La plupart des observateurs n'hésitent pas à réserver les deux premières places du classement de la Premier League à Chelsea et Manchester United, mais Liverpool voit les choses autrement.

Alors que le club vient de dévoiler les plans pour le nouveau Anfield, qui sera situé à quelques encablures de l'actuel site, l'entraîneur des Reds, Rafael Benítez, compte bien profiter des quelques € 75 millions dépensés cet été pour tenir la cadence imposée par les équipes de Sir Alex Ferguson et Jose Mourinho.

Le vestiaire des Reds a en effet enregistré quatre arrivées importantes : Fernando Torres (Atlético Madrid, € 31 millions), Ryan Babel (Ajax, € 17 millions), Yossi Benayoun (West Ham United, € 7,5 millions) et Lucas (Gremio, € 11,5 millions).

"Les transactions que nous avons effectuées cet été vont nous permettre de ne pas acheter trop de joueurs les années à venir, explique Benítez. Nous avons pris des joueurs jeunes et pétris de qualité qui vont s'améliorer au sein de notre club. Chaque été, nous allons faire des retouches, mais nous sommes contents de notre marché et nous pensons pouvoir tout gagner. Nous ne sommes pas les seuls à afficher de telles ambitions, bien sûr. Nous avons une bonne équipe, mais il faudra être très bons pour remporter la Premier League".

"Ce n'est pas parce que nous avons dépensé plus d'argent que les dernières années que nous sommes plus favoris qu'avant. Il faut analyser la situation en toute objectivité. Ce que nous savons, c'est que nous disposons d'un groupe capable de marquer plus de buts qu'avant, de jouer du bon football et de remporter plus de matches. Du côté de Manchester, de ce que j'ai vu, ça n'est pas mal non plus. Et à Chelsea, ils ont réussi à mettre en place un groupe solide sur cinq ou six ans en dépensant des centaines de millions d'euros. Aujourd'hui, ils n'ont plus besoin de faire d'aussi gros chèques que les étés précédents."

Chelsea est resté sage
Il est vrai que malgré le généreux portefeuille de Roman Abramovich, Chelsea n'a déboursé "que" € 20 millions pour se renforcer, avec la venue du Lyonnais Florent Malouda. Les autres recrues de l'été, Claudio Pizarro, Tal Ben Haïm et Steve Sidwell, sont toutes arrivées sans bourse délier, libres qu'elles étaient de tout engagement contractuel. Malgré cette relative passivité sur le marché des transferts, Mourinho s'est engagé à faire changer les choses à Stamford Bridge.

Ainsi, le stratège portugais a annoncé que son équipe proposerait un jeu beaucoup plus fluide en cette nouvelle saison. En lieu et place du dispositif en losange qui lui a permis de conquérir le championnat d'Angleterre en 2005 et 2006, il devrait parfois donner la priorité à un 4-4-2 plus offensif. Mourinho estime par ailleurs que le football anglais devient de plus en plus élaboré, ce qui devrait aider les grosses écuries du pays à briller sur la scène européenne.

"On voit de plus en plus d'équipes parier sur la possession du ballon et placer des joueurs entre les lignes. Les entraîneurs évoluent d'un match à l'autre, ils ne se contentent plus du bon vieux 4-4-2 pendant toute la saison," a-t-il analysé.

"Il y a beaucoup d'équipes qui alignent trois milieux de terrain ou qui défendent à cinq. Le jeu devient de plus en plus tactique, plus réfléchi. A mon sens, cela prépare mieux les formations anglaises à jouer sur la scène européenne."

Mais Liverpool et Chelsea ont intérêt à se méfier du champion en titre. Selon Ole Gunnar Solskjaer, l'attaquant vétéran de Manchester United, son club bien a l'intention de continuer de garnir l'armoire à trophées du "Theater of dreams". Après avoir remporté le titre en 2007 de fort belle manière, le Norvégien ne voit pas de raison que les Red Devils ne retrouvent pas le chemin du succès en 2007/08. "Nous avons une tradition de jeu offensif, explique-t-il. A tous les entraînements, le coach nous demande de prendre plaisir à jouer au football."

"Sir Alex a l'air en pleine forme. Il est content, souriant. Il respire au rythme du club. Il arrive tous les matins avant tout le monde. Il a faim de victoire et ça déteint sur tout le monde."

"C'est ça l'histoire de Manchester United. Quand on se souvient des Busby Babes et de toutes les légendes qui ont traversé son histoire - Bobby Charlton, Denis Law, George Best -, on voit que ce club a toujours eu les meilleurs joueurs du monde. Aujourd'hui, nous avons (Cristiano) Ronaldo, (Ryan) Giggs, (Wayne) Rooney et Paul Scholes. Cet esprit, il ne vient pas de nulle part. C'est toute une culture que l'entraîneur se charge d'instiller dans la tête de tous les joueurs."