Le triomphe historique du Portugal à l'UEFA EURO 2016 en France est attribuable non seulement au talent de Cristiano Ronaldo et au but d'Éder, mais également à une génération qui a permis au pays de se qualifier pour le Tournoi Olympique de Football Masculin, Rio 2016 de façon impressionnante. La sélection U-21 lusitanienne n'a en effet plus perdu en match officiel depuis le 11 octobre 2011.

Les protagonistes de cette belle série qui dure depuis 26 matches ont pour la plupart rejoint la sélection senior et parfois même de grands clubs du football mondial. C'est ce qui amène l'entraîneur Rui Jorge à essayer de trouver de nouvelles pépites. "Plusieurs de ces joueurs jouent également avec les A, et c'est notre plus grand motif de fierté, au-delà de cette invincibilité. Notre grand objectif est d'aider les garçons à atteindre le plus haut niveau, symbolisé par notre sélection nationale. Quand nous voyons que plusieurs joueurs sont dans cette trajectoire, nous sommes très satisfaits", explique l'entraîneur à FIFA.com. Sept joueurs de cette génération ont intégré les rangs de l'effectif portugais champion d'Europe le 10 juillet dernier : Raphaël Guerreiro, Cédric Soares, Danilo Pereira, William Carvalho, Rafa Silva, André Gomes et João Mário.

Avec un noyau de talents précoces, le Portugal s'est forgé une réputation dans les compétitions de jeunes en Europe, avec 21 victoires et 5 nuls en matches officiels, après une défaite 1:2 devant la Russie. Ce travail a été récompensé par l'excellent parcours jusqu'en finale de l'UEFA EURO U-21, République tchèque 2015. On peut se demander comment le Portugal peut être invaincu sans avoir pourtant remporté la finale. La réponse est simple : dans l'ultime revue, les Lusitaniens se sont inclinés contre la Suède aux tirs au but. Avant cela, ils ont gagné six matches sur six dans le tournoi, inscrivant 23 buts pour un seul concédé. "Nous avons réussi quelque chose de très rare. Les joueurs ont été incroyables et ils ont compris que pour atteindre le plus haut niveau, il fallait faire preuve d'un grand dévouement et de beaucoup d'abnégation. C'est exactement ce qu'ils ont fait. Ils ont fait honneur au maillot portugais, de façon très collective", analyse Rui Jorge.

Un test rare
Aujourd'hui, le Portugal va avoir l'occasion de disputer le Tournoi Olympique de Football Masculin pour la quatrième fois, la première depuis Athènes 2004, auquel avait participé un certain Cristiano Ronaldo. La génération actuelle peut elle-même s'appuyer sur le fait que son entraîneur est lui aussi passé par là. À Atlanta 1996, Rui Jorge est passé tout près d'une médaille. En demi-finale, le Portugal s'est incliné devant l'Argentine, avant de perdre de nouveau - face au Brésil - dans le match pour la médaille de bronze. Dans ces deux confrontations, les Portugais ont dû en découdre avec des joueurs nommés Ronaldo, Rivaldo, Roberto Carlos, Hernán Crespo, Juan Sorín, Juan Verón ou encore Ariel Ortega. À Rio de Janeiro, le Portugal retrouvera l'Argentine dans le Groupe D, ainsi que l'Algérie et le Honduras.

"Nous avons réussi un très bon tournoi en 1996, avec une quatrième place au final", se souvient l'ancien latéral. "Nous allons essayer de leur faire comprendre qu'il est très rare de participer aux Jeux Olympiques. Pour les joueurs en Europe en général, le format des qualifications fait qu'il est plus difficile de disputer le Tournoi Olympique qu'une Coupe du Monde", estime-t-il. "C'est ce que je veux leur faire comprendre, il s'agit d'un test rare, qui demande un orgueil énorme pour représenter le pays, et pour tout ce que cette épreuve symbolise pour le sport en général et les joueurs d'une certaine manière aussi." Dans un environnement différent et avec un groupe largement renouvelé, le Portugal pourra compter sur un entraîneur expérimenté pour continuer d'aller de l'avant et faire honneur à la génération précédente, qui a montré à l'EURO 2016 que ses bons résultats dans les catégories de jeunes ne devaient rien au hasard.