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Cabañas : "Le football me donne une autre chance"

Paraguayan former footballer Salvador Cabanas waves
© AFP

Le Paraguayen Salvador Cabañas a occupé les premières pages de la presse mondiale le 25 janvier 2010. Dans la ville de Mexico, où il brillait avec le CF América, le footballeur est victime d'un coup de feu à la tête suite à une discussion qui a mal tourné dans un bar.

Depuis, le buteur de la sélection du Paraguay qui se préparait à disputer la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™ est passé par toutes les étapes possibles. Opérations, centres de réadaptation, thérapies psychologiques, le tout pour aboutir au petit miracle qui se dessine aujourd'hui : *El Chava *s'apprête à faire son retour dans le football, avec 12 de Octubre, le club qui l'a révélé et qui évolue aujourd'hui en troisième division paraguayenne.

Alors qu'il affirme être aujourd'hui à 80 % de ses capacités, le goleador de 31 ans a accepté de se confier au micro de *FIFA.com *: les séquelles de l'accident, ses impressions par rapport au Mexique et son envie de retrouver l'Albirroja pour pouvoir disputer la Coupe du Monde de la FIFA™ au Brésil, Cabañas n'élude aucun sujet.

SalvadorCabañas, avant toute chose, félicitations pour ce retour. Votre cas a ému pas mal de gens, pas seulement dans le monde du football. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
Merci beaucoup ! Je veux d'abord dire que je me sens très bien et que je suis très heureux. Pour l'instant, je fais de mon mieux pour retrouver mon meilleur niveau et revenir sur les terrains le plus vite possible. C'est mon plus grand souhait.

Combien de fois, ces dernières années, avez-vous pensé au moment où vous alliez rejouer ?
Très souvent, depuis longtemps. C'est incroyable de pouvoir le faire avec le club où j'ai commencé ma carrière. Les dirigeants me donnent l'opportunité d'être ici. Ils m'ont ouvert les portes pour venir terminer ma rééducation et m'entraîner. Je leur en suis infiniment reconnaissant.

Comment s'est produit votre retour à 12 de Octubre ?
Je connais bien le président du club, Luis Salinas. Les formalités de mon arrivée ont donc été très simples. Mes coéquipiers sont des jeunes qui me voyaient jouer à la télé il n'y a pas si longtemps. Ils sont impressionnés. Il y a une certaine admiration. C'est très important pour moi de sentir ce soutien, ça m'aide pour terminer la rééducation. J'espère y arriver très bientôt.

L'objectif de l'équipe est certainement de retrouver la première division, mais quel est celui de Salvador Cabañas ?
Le même ! L'objectif du club est de monter en première division. Par conséquent, c'est mon objectif aussi. Ça me motive énormément. Le football, c'est ma vie, et là, on me donne une nouvelle opportunité. Je me sens bien et il est très important de réussir à atteindre ce but.

L'entraîneur est Rolando Chilavert, le frère de José Luis, que vous avez déjà eu à Guaraní et 12 de Octubre en première division. Ce passé commun est-il important ?
Oui, très important. C'est bien de pouvoir être avec lui dans un moment comme celui-ci. J'ai besoin d'un technicien qui me connaît bien. J'en profite d'ailleurs pour lui dire toute ma reconnaissance, à Rolando comme à tous ses collaborateurs. Ce sont eux qui me donnent cette nouvelle opportunité.

Les médecins vous ont-ils fait des recommandations particulières concernant votre retour sur les terrains ?
Je dois faire attention à ne pas jouer de la tête des ballons qui viennent très fort, car la balle du pistolet est toujours logée dans ma tête. C'est pour ça que je dois beaucoup travailler, pour être à 100 %, pour à la fois prendre du plaisir et jouer à fond.

Il y a peu de temps, vous avez déclaré que l'un de vos objectifs était de revenir en sélection. Même si cela paraît encore loin, vous imaginez-vous à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014 ?
Oui, bien sûr. Pourquoi pas ? Ça va dépendre de moi. La sélection est toujours dans mon esprit et dans mon cœur, et je ferai tout mon possible pour pouvoir porter à nouveau ses couleurs. Je dois reconnaître que ces derniers temps, je n'ai pas vu beaucoup de matches. Je sais que l'équipe est très bien. L'entraîneur Francisco Arce y est pour beaucoup, c'est un grand professionnel. L'important, c'est que les garçons travaillent et donnent tout ce qu'ils ont sur le terrain.

Comment définiriez-vous votre guérison ? S'agit-il d'un miracle ?
J'ai toujours eu la foi, tout au long de ma vie. Peu de gens se sortent d'une situation comme celle qui m'est arrivée. Mais voilà, nous sommes ici, je suis sur mes deux pieds et ma famille est à mes côtés. C'est le plus important. Seuls ceux qui ont connu ça savent ce que ce moment signifie.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ? Qu'est-ce qui a changé chez Salvador Cabañas ?
J'ai toujours voulu être avec ma famille, avec ma femme et mes enfants. Et aujourd'hui, je continue comme ça. Maintenant, je veux remercier toutes les personnes au Paraguay qui ont prié pour moi et pour ma guérison. Comme footballeur, j'ai beaucoup donné aux gens et ils me l'ont rendu avec leurs prières. C'est extraordinaire.

Quels souvenirs gardez-vous du Mexique ? C'est là-bas que cet accident vous est arrivé, mais vous y avez quand même vécu de belles choses, n'est-ce pas ?
J'en garde beaucoup de très beaux souvenirs. J'y ai passé beaucoup de temps et vécu des choses merveilleuses. Je suis arrivé à Jaguares et ensuite j'ai joué à l'América, qui m'a tout donné. J'ai beaucoup d'amis là-bas. Pour moi, le Mexique reste associé à d'excellents souvenirs.

Rejoueriez-vous là-bas si vous en aviez la possibilité ?
Oui, sans hésiter. J'aimerais beaucoup. Je fais tous les efforts nécessaires pour revenir à mon meilleur niveau et atteindre les objectifs les plus élevés possibles. L'América m'a rendu un hommage incroyable il y a peu de temps, ce qui m'a permis de me souvenir de moments merveilleux avec mes amis. Que demander de plus ? J'ai une reconnaissance éternelle pour l'América.

A qui allez-vous dédier votre premier but officiel avec 12 de Octubre ?
Mon premier but sera pour mes parents, mon épouse, mes enfants et pour un monsieur que j'apprécie beaucoup : Horacio Cartes, le président du Club Libertad. Pour être sincère, je n'ai pas vraiment pensé à ce premier but. Je sais une seule chose : dès que je recommencerai à jouer, les buts vont vite venir…

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