C'est grâce à l'un de ses buts que le Real Madrid a battu le FC Barcelone lors du dernier clásico, juste avant Noël, s'assurant ainsi le titre honorifique de champion d'hiver. "C'était un grand match, un truc inoubliable", déclarait Julio Baptista après ce succès au Camp Nou. Même si cette performance a fait de lui l'un des chouchous des supporters merengues, le milieu de terrain évite soigneusement de s'en servir pour revendiquer quoi que ce soit. Il préfère insister sur la réussite de l'équipe.

"C'est vrai que mon but est important, mais ce n'est pas une victoire individuelle, c'est toute l'équipe qui a gagné ce soir. Grâce à la solidarité de tous les joueurs et aux efforts qu'ils déploient, nous avons réussi à remporter un match très important", soulignait-il. Julio Baptista est obsédé par le collectif, c'est un fait. Avec son gabarit de déménageur, le footballeur impressionne toutes les défenses, mais l'homme préfère passer inaperçu face aux micros. Son terrain d'expression à lui, c'est justement... le terrain de jeu.

Après la trêve des confiseurs, le Brésilien a accepté sans broncher de se rasseoir sur le banc des remplaçants. Il a continué de tout donner à l'entraînement, conscient que sa détermination ne laisse pas insensible Bernd Schuster, l'entraîneur madrilène. Si l'ancien Sévillan figurait à l'intersaison sur la liste des joueurs transférables, aujourd'hui son départ n'est plus d'actualité. "Baptista a une attitude impeccable, il va sûrement réapparaître dans le onze", a même déclaré l'Allemand.

"J'ai toujours eu un comportement positif ; ce n'est pas aujourd'hui que je vais en changer parce que je joue moins souvent. Ce qui compte c'est de gagner la confiance de l'entraîneur et, pour ce faire, il faut savoir faire des efforts. Ce n'est pas facile de suivre les matches depuis le banc de touche, mais je sais que si je donne tout à l'entraînement et que je saisis les opportunités qui se présentent, il y a une chance que l'on m'offre une place de titulaire", explique le joueur.

Même si une place dans le onze madrilène coûte très cher, en particulier dans un milieu de terrain truffé de talents comme Guti, Fernando Gago, Wesley Sneijder, Arjen Robben, etc., Baptista a su mettre à profit son temps de jeu (564 minutes en Liga) pour signer deux buts.

La Bestia, tel qu'il a été surnommé au FC Séville, trahit l'idée que l'on se fait des footballeurs brésiliens. A la zigzagante grâce d'un Robinho, Baptista préfère la verticalité brute, celle qui permet de relier deux points par la plus courte des distances. Aux fioritures de son compatriote, il préfère la sobriété et l'efficacité. Aujourd'hui, ces deux profils complémentaires font le bonheur des supporters merengues.

Monter d'un cran
C'est à São Paulo que Baptista a commencé à faire parler son talent. Surnommé el Tanque (le tank), il excellait dans les tâches de récupération du ballon. En 2003, à son arrivée au FC Séville, Joaquín Caparrós a décidé de le placer en soutien des attaquants de pointe, pour profiter de sa puissance de frappe. L'expérience a été pour le moins concluante, puisque le Brésilien a signé 20 buts lors de sa première saison espagnole et 18 l'année suivante.

"Ç'a a été une excellente idée de le rapprocher des cages adverses. Ça permet d'exploiter au mieux son impact physique, ses incursions et sa capacité à surprendre l'adversaire. Son sens du collectif aide beaucoup l'équipe. C'est vraiment un footballeur impressionnant", disait de lui son premier entraîneur en Liga.

Il y a deux ans, le Real Madrid avait dû signer un chèque de 25 millions d'euros (plus de huit fois le montant déboursé par le FC Séville) pour s'attacher ses services. La Bestia avait relevé le défi merengue, mais son rendement dans les derniers mètres s'était étiolé, la faute à son repositionnement sur l'aile gauche.

L'année suivante, dans le cadre d'un accord avec Arsenal, la Casa Blanca a pris la décision de l'échanger contre Juan Antonio Reyes. "En Angleterre, le football est complètement différent, je n'avais jamais vu ça. J'ai dû faire des efforts pour m'adapter, ce qui m'a aidé à mûrir. A Londres, j'ai énormément appris", expliquait le Brésilien après avoir disputé 24 matches en Premier League et marqué quatre buts.

Un avenir blanc et auriverde ?
Au terme de cette saison anglaise, Dunga l'a appelé pour la Copa América en remplacement de Zé Roberto. Baptista n'est pas entré en jeu lors de la première rencontre, face au Mexique (qui s'était imposé 2:0), mais il a disputé tous les autres matches et signé trois buts, dont l'un de ceux qui ont offert le titre au Brésil en finale contre l'Argentine. Mais ce qui a le plus enthousiasmé son sélectionneur, c'est sans doute sa polyvalence et sa capacité de contention dans l'entrejeu.

Ce n'était pas le premier trophée que laBestia soulevait avec le maillot verdeamarelho. Déjà en 2005, il avait conquis la Coupe des Confédérations de la FIFA, même s'il n'avait disposé que de quelques minutes de jeu, contre le Japon et l'Allemagne.

Comme au Real Madrid, Baptista a dû travailler très dur pour convaincre le sélectionneur de le convoquer à l'occasion des rencontres de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du sud 2010.

Même si pendant la pré-saison 2007/2008, sa présence à Madrid ne semblait pas devoir se prolonger, Baptista a su forcer sa chance et prouver que le club avait besoin de lui. Aujourd'hui, le Brésilien a un seul objectif : "Je dois d'abord bien faire mon travail et, ensuite, c'est à l'entraîneur de prendre les décisions. Moi, évidemment, j'ai toujours envie de jouer et d'aider l'équipe. Je le ferai chaque fois que j'en aurai l'occasion".