Terre du Sud-Est asiatique encore en friche pour les explorateurs footballistiques français, la Malaisie a depuis trois mois une star venue de l'Hexagone : Mickaël Dawood Niçoise, sorti il y a dix ans du centre de formation du Paris Saint-Germain. 

Révélé au Amiens SC entre 2002 et 2004, l’ex-international guadeloupéen (5 sélections) a ensuite connu cinq clubs étrangers en six saisons, dont trois campagnes en première division belge. "Mais avec tout ce que j’apprends au quotidien ici, les conditions de vie et de travail, c’est pour l’instant la meilleure expérience de ma carrière", affirme le natif de Bondy à FIFA.com.

"Ici les clubs nous donnent toutes les clefs pour être en confiance et ne penser qu’au terrain. Les joueurs sont dans les meilleures conditions et après mon expérience douloureuse en Egypte, c’est une renaissance", explique-t-il, en référence à un court passage à Al Masry, où des problèmes de gestion l'ont poussé à quitter le club avant même de disputer le moindre match. "Je découvre un monde à part et c’est extraordinaire à tous les points de vue", poursuit le meilleur buteur du RFC Tournai la saison passée en D2 belge, avec 10 réalisations en 24 matches.

Un peuple de football
Converti à l’Islam et père de deux filles, "Mika", ballotté d’un club à l’autre depuis sa belle saison au FC Bruxelles en 2005/06, savoure à 27 ans sa nouvelle vie. "La mentalité asiatique est très professionnelle, ça n’a rien à voir avec l’Europe. On a un vrai complexe d’entraînement, avec cinq terrains dont un synthétique. On a une salle de musculation et une piscine, bref tout ce dont un footballeur a besoin. C’est supérieur à tout ce que j’ai connu en Belgique et c’est du niveau de la D2 française. L’empreinte anglaise est encore là, c’est un peuple de football. Sur les 14 équipes du championnat, 12 ont des stades de 35 000 places, donc quasiment tous les week-end, on joue dans des enceintes magnifiques et bien remplies", s'enthousiasme-t-il.

Pour signer son neuvième contrat professionnel, l’ancien milieu offensif de Neuchâtel Xamax a dû passer par une semaine d’essai, fin octobre. En deux matches, il a séduit le promu du PKNS, club multisports installé à 20 minutes de la capitale, Kuala Lumpur. "J’ai eu la chance que le marché malaisien s’ouvrait quand je me suis retrouvé sans contrat, après avoir quitté Al Masry. Je n’ai pas hésité car je voulais jouer dans un pays musulman", raconte celui dont la vie s'apparente désormais à un long fleuve tranquille.

"J’étais un peu inquiet au début car je connaissais rien mais franchement, je suis très agréablement surpris. Le pays est très développé et son football n’est pas si mauvais. Je dirais même que c’est un peu meilleur que la D2 belge. Les clubs font énormément d’efforts pour les étrangers. Ici les petits tracas de la vie quotidienne il n’y en a pas", poursuit l’un des 28 étrangers du championnat.

Une nouvelle terre d’exil ?
Avec quatre buts inscrits en trois matches, dont deux le week-end passé pour son retour de blessure, Niçoise a vite pris ses marques dans un championnat qui connait un engouement médiatique croissant. Nommé très rapidement vice-capitaine, le Français doit endosser le costume de mentor et de leader dans une équipe dont l'ambition repose essentiellement sur son efficacité offensive.

"Avec seulement deux joueurs étrangers autorisés par équipe, la sélection est logiquement resserrée. Il faut sortir de D1 ou D2 pour être qualifié par la Fédération et ça rehausse le niveau, surtout celui des jeunes joueurs locaux", raconte Dawood. "Ils s’appuient énormément sur les étrangers pour apprendre et évoluer. Forcément, ça nous donne un autre statut. Mais c’est facile de s’y habituer car les jeunes ont énormément de respect pour nous. Ils font ce qu’on leur conseille dans la minute qui suit."

Depuis son arrivée, deux autres Français ont suivi ses pas. La terre inconnue est défrichée et Niçoise espère la promouvoir auprès d’autres compatriotes en quête d’une sérénité et d’un bonheur perdus. "Le marché est de plus en plus difficile en Europe, où les guet-apens sont nombreux. Quand on sort d’une expérience difficile, ici c’est le top. Quand on aime quelque chose, on a envie d’en faire profiter ses amis", conclut généreusement Mika le pionnier.