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Caniggia, le fils du vent

© Getty Images

Crinière blonde au vent, l'Argentin Claudio Caniggia a marqué de son empreinte le football argentin et mondial. A l'occasion de son anniversaire, le 9 janvier, FIFA.com revient sur sa carrière.

El Hijo del Viento, le fils du vent. Les surnoms sont légion dans le football, mais ils sont rares à véhiculer une image aussi prétentieuse. Pourtant, Claudio Paul Caniggia a su y faire honneur. Sa crinière blonde au vent, l'ancien attaquant argentin était capable de courir le 100 mètres en moins de 11 secondes. Autant dire qu'il aurait eu sa place dans l'athlétisme de haut niveau. Il préféra pourtant utiliser cette vitesse pour échapper aux défenseurs balle au pied, marquant ainsi de son empreinte le football mondial. FIFA.com revient sur sa carrière.

Souvenirs, souvenirs...

Formé dans la prolifique pépinière de River Plate, Caniggia est lancé avec la première millonaria en 1985, à tout juste 18 ans. Ses débuts sont aussi explosifs et fulgurants que ses accélérations. El Pájaro (l'oiseau), comme il est également surnommé à l'époque, constitue un précieux complément dans une équipe qui entrera dans l'histoire en 1986 en décrochant le championnat d'Argentine, la Copa Libertadores, la Copa Interamericana et la première Coupe Intercontinentale du club.

Bien installé dans le dispositif de la Banda Sangre, Cani va entamer son périple européen en 1988, lorsqu'il est acheté par Vérone. L'année suivante à l'Atalanta Bergame, il va réaliser sa meilleure saison dans le Calcio. Mais c'est à Boca Juniors, où il a joué avec Diego Maradona, qu'il a enfilé le plus de buts. Les supporters de River ne lui ont d'ailleurs jamais pardonné cette trahison. Interrogé sur la place de chaque club dans son cœur, Caniggia s'est voulu diplomatique : "C'est du 50/50. River, c'est la meilleure école de foot, il faut pratiquer du beau jeu. Boca c'est différent : le public encourage même quand l'équipe perd".

En sélection, Claudio va acquérir une autre dimension. Il atteint le statut de légende pour sa première Coupe du Monde de la FIFA, en 1990, en Italie. Suite à un numéro exceptionnel de Maradona, il marque contre le Brésil le but qui envoie l'Argentine en quart. "C'est le plus important de ma carrière car nous étions en difficulté. Et puis, il y a cette immense rivalité avec les Brésiliens", estime-t-il.

La demi-finale contre le pays organisateur va également marquer la vie de Caniggia. Tout d'abord parce qu'il inscrit le but qui permet à l'Argentine d'égaliser pour s'imposer ensuite aux tirs au but. Mais aussi parce qu'il reçoit un carton jaune pour une main, carton qui le privera de la finale contre l'Allemagne. "C'est l'une des plus grandes déceptions de ma carrière, avec celle de n'avoir jamais gagné la Coupe du Monde", reconnaît-il.

Un an plus tard, il inscrit deux buts lors de la campagne victorieuse à la Copa América, Chili 1991, où il forme un terrible duo avec Gabriel Batistuta, l'un des avant-centres qui aura le mieux exploité sa vitesse. Privé de l'édition suivante, Équateur 1993, en raison d'une suspension pour dopage, il retrouve Batigol sur le front de l'attaque albiceleste à la Coupe du Monde de la FIFA 1994, où l'Argentine fait figure de candidate au titre. Caniggia marque un doublé contre le Nigeria, mais se blessera pour la suite de la compétition. Un coup dur pour une équipe déjà meurtrie par le contrôle positif de Maradona. L'Argentine se qualifie tout de même, mais c'est en spectateur qu'il assiste à la défaite contre la Roumanie en huitième. "Une autre pilule difficile à avaler car nous avions une grande équipe", se souvient-il.

Si Daniel Passarella ne veut pas de lui pour France 1998, Marcelo Bielsa l'emmène à Corée/Japon 2002. El Pájaro ne jouera pas une minute, mais il sera exclu du banc des remplaçants contre la Suède, le jour de cette terrible élimination au premier tour. Cette dernière apparition avec la sélection semble marquer le crépuscule d'une carrière qui aura duré quasiment deux décennies et qui prendra fin deux ans plus tard au Qatar.

Pour en arriver là...

Après sa retraite sportive en 2004, Caniggia a décidé de s'installer à Marbella. Pourquoi ? "J'y venais souvent en vacances. J'ai aimé cette ville et quand j'ai arrêté de jouer, nous sommes allés là-bas. C'est un lieu tranquille pour vivre en famille", expliquait-il récemment. Après une année sabbatique, il a renoué avec le ballon rond en devenant conseiller auprès de plusieurs clubs anglais. "En plus de cela, je travaille avec quelques jeunes, mais je ne suis pas agent de joueurs. Je me contente de les aider", tenait-il à préciser.

Parmi ses projets actuels, Claudio compte collaborer au développement du football à Marbella. "Je crois que c'est un lieu intéressant, où il y a un bon potentiel de croissance. Il y a des garçons issus de plusieurs pays qui ont beaucoup de potentiel. Il y a des choses intéressantes à faire".

À retenir : Claudio Caniggia

  • Poste : attaquant
  • Clubs : River Plate (1985-88), Hellas Vérone (1988-89), Atalanta Bergame (1989-92), AS Rome (1992-94), Benfica (1994-95), Boca Juniors (1995-99), Atalanta Bergame (1999-2000), Dundee FC (2000-01), Glasgow Rangers (2001-03), Qatar SC (2003-04)
  • Equipe nationale : 50 sélections (16 buts)
  • Palmarès : Finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA (1990), 1 Copa America (1991), 1 Coupe des Confédérations de la FIFA (1992), 3 championnats d'Argentine (1986, 1998, 1999), 1 Copa Libertadores (1986), 1 Copa Interamericana (1986), 1 championnat d'Écosse (2003), 2 Coupes d'Écosse (2002, 2003), 2 Coupes de la Ligue d’Ecosse (2002, 2003), 1 Coupe Crown Prince de Qatar (2004)

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