En terminant la saison sur une incroyable série de onze victoires consécutives les Girondins de Bordeaux ont remporté le sixième titre de champion de France de leur histoire, dix ans après leur dernier succès. Déjà vainqueurs cette saison du trophée des champions et de la coupe de la Ligue, les Bordelais de Laurent Blanc ont ainsi mis fin avec la manière à sept ans de règne lyonnais. FIFA.com revient sur une saison haletante et incertaine jusqu'à la dernière minute de la dernière journée.

Petit triplé
Bordeaux a disputé un championnat de sprinter. Toujours bien placés, bénéficiant souvent du petit coup de pouce du destin qui fait les champions, s'appuyant sur leur meneur Yoann Gourcuff, élu meilleur joueur du championnat par ses pairs, privilégiant un football offensif sans négliger pour autant une arrière garde athlétique et efficace, les Girondins se sont maintenus toute la saison dans le peloton de tête. Pour cela ils ont du réussir quelques exploits comme à Monaco où il se sont imposés 4:3 alors qu'ils étaient menés 0:3 à la 50', ou en allant chercher la victoire à Grenoble (1:0) alors qu'ils étaient réduits à neuf.

Par ailleurs, ils ont réussi la passation de pouvoir en dominant Lyon 1:0 et en ne prenant finalement la tête qu'à deux journées de la fin pour coiffer sur le fil l'Olympique de Marseille, l'éternel rival. En fait, dans un dernier sursaut d'orgueil, c'est le champion sortant Lyon, déjà distancé au classement, qui s'est offert le luxe de désigner son successeur en allant s'imposer (3:1) à Marseille à trois journées de la fin, permettant à Bordeaux prendre les commandes pour ne plus les lâcher.

A l'image de Josep Guardiola à Barcelone, auteur d'un retentissant triplé pour sa première saison d'entraîneur, l'ancien champion du monde Laurent Blanc se met lui aussi en évidence dans sa nouvelle carrière. Vice-champion de France l'an dernier pour ses débuts, il réussit cette année "un petit triplé" en imposant un jeu construit et offensif "qui correspond à ce que j'aimais quand j'étais joueur", précise-t-il. Blanc aux manettes sur le banc, Gourcuff aux commandes sur le terrain (12 buts et dix passes décisives) seront une nouvelle fois à la manœuvre des Girondins qui devront cette fois confirmer l'année prochaine au niveau européen.

Les places d'honneur
Sur la deuxième marche du podium, à trois points, on retrouve l'Olympique de Marseille d'Eric Gerets qui a vraisemblablement perdu le titre à domicile où il a laissé filer 22 points, concédant notamment une défaite décisive contre Lyon. Paradoxalement, les Provençaux ont brillé loin du Vélodrome, où ils n'ont concédé qu'une seule défaite pour onze victoires, et ont laisse filer les points sur leur pelouse malgré le soutien du public le plus passionné de l'hexagone. Les anciens champions d'Europe (1993) ont quand même atteint leur objectif en décrochant une qualification directe pour la phase de poules de la Ligue des champions de l'UEFA et seront entraînés l'an prochain par un autre ancien champion du monde, Didier Deschamps.

Sur la troisième place du podium, loin de ses objectifs, l'Olympique lyonnais a sauvé l'essentiel en se qualifiant pour le tour préliminaire de la C1. Le septuple champion de France, miné par l'usure du pouvoir et handicapé par de nombreuses blessures va devoir renouveler certains cadres et trouver notamment un nouveau maître à jouer pour remplacer le Brésilien Juninho et épauler son buteur Karim Benzema, auteur d'une saison en demi-teinte à l'image de son club.

Paris rate le coche
Trois clubs se retrouvent à égalité de points (64) pour les deux places qualificatives pour l'Europa League. Le premier billet revient à Toulouse (+18) porté par son buteur surprise André-Pierre Gignac, révélation de la saison, qui termine en tête du classement des buteurs avec 24 réalisations. Rudi Garcia, pour sa première saison à Lille (+12) décroche la seconde place qualificative grâce notamment à la superbe saison du milieu brésilien Michel Bastos émérite tireur de coups francs et leader du classement des passeurs décisifs (11). Secoué par des querelles internes, le Paris Saint Germain (+11) termine finalement à la 6ème place après avoir gâché dans les dernières semaines tout le travail d'une saison qui aurait dû être celle du renouveau. L'an prochain, le PSG va devoir refaire ses gammes sous la direction d'un nouvel entraîneur, Antoine Kombouaré, avec un Claude Makelele sur lequel les années ne semblent pas avoir de prise.

Canaris et Normandie au tapis
La lutte pour éviter la relégation a également été incertaine jusqu'à la dernière minute. Le Havre, club formateur exemplaire ne pouvant conserver ses meilleurs éléments pour des raisons financières, était condamné depuis longtemps avec seulement 26 points au compteur. Même chose pour Nantes qui retrouvera la Ligue 2 malgré un budget pourtant nettement plus étoffé, mais où Elie Baup n'a pas réussi à insuffler un esprit de groupe. La saison s'est terminée dans la tension pour des Canaris toujours à la recherche d'un style de jeu qui était leur marque de fabrique dans le passé.

Club historique du football français avec son record de victoires en championnat (10), Saint-Etienne a dû attendre la dernière journée et une victoire sur Valenciennes (4:0), pour se sauver de justesse alors que les Verts envisageaient de jouer l'Europe en début de saison. C'est donc Caen, battu par le nouveau champion sur un but de Yoan Gouffran issu du centre de formation normand, qui va devoir aller batailler à l'échelon inférieur pour laisser la place aux trois promus Lens, Montpellier et Boulogne-sur-Mer.

Un total de 858 buts ont été inscrits au cours de la saison en France, soit une honorable moyenne de 2,26 buts par rencontre. Mais, surtout, la Ligue 1, un peu dévaluée ces dernières saisons de part les prestations décevantes de ses représentants en Europe, a connu un net regain d'intérêt avec la chute de Lyon et un suspense soutenu jusqu'au bout dans la course au titre entre les six prétendants. L'éclosion de nouveaux talents (Gourcuff, Gignac, Hoarau, Sow) et la confirmation de certains autres (Erding, Briand) sont également un signe de la bonne santé d'un championnat aux finances saines.