Si Vincent Aboubakar n'a pas brillé cette saison par son efficacité, avec quatre buts en Ligue 1 pour Valenciennes, le talent de ce diamant brut camerounais a depuis longtemps éclaté au grand jour et qui lui promet un avenir en or.

Il faut dire que son entrée dans le grand monde du football a été particulièrement précoce avec une participation, à 18 ans seulement, à la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™, avec le Cameroun. Au micro de FIFA.com, celui qui faisait partie des plus jeunes joueurs de la compétition se souvient : "Ça a été avant tout une expérience très enrichissante. J'ai pu être au plus près des meilleurs joueurs de la planète et ça m'a vraiment marqué. L'ambiance était extraordinaire et j'ai pu baigner dans le football du plus haut niveau. Défendre les couleurs de son pays est quelque chose d'unique, surtout pour une Coupe du Monde".

Sortis au premier tour après trois défaites, les Lions indomptables ont manqué le rendez-vous de la première épreuve reine organisée sur le Continent Mère. Mais le lionceau, auteur de deux entrées percutantes contre le Danemark et les Pays-Bas, avait de quoi digérer en partie sa déception avec en poche un contrat de trois ans avec Valenciennes signé avant le coup d'envoi de la compétition.

Fine fleur sa génération à Cotonsport, le grand club camerounais où il a été formé et avec lequel il a fait des étincelles, le natif de Yaoundé a connu une adaptation difficile dans le nord de la France. Le choc thermique et culturel est rude, mais l'attaquant s'accroche et travaille dur pour s'imposer. Aujourd'hui, il ne regrette pas le voyage : "J'ai été très bien accueilli ici, et c'est un club idéal pour bien travailler et avoir du temps de jeu".

Confirmation
Reste que pour confirmer les espoirs qu'il suscite, cet attaquant généreux et puissant doit encore franchir un pallier. "Il fait des choses intéressantes, notamment à l'entraînement. Des choses qu'il n'arrive pas toujours à reproduire, par manque de maturité et d'assurance. Il a du talent et une belle marge de progression", explique son entraîneur, Daniel Sanchez.

Bénéficiant d'un net gain de temps de jeu pour sa deuxième saison en France, Aboubakar veut concrétiser ses progrès sur les feuilles de matches. "Je travaille beaucoup à l'entraînement pour être plus réaliste et plus créatif devant le but", confirme-t-il. Et il y a urgence à ce que ce travail soit pleinement récompensé, car la 13ème place qu'occupe actuellement Valenciennes est trompeuse, avec seulement quatre points qui le séparent de la zone rouge.

Dans une fin de saison où planera jusqu'au bout l'angoisse de la relégation, le Camerounais devra trouver des solutions, notamment contre l'Olympique lyonnais ou le Paris Saint-Germain. "Les grosses écuries jouent pour le titre ou une place en Ligue des champions, nous nous jouons notre survie", estime-t-il. "Chacun a ses objectifs, et la différence à cet instant de la saison se jouera sur la motivation et la volonté".

Volontarisme
Ce même volontarisme est affiché quand il s'agit d'évoquer l'avenir proche de sa sélection. Le deuxième tour africain des éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™, débutera en juin prochain, et le Cameroun partage le Groupe I avec la RD Congo, la Libye et le Togo, des adversaires à ne pas à sous-estimer : "Je n'ai pas le sentiment que sommes favoris, et c'est même dangereux pour nous de partir avec cette idée", prévient le jeune attaquant. "Dans le football d'aujourd'hui, même une petite équipe peut battre une plus forte qu'elle si elle a plus de volonté et d'envie. A nous d'être humbles et de tout donner".

Cette envie, qui peut soulever des montagnes et des trophées, revient donc comme un leitmotiv chez Aboubakar, qui a déjà parcouru beaucoup de chemin et qui espère que le meilleur reste à venir. Il rêve avant tout de regoûter un jour à l'épreuve suprême, avec cette fois plus de réussite. Les Lions Indomptables savent qu'ils disposent pour cela d'une perle rare.