Le mois d'octobre présente plusieurs échéances importantes pour le football soudanais. Al Hilal rêve encore de devenir la première formation soudanaise à remporter un titre continental malgré sa défaite en demi-finale aller de Ligue des champions de la CAF. La sélection, elle, n'a plus besoin que d'une victoire pour valider son ticket pour la phase finale de la CAN 2012.

On n'avait plus entrevu un tel potentiel dans le football soudanais depuis l'âge d'or des Faucons de Jediane, dans les années 1960 et 1970. Le Soudan recevra samedi le Ghana, quart de finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA 2010™, dans un match à fort enjeu : le vainqueur prendra automatiquement la première place du groupe, synonyme de qualification pour le Gabon et la Guinée équatoriale.

Les deux sélections se retrouvent dans le même groupe pour la deuxième fois d'affilée. Si le Ghana avait gagné à deux reprises lors des qualifications pour l'épreuve reine en Afrique du Sud, le Soudan a obtenu le nul l'an dernier à Kumasi, lançant ainsi une superbe campagne préliminaire, qui l'a vu décrocher quatre succès et un nul en cinq rencontres.

Viser la qualification directe
Si, de l'aveu même du sélectionneur Mohamed Abdallah, être dans le groupe du Ghana n'a rien d'un cadeau, le technicien estime que ses joueurs ont abandonné tout complexe à l'heure d'affronter les Black Stars. "Le Ghana est toujours considéré comme l'un des favoris naturels, alors que le Soudan faisait partie des équipes du troisième chapeau au moment du tirage. Mais tout ce que nous voulons, c'est gagner", explique-t-il à FIFA.com. Les deux équipes semblent décidément liées par le destin, puisqu'elles se retrouveront lors des qualifications pour Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

Même si les deux pays peuvent éventuellement se qualifier en tant que meilleur deuxième, Abdallah veut décrocher une victoire à domicile face au poids lourd ghanéen. "C'est un match essentiel pour nous car il représente une opportunité de qualification directe. Le Ghana possède des joueurs très expérimentés qui évoluent dans les plus grands championnats au monde, mais nous avons travaillé dur pour relever le défi", annonce l'ancien capitaine de la sélection. "Nous avons convaincu les gens que nous avons de bonnes chances de gagner et que nous méritons d'aller en phase finale. Nous n'avons pas peur de nous fixer des objectifs ambitieux. Nous sommes très confiants", poursuit Mazda.

L'expérience des clubs
D'après Abdallah, les performances de la sélection soudanaise s'expliquent en partie par la santé du championnat national, de bon niveau et bien organisé, et par le fait que la totalité de ses joueurs y évoluent. "Naturellement, l'un des prochains objectifs sera de voir nos meilleurs joueurs signer pour de grands clubs européens, mais le fait d'avoir tout l'effectif sur place représente pour moi un atout considérable", se félicite le sélectionneur. "Je peux suivre en permanence les performances des joueurs en club et nous avons tout le temps de faire travailler correctement la sélection. On peut rassembler toute l'équipe même en dehors des périodes définies par le calendrier international." .

Ces dernières années, les succès en Ligue des champions de la CAF de clubs comme Al Hilal ou Al Merreikh, qui ont accédé à la phase de groupes de la compétition, se sont également traduits par un regain de confiance des internationaux soudanais. "Désormais, les joueurs ont suffisamment d'expérience pour pouvoir appréhender les grands matches et ils ont appris à gagner hors de nos frontières."

Vainqueur de la CAN 1970 et plusieurs fois demi-finaliste, le Soudan veut retrouver sa place parmi les grandes puissances du football africain : "Nous voulons poursuivre cette dynamique. Si nous continuons à progresser, nous pourrons nous qualifier régulièrement pour la Coupe d'Afrique des Nations ces prochaines années", conclut Abdallah.