Juan a tout pour devenir le nouveau Lucio. Ça tombe bien, puisqu'il s'apprête à évoluer aux côtés de l'original. L'occasion aussi pour lui de devenir un nouveau… Juan, en formant la charnière centrale idéale avec… Lucio.

Présentée ainsi, l'histoire paraît un peu compliquée, pour ne pas dire schizophrénique. Précisons. Juan Jesus est un jeune arrière central de 20 ans révélé par l'Internacional Porto Alegre et recruté il y a quelques jours par un autre Inter, celui de Milan. En Italie, le jeune Brésilien est amené à évoluer au centre de la défense aux côtés d'un compatriote un peu moins jeune, mais également formé à l'Internacional Porto Alegre : Lucio. À la clé, la possibilité de faire renaître, au niveau des patronymes tout du moins, la fameuse charnière centrale de la Seleção composée de Lucio et de Juan… Silveira dos Santos, actuellement défenseur central à l'AS Rome.

"Les possibilités de blagues sont infinies", admet le nouvel arrière axial nerazzurro au micro de FIFA.com. "Tout le monde connaît la paire Lucio-Juan. Elle vient de se reconstituer, mais avec un autre Juan. Dans les sélections brésiliennes de jeunes, je disais toujours à l'intendant qu'il n'y avait pas besoin de floquer un maillot pour moi, mais qu'il suffisait de me prêter celui que Juan avait porté en Coupe du Monde."

Lucio le modèle
Si pendant longtemps, la comparaison avec son aîné et homonyme a été sujet de plaisanterie, il n'en va plus de même à l'heure actuelle pour Juan. Le rêve de jouer en défense centrale avec Lucio à l'Inter n'est plus loin de devenir réalité, et la perspective de le faire en Seleção ne relève plus non plus de l'utopie. En effet, Juan Jesus possède déjà un certain pedigree en équipe nationale. Il était par exemple titulaire dans la sélection brésilienne qui a remporté la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Colombie 2011.

L'idée de jouer aux côtés de son idole n'appartient plus au domaine de l'irréalisable, mais Juan n'en a pas moins été très impressionné par ses premiers contacts avec Lucio dans la capitale lombarde. "Ça a été une expérience incroyable. Je suis allé en Italie pour signer le contrat. Comme je suis ami avec Coutinho, avec qui j'ai joué en Seleção, nous sommes allés au cinéma avec lui et son épouse. Lucio et son épouse sont également venus. Coutinho et Lucio sont des personnes formidables, très humbles", raconte Juan à propos de ses premières heures passées à Milan. "Ça va être un honneur de jouer avec lui. Ça va me permettre de grandir non seulement en tant que footballeur, mais aussi comme personne, car Lucio est un véritable modèle. Ce n'est pas pour rien qu'il est capitaine de la Seleção."

Les points communs entre Juan et Lucio sont nombreux : même poste, mêmes débuts professionnels à l'Internacional et avec ses 1m85, Juan est pratiquement aussi grand que l'arrière de 33 ans, qui mesure quant à lui 1m88. Comme son aîné, Juan Jesus est un joueur de caractère, qui possède un goût non dissimulé pour les remontées de balle propres et rapides, façon la plus efficace également de venir épauler ses coéquipiers de l'attaque.

Cette caractéristique du néo-Intériste a l'avantage de lui procurer des occasions de but quasiment à chaque match. Mais en même temps, elle a le don d'énerver ses entraîneurs. "J'adore monter, c'est vrai. Quand il y a un espace, j'y vais. Cela dit, je ne suis pas une tête brûlée. Si je sens que je prends un risque en montant, je ne le fais pas", explique le garçon, qui connaît la règle ainsi que ses failles. "Nous allons devoir nous mettre d'accord pour ne pas monter tous les deux, sinon ça pourrait mal se passer (rires). Tout est question de lecture du jeu. Je sais qu'ici, c'est différent du Brésil, où les défenseurs montent plus. Ça va être intéressant. Lui, il a l'expérience et moi, je suis là pour apprendre."

L'ambition pour moteur
Juan sait que le chemin sera difficile pour s'imposer comme titulaire à l'Inter. Il est prêt à relever le défi, que ce soit en prenant patience sur le banc ou, comme il en a été question, en allant acquérir du temps de jeu sous forme de prêt dans une équipe plus modeste. "Je sais que j'ai bien réussi tous les tests. Sur le plan médical, il n'y a eu aucun problème. Maintenant, c'est à moi d'être prêt. Je ne sais pas quand j'entrerai pour la première fois. Peut-être le 22 février contre Marseille en Ligue des champions", se risque-t-il à pronostiquer.

Si cela devait arriver, l'arrière-garde nerazzurra aurait un fort parfum brésilien, avec Lucio bien sûr, mais également Júlio César dans les buts et Maicon en latéral droit. "Je suis comme n'importe quel joueur qui arrive dans un nouveau club. Je veux jouer. Walter Samuel est suspendu. Quelqu'un pourrait être blessé d'ici là… On a une défense en ligne à quatre. Je pourrais donc aussi jouer sur le côté car ici, les latéraux ne montent pas autant qu'au Brésil."

"Je suis venu pour un projet qui s'inscrit dans la durée. Je voudrais rester ici aussi longtemps que Javier Zanetti, pendant 20 ans", dit Juan Jesus avec sourire et ambition. Avant de conclure : "Pour l'instant, je n'ai gagné le championnat d'Italie ou la Ligue des champions que sur console vidéo. Aujourd'hui, je suis dans la réalité. C'est merveilleux."