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Camila à la poursuite d'un rêve américain

Camila Pescatore
© Others
  • Tobin Heath inspire le rêve d'une jeune Vénézuélienne
  • Camila Pescatore est internationale U-20
  • Elle bénéficie aujourd’hui d'une bourse aux États-Unis

Camila s’apprêtait à vivre un dimanche soir comme les autres à Valencia, une ville de l'État de Carabobo, dans le nord du Venezuela. "J’avais l’habitude de passer les week-ends dans la maison de ma meilleure amie. On mangeait des pizzas en regardant des films", explique la jeune femme au micro de FIFA.com. "Mais ce jour-là, il n’y avait vraiment rien à voir. Alors, nous avons commencé à zapper de chaîne en chaîne."

"Aucun programme ne parvenait à retenir notre attention, jusqu’à ce que nous tombions sur la finale de la Coupe du Monde Féminine entre les États-Unis et le Japon. Je me suis mise à crier : ‘Mais pourquoi personne ne m’a prévenue que le match était diffusé ?!’ J’étais dans tous mes états ! D’un seul coup, rien d’autre ne comptait," poursuit-elle.

"Ce match a changé ma vie. Je suis tombé amoureuse de l’équipe américaine. J’ai aimé son jeu, sa sportivité, sa technique, sa passion… Je connaissais bien le football masculin, mais je suis devenue obsédée par le football féminin. Je passais mon temps à faire des recherches sur Google. J’ai commencé à suivre les joueuses sur les réseaux sociaux," confie la Vénézuélienne. "Depuis un moment, je me demandais si je ne devais pas renoncer à mon rêve de devenir footballeuse mais, ce jour-là, j’ai décidé que je devais tout faire pour y arriver."

Mais une joueuse a particulièrement retenue l'attention de Camila : Tobin Heath. "C’est une joueuse extraordinaire. Elle est à la fois adroite et altruiste. Mais c’est sa personnalité en dehors du terrain qui m’impressionne le plus... Encore aujourd’hui, je rêve de lui ressembler."

Camila Pescatore a fait ses premiers pas de footballeuse à l’âge de six ans. À 13 ans, elle a participé à son premier stage avec la sélection U-17 de son pays. "Je ne savais même pas qu’il existait une équipe nationale du Venezuela ! Jusqu’à ce que j’arrive sur le lieu du stage, je n’arrivais pas à en croire mes oreilles" avoue-t-elle. "Finalement, je n’ai pas été retenue. On m’a dit que j’étais trop petite. J’étais désespérée."

"J’ai pensé à tout arrêter, mais quand j’ai vu la finale de la Coupe du Monde 2015, j’ai décidé qu'il fallait que j'obtienne une bourse d’étude aux États-Unis. Je n’ai pas été appelée non plus pour la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2016. Mais je n’ai pas renoncé à mon ambition de marcher sur les traces de Tobin," ajoute-t-elle.

La détermination de Camila a été récompensée par une participation aux qualifications pour la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, France 2018. Toutefois, un obstacle se dressait encore sur sa route : "Les études coûtent cher et ma famille n’avait pas les moyens de me les offrir".

Italia, la maman de Camilia, s’est donc résolue à faire un grand sacrifice : elle a émigré dans le pays auquel elle doit son nom afin de gagner l’argent qui permettrait à sa fille de réaliser son rêve. De son côté, la jeune milieu offensive de 18 ans a trouvé du travail en Angleterre, ce qui lui a permis au passage de s’engager à Leyton Orient. Malheureusement, les choses ne se sont pas exactement passées comme prévu.

"Au Venezuela, je m’entraînais deux fois par jour ; en Angleterre, il n’y avait qu’une séance par semaine. En revanche, je travaillais douze heures par jour dans un coffee shop" raconte Camila. "Quand les aliments étaient périmés, on nous les donnait parfois. J’avais souvent recours à ce système car je n’avais pas d’argent. Ce n’était pas très bon pour la santé."

"J’ai pris 15 kilos en quatre mois. Et puis, un beau jour, j’ai reçu des offres de bourses. J’ai choisi l’université William Carey. Ils avaient vu des vidéos de moi avant ma prise de poids. J’étais donc un peu inquiète à l’idée qu’ils me refusent en découvrant mon état de forme. Par chance, ils n’en ont rien fait. J’ai travaillé très dur, j’ai perdu du poids et tout va bien aujourd’hui. Je veux gagner des titres chaque année avec mon université," annonce la joueuse de la Vinotinto.

Les ambitions de Camila ne se limitent pas au monde universitaire. "Je veux aider le Venezuela à se qualifier pour la Coupe du Monde Féminine U-20. J’aimerais aussi beaucoup jouer pour Houston Dash. Ce serait merveilleux de pouvoir évoluer aux côtés de Tobin."

L’avenir nous dira si Heath et Pescatore fouleront un jour la même pelouse. Avec ses dribbles chaloupés, ses chaussettes roulées sur les chevilles et son numéro 17 dans le dos ("j’ai supplié l’entraîneur de me le donner"), elle est d’ores et déjà assurée d’évoquer l’image de l’internationale américaine à tous ceux qui auront le plaisir de la voir jouer.

Camila Pescatore
© Others

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