La Jamaïque s'est de nouveau hissée au sommet du football caribéen en s'offrant sa cinquième Coupe des Caraïbes ce week-end. Très en verve lors du tournoi disputé sous le soleil martiniquais, les Reggae Boyz ont confirmé leur hégémonie et raflé leur deuxième titre d'affilée.

"Il n'y a pas de mots pour décrire notre joie", s'enthousiasme l'entraîneur et ancien capitaine Theodore Whitmore, qui a également remporté la Coupe des Caraïbes comme joueur. "Nous avons atteint notre objectif. Nous avons vécu neuf journées difficiles, mais nous nous y étions préparés". Partis au pas de charge, les Jamaïcains ont réussi la passe de trois en phase de groupes contre Antigua-et-Barbuda, Guyana et la Guadeloupe, avant de s'imposer de justesse 2:1 sur la Grenade en demi-finale du tournoi de huit équipes.

La Guadeloupe sur une pente ascendante
Whitmore est le premier à reconnaître que le dénouement s'est fait dans la douleur, face à une équipe guadeloupéenne devenue le chouchou du public martiniquais depuis l'élimination de la formation locale. "Les finales ne sont pas toujours flamboyantes", a-t-il déclaré à propos de la rencontre qui s'est déroulée au stade municipal Pierre Aliker. Tenus en échec 1:1 à la fin du temps réglementaire, les Reggae Boyz l'ont finalement emporté aux tirs au but. De leur côté, les Guadeloupéens ne cessent de progresser et se joindront à la Jamaïque lors de la prochaine Gold Cup de la CONCACAF. Ce sera leur troisième participation de rang au plus prestigieux tournoi de la région, dont ils sont sortis demi-finalistes en 2007 et quart-de-finalistes en 2009.

"Nous devons nous préparer de nouveau pour la Gold Cup", commente Stéphane Auvray. Capitaine et milieu des Kansas City Wizards, il a orchestré la performance livrée par la Guadeloupe en finale contre ses bourreaux du premier tour (0:2). "Nous n'avons pas le même statut que les autres pays des Caraïbes. Il nous est difficile de réunir nos joueurs, mais nous y sommes habitués et nous ferons évoluer le football guadeloupéen du mieux possible."

La Jamaïque doit son cinquième titre caribéen au dynamisme d'un jeune effectif rêvant de renouer avec l'heure de gloire de ses aînés : la qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998. Auteur de trois réalisations, le bolide des New York Red Bulls, Dane Richards, a terminé meilleur buteur du tournoi, ex æquo avec Kithson Bain (Grenade). La Jamaïque affiche la meilleure attaque (douze buts), suivie de loin par la Guadeloupe (cinq buts).

La sinistrose gagne Trinité-et-Tobago
Outre la Jamaïque et la Guadeloupe, la Coupe des Nations de la CONCACAF accueillera Cuba et la Grenade, toutes deux tombées en demi-finale. Cette qualification représente un succès majeur pour les Spice Boyz grenadins, dont la seule apparition dans le championnat continental a tourné court dès le premier tour en 2009. Les Cubains sont, quant à eux, de vieux routiers de la Gold Cup, qu'ils ont disputée à cinq reprises. Leur meilleur résultat est une place de quart-de-finaliste en 2003.

A l'inverse de l'optimisme confiant qui règne dans le camp des élus, la sinistrose et le doute planent sur Trinité-et-Tobago. Depuis sa qualification historique pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006, l'archipel marque le pas et se voit écarté de la Gold Cup pour la deuxième fois de suite. "J'essaie d'intégrer de jeunes éléments et cela prend du temps", explique Russell Latapy, entraîneur et ancienne gloire du football trinitéen. Son escouade a été éliminée en poules, dans le sillage de ses surprenantes défaites face à la Grenade et Cuba. "J'aurais pu sélectionner des joueurs plus expérimentés, mais ils auraient été trop âgés ou trop lents. Il faut donner à la jeune génération la possibilité de faire ses preuves."

Tandis que Cuba, la Grenade, la Guadeloupe et la Jamaïque se préparent à croiser le fer avec les Etats-Unis, le Mexique et les autres poids lourds de la région en juin 2011, les Soca Warriors devront panser leurs blessures et saisir la prochaine occasion de retrouver enfin leurs lettres de noblesse : les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014.