Patrick Bruel chantait, en 1989, "on s'était dit rendez-vous dans dix ans". L'équipe de France, elle, avait donné rendez-vous à ses supporteurs, ce samedi 12 juillet 2008, pour fêter les dix ans de son premier et unique succès en Coupe du Monde de la FIFA. Quelques jours avant la fête annoncée, les interrogations étaient pourtant nombreuses, les Tricolores ayant peur que ce match de gala n'atteigne pas son paroxysme.

Au terme de 90 minutes de bon football, agrémenté d'un final digne d'Alfred Hitchcock, c'est un Aimé Jacquet radieux qui s'exprime : "ce match a été à la hauteur de ce que nous attendions", notamment trois dernières minutes haletantes où pas moins de trois buts ont été inscrits. "Malgré les blessures et des remplacements un peu trop nombreux, à l'image de Lilian Thuram qui ne voulait pas sortir, on a fait une fin de rencontre extraordinaire. Ce groupe est toujours dans la même configuration, avec beaucoup de qualité, d'enthousiasme, de détermination. On n'a pas envie de perdre, c'est tout". Un bonheur partagé par le banc des remplaçants, lorsqu'ils exultent dans les bras les uns des autres, quand Bernard Diomède remet les deux équipes à égalité.

Le héros de la Coupe du Monde et un des grands acteurs du jour, Zinédine Zidane, dont la seule évocation du nom suffit à faire lever toute une nation est aux anges. "Quand on est rentré sur le terrain, se refaire ce match-là dix ans après, et avoir encore 80 000 personnes, c'est ce que je retiendrai de cette soirée : se dire que les gens sont venus encore une fois nous soutenir. ". Un sentiment partagé par Lionel Charbonnier qui a, ce soir, "retrouvé le grain de folie, la combativité, et le dénouement" des rencontres qu'il a pu connaître avec les Bleus.

On n'est plus footballeurs, donc on a envie de revivre à fond le moment. Quand on fait le tour du terrain, on n'a pas trop envie d'en sortir

Zinédine Zidane, 10 ans jour pour jour après son doublé en finale de France 98

De son côté, si Robert Pires scande en passant "Trézéguet en équipe de France", le néo-retraité n'oublie pas tout ce que lui a apporté la sélection : "j'ai vécu des moments très forts en équipe de France, des grandes victoires, j'en suis très fier. Merci au public qui m'a adopté, merci à la France, un pays qui m'a beaucoup donné, même si je ne voulais pas finir comme ça".