Le FC Barcelone prolonge d’une année son règne espagnol avec la conquête de son 20ème titre en Liga. Celui qui lui aura coûté le plus d’efforts. Pourquoi une telle affirmation ? Tout simplement parce qu’il aura fallu au Barça de Josep Guardiola, vainqueur des six titres possibles la saison dernière, la bagatelle de 99 points pour assurer son triomphe final. FIFA.com revient sur la 79ème édition de la Liga.

Le champion et son dauphin
Les Catalans n’ont perdu qu’un seul match, face à l’Atlético de Madrid, pour six matches nuls. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que leur éternel rival a été à la hauteur du défi. En effet, les hommes du Real Madrid ont talonné le Barça jusqu’à la dernière journée, en suivant à une petite longueur. Le nouveau Real Madrid de Manuel Pellegrini a concédé trois matches nuls et quatre défaites : 3 points seulement le séparent de la gloire. Le Real a été la meilleure attaque (102 buts) juste devant les Blaugranas (98), qui comptent en revanche le Pichichi de la saison, en la personne de Lionel Messi, buteur à 34 reprises, dont 3 triplés. Les positions s’inversent sur le plan défensif, puisque pour la deuxième saison consécutive, Víctor Valdés termine comme le gardien le plus fiable, avec 24 buts encaissés, contre 35 pour son homologue Iker Casillas.

"Tout mon respect va aux joueurs et à l’entraîneur du Real Madrid. Je tiens à les féliciter car ils ont donné encore plus de prestige à ce métier et à ce championnat", a reconnu Guardiola après avoir reçu le trophée. Le technicien catalan a été le premier à reconnaître le mérite de la Casa Blanca, qui a été rénovée en profondeur cette saison.

Le club a vu arriver huit nouveaux joueurs ainsi qu’un nouveau staff technique. L’adaptation a été difficile. Après un début de saison satisfaisant en termes de résultats mais peu enthousiasmant au niveau de la qualité de jeu, la formation merengue a subi une élimination retentissante en Coupe du Roi face à un club de troisième division, puis une chute douloureuse à domicile en Ligue des champions. Tout cela alors que des sommes folles avaient été investies pour disputer la finale de l’épreuve phare des clubs européens, prévue à Santiago Bernabéu. Et malgré les deux déconvenues face au Barça en confrontations directes, le Real n’a jamais jeté l’éponge en championnat, pointant à la dernière levée avec un seul point de retard sur le leader.

Le tableau d’honneur
Le championnat a été serré à tous points de vue. Avant la dernière journée, tout ce que l’on savait, c’est que le Valence CF de David Villa était assuré de terminer en troisième position, synonyme d’accès direct à la Ligue des champions de l’UEFA. Le FC Séville a lui dû s’échiner jusqu’à la dernière minute pour décrocher son billet pour le tour préliminaire de cette compétition. Les fans sévillans ont poussé un énorme soupir de soulagement lorsque Rodri a arraché la victoire à la 94ème minute sur la pelouse d’Almería. Le Real Majorque, révélation de la saison, doit donc se contenter de l’UEFA Europa League, qui accueillera également la saison prochaine Getafe, conduit par l’ancien joueur du Real Madrid, Michel.

Toujours aussi imprévisible, l’Atlético de Madrid a vécu une véritable saison de folie, qui a cette fois connu une fin heureuse. Tout semblait pourtant mal engagé pour les Colchoneros, en Liga comme en Ligue des champions, dont ils ont été évincés en phase de groupes. Mais c’était pour mieux briller en Europa League, sous la houlette du nouvel entraîneur Quique Sánchez Flores. Vainqueurs de la finale face à Fulham, Forlan et compagnie ont mis fin à une période de 48 années sans titre sur le plan continental. Toujours en course en Coupe du Roi, dont ils joueront la finale face au FC Séville, les Rojiblancos ont finalement connu une saison formidable.

Les acteurs principaux
Fidèle à lui-même, Guardiola a admis que le mérite revenait avant tout à son effectif : "Je veux remercier mes joueurs car ils ont uniques". Le club a une fois de plus bâti son succès sur la qualité de son centre de formation, dont les anciens pensionnaires ont reçu toute la confiance du technicien. La brochette d’anciens composée de Xavi, Andrés Iniesta, Carles Puyol, Messi et Valdés s’était déjà étoffée la saison dernière avec l’arrivée de Sergio Busquets et Gerard Pique. Cette saison, l’éventail des talents blaugranas s’est encore élargi avec le formidable attaquant Pedro, d’abord surnommé Pedrito puis Don Pedro. Dans la dernière ligne droite du championnat, Bojan, l’enfant prodige, a retrouvé un rôle de premier plan.

Le bras de fer entre le Barça et le Real a débouché sur un duel à distance entre Leo Messi et Cristiano Ronaldo, tous deux décisifs pour leur équipe. Devant l’absence prolongée de Kaka, blessé, Cristiano Ronaldo a été le fer de lance du Real, faisant basculer de nombreux matches grâce à son charisme, son talent et ses gestes ambitieux. De nombreux points ont été récoltés grâce à ses buts déterminants.

Pour le plus grand bonheur de l’équipe d’Espagne, l’ailier de Séville Jesús Navas a su se débarrasser de ses crises d’angoisse. Le sélectionneur Vicente del Bosque n’a pas hésité à le convier pour quelques rencontres au sein de la Furia Roja et les fans espagnols salivent déjà à l’idée de le voir semer la panique sur le flanc droit lors d’Afrique du Sud 2010.

Les Rojiblancos ont triomphé grâce à la bonne entente régnant entre leurs deux renards des surfaces : Sergio "Kun" Agüero et Diego Forlán. Sans oublier l’explosion de David de Gea, le portier titulaire de l’Atlético, qui tient peut-être en lui son nouveau joueur fétiche après le départ de Fernando Torres.

Ils descendent
Tenerife
et Xerez ne seront restés qu’une seule saison dans l’élite. Ces deux clubs rejoignent donc avec Valladolid la deuxième division espagnole. On ne connaîtra pas les promus avant le mois prochain, puisque le championnat de deuxième division espagnole s’achève le 20 juin.

A retenir

Le podium
1 - FC Barcelone, 99 points
2 - Real Madrid, 96
3 - Valence, 71

Buteurs
1 - Lionel Messi (FC Barcelone) - 34 buts.
2- Gonzalo Higuaín (Real Madrid) - 27
3- Cristiano Ronaldo (Real Madrid)- 26

Le chiffre
99 - comme le nombre de points qu’a dû accumuler le FC Barcelone pour revendiquer le succès final. C’est le total le plus élevé jamais atteint par un club en Liga. Les Catalans ont dépassé les 93 points obtenus en 1996/97 par le Real Madrid de Fabio Capello, alors que le championnat comptait 22 équipes. Jamais il n’avait fallu engranger autant de points pour être champion.