Joueur de légende

Albert, l'élégance pour l'éternité

Florian Albert on the ball 
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À l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Flórián Albert le 15 septembre 1941, FIFA.com retrace la carrière de l'un des plus grands attaquants de l'histoire et légende du football hongrois et de la Coupe du Monde de la FIFA.

Rien n’est éternel. Mais si le Hongrois Florian Albert s’est bien éteint le dimanche 30 octobre 2011, la trace qu’il a laissée dans le football, elle, n’est pas près de disparaître. Considéré comme le "footballeur le plus élégant de tous les temps", Albert a été de 1958 à 1974 l'homme d'un seul club, le grand Ferencvaros, et d'une Hongrie marchant sur les brisées de sa glorieuse devancière.

A neuf ans, le troisième enfant d'une famille de quatre vivant à Hercegszanto, un village situé à 200 km au sud de Budapest, vivait au rythme des exploits du "onze d'or" de Gusztav Sebes comprenant des joueurs exceptionnels comme Zoltan Czibor, Nandor Hidegkuti, Sandor Kocsis et autres Ferenc Puskas "J'ai tout appris de cette équipe. J'admirais ce spectacle merveilleux", avouera-t-il lorsqu'il deviendra à son tour une vedette du sport roi.

Après six années de progression régulière au sein de l'école de football de Ferencvaros, Florian Albert débute en équipe première le 2 novembre 1958 contre Diosgyor (3-1). Son style dépouillé, la fluidité de ses gestes au service d'une technique hors normes resteront longtemps sans égal. Seul Franz Beckenbauer quelques années plus tard atteindra cette élégance naturelle sur le terrain.

Albert fait oublier Pelé

Le talent n'a pas besoin d'expérience et sa progression sera fulgurante. Il fait ses débuts en équipe nationale le 28 juin 1959, à 18 ans ans contre la Suède (3-2), alors qu'il n'a été que deux fois titulaire avec Ferencvaros. Un an plus tard, Albert marque six fois lors des trois matches du premier tour du Tournoi Olympique de Rome, dont un 7-0 contre la France, mais la Hongrie est éliminée (0-2) en demi-finale par le surprenant Danemark. Elle se consolera avec la médaille de bronze, arrachée à l'Italie (2-1).

Lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Chili 1962, il conduit la Hongrie jusqu'en quart de finale où elle sera éliminée de justesse par la Tchécoslovaquie (0-1), Albert terminant deuxième meilleur buteur du tournoi avec quatre réalisations. Après un EURO 1964 réussi avec une troisième place, il porte Ferencvaros à bout de bras pour une exceptionnelle campagne européenne qui se termine le 23 juin 1965 au Stadio Comunale de Turin par une victoire sur la Juventus (1-0) en finale de la Coupe des Villes de Foire, ancêtre de la Coupe UEFA, après avoir éliminé Rome, Bilbao et Manchester United. La meilleure performance de l'histoire du club.

Mais Florian Albert allait entrer dans la grande histoire du football lors de la Coupe du Monde de la FIFA 1966 en Angleterre. Le match du premier tour entre la Hongrie et le Brésil (3-1) est considéré comme un des plus beaux de l'histoire du tournoi. La Hongrie de Lajos Baroti avec un Albert au sommet de son art danse véritablement autour des champions du monde en titre, orphelins de Pelé, blessé. Le point d’orgue intervient à la 21ème minute quand Gilmar réalise un arrêt exceptionnel à la suite d'un double une-deux de la tête entre Ferenc Bene et Albert.

Les 57 000 spectateurs du Goodison Park de Liverpool n'en croient pas leurs yeux : pour la première fois depuis dix ans, une équipe ose prendre les maîtres brésiliens à leur propre jeu, optant pour l'offensive à outrance. Le but intervient à la 64ème sur un nouveau numéro des deux virtuoses de l'attaque hongroise, Bene et Albert, qui offrent un ballon en or à Janos Farkas dont la reprise de volée termine sa course dans la lucarne. Le Brésil est KO. Florian Albert fait oublier l'absence de Pelé et sa sortie donne lieu à une incroyable ovation.

Récompense et malchance

L'année 1967 est celle des récompenses pour le magicien hongrois qui est sacré Ballon d'Or et enregistre la naissance le 16 décembre de son deuxième enfant, Florian qui jouera à Ferencvaros puis au Red Star, mais ces moments de bonheur sont aussi les derniers.

Dix huit mois plus tard il est victime d'une fracture du péroné lors d'un choc avec le gardien danois Erik Engedahl. Albert reprendra le football un an plus tard mais ne retrouvera jamais son style étincelant. Le 17 mars 1974 il dispute son 351ème et dernier match de championnat (pour 245 buts) avec Ferencvaros. Toutes compétitions confondues, il aura joué 537 fois sous le maillot vert. Puis le 29 mai 1974 à Szekesfehervar, devant 15 000 spectateurs il fait ses adieux à l'équipe nationale, après 75 capes pour 32 buts, en signant une dernière victoire sur la Yougoslavie (3-2).

Resté dans le milieu du football, d’abord comme entraîneur en Libye avant de revenir à son cher Ferencvaros le club de sa vie, le dernier grand artiste du football magyar s'est éteint le 30 octobre 2011 lors d'une opération à cœur ouvert.

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