Dans un registre différent, il y a également l'éclosion de jeunes talents que l'on n'attendait peut être pas aussi rapidement. C'est le cas notamment du jeune milieu offensif belge de Lille, Eden Hazard, 18 ans, qui n'a cessé de monter en puissance au fil de la saison et que l'on compare déjà à son compatriote Enzo Scifo. Il serait déjà suivi de près par des clubs comme Chelsea ou l'Inter Milan mais souhaite pour l'instant rester à Lille afin d'emmagasiner un maximum d'expérience.

Enfin, il y a les joueurs obligés de ronger leur frein sur le banc en début de saison et qui ont su reconquérir leur place à la première occasion. C'est le cas du Bordelais Marc Planus à qui Laurent Blanc avait préféré en début de saison l'attelage Henrique - Souleymane Diawara en défense centrale. Mais, depuis la blessure du Brésilien, Planus a repris tout naturellement sa place et parle maintenant de finir sa carrière à Bordeaux.

Ces joueurs ont ainsi un rôle déterminant, sur le terrain ou dans les coulisses. Bonne pioche du mercato, éclosion précoce ou remise en confiance réussie par un entraîneur psychologue, ils sont les véritables jokers du championnat de France. Et la saison n'est pas encore finie…