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Ceulemans, comme un lion en Caje

Belgium's Jan Ceulemans runs
© AFP

En Belgique, l’ancien défenseur international Eric Gerets a hérité du sobriquet Lion de Rekem. Mais par sa grande taille (1m88), sa puissance, son autorité naturelle, sa crinière blonde, son charisme et sa combativité, il y a également du lion en Caje. Caje, c’est Jan Ceulemans, véritable légende du football belge.

Certains l’appelaient aussi Capitaine Courage ou Sterke Jan ("Jan le fort") mais "Caje est le surnom le plus symbolique", expliquait en 2015 l’intéressé au micro de FIFA.com. "Mes grands-parents avaient un bar appelé 'Kazzelo', les clients avaient l’habitude de dire 'allons boire un coup chez Kazze'. Kazze est devenu Caje suite à un jeu de mot d’un journaliste venu m’interviewer au début de ma carrière. Et aujourd’hui encore, la plupart des gens m’appellent ainsi".

Ce surnom est surtout révélateur du grand attachement de Jan Ceulemans à ses racines. Né à Lierre en 1957, le milieu offensif belge a passé toute sa carrière de joueur, chez lui, au Plat pays. Il n’a porté les couleurs que de deux clubs, le Lierse SK et le FC Bruges. Preuve ultime de la fidélité de Ceulemans à son pays, il a porté 96 fois le maillot des Diables Rouges (23 buts).

"Une telle carrière est absolument impossible à réaliser aujourd’hui. 90% des Diables Rouges évoluent en ce moment dans les championnats majeurs d’Europe. Pour atteindre un certain niveau et s’y maintenir, ils n’ont pas d’autre choix que de disputer ces compétitions", note Ceulemans. "En 1980, j’ai eu une opportunité en or de rejoindre l'AC Milan. A cette époque, je m’étais senti trop jeune pour franchir cette étape. Je voulais confirmer à Bruges, pensant à tort que d’autres offres de ce genre allaient plus tard se présenter à moi. J’ai peut-être fait une erreur d’un point de vue financier, mais je pense tout de même avoir eu une fantastique carrière."

Caje de buts

Celle-ci démarre donc au Lierse SK, club de sa ville natale, qu’il rejoint dès l’âge de sept ans. Il gravit un à un les échelons le menant jusqu’en équipe première… et en équipe de Belgique dès 1976. Ceulemans inscrit 40 buts en 112 matches chez les Jaunes et Noirs. Il y reste jusqu'au terme de la saison 1977/78, qui s’achève sur une quatrième place, à seulement quatre points du champion, le FC Bruges, qui se porte acquéreur de Caje.

Chez les Gazelles, Ceulemans se mue en un lion affamé de titres et de buts. Il inscrit 240 buts en 501 apparitions, gagne trois titres de champion de Belgique (1980, 1988 et 1990), deux coupes domestiques (1986 et 1991) et le respect de ses pairs, étant élu à trois reprises Soulier d'or belge en 1980, 1985, et 1986… Trois années au cours desquels les Diables rouges ont véritablement côtoyé les sommets.

"L’Euro 1980 reste le meilleur souvenir de ma carrière", raconte Ceulemans, fer de lance de l’attaque d'une équipe belge qui a créé la surprise en allant jusqu'en finale, une grande première dans un tournoi majeur. "Nous battons une Ecosse à son sommet durant les éliminatoires, et devançons l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie en phase de groupes avant de perdre en finale contre l’Allemagne. A l’issue du match face à la Roja, sans doute le plus beau de ma carrière, je me suis même dit 'Jan, ton équipe et toi avez joué un football incroyable aujourd’hui'."

La règle de trois

La Belgique et Ceulemans enchaînent sur une participation à une Coupe du Monde de la FIFA en 1982 et un EURO en 1984, en demi-teinte. Il faut attendre les éliminatoires de Mexique 1986 et le tournoi en lui-même pour retrouver les Diables Rouges et leur capitaine au top de leur forme. Ils atteignent la demi-finale de l’épreuve, battus par l’Argentine de Diego Maradona, pour ce qui restait la meilleure performance belge dans l’histoire de l’épreuve mondiale, avant la troisième place de 2018. "La performance collective m’honore bien plus que le brassard que je portais et qui revenait, à l’époque, au plus capé", souligne Caje rebaptisé alors Capitaine Courage pour son abnégation.

Car si l’exploit collectif reste dans les annales du football belge, Ceulemans est bel et bien entré dans la légende nationale pour son fighting spirit. "C’est l’un des trois attributs du bon footballeur. Pour réussir, un joueur doit mixer état d’esprit, talent, et conditions physiques. Seules quelques exceptions, Lionel Messi et Diego Maradona, ont prouvé le contraire. Aujourd’hui, vous pouvez être le joueur le plus talentueux qui soit, s’il vous manque le physique ou l’état d’esprit, vous ne pourrez pas y arriver".

Jan Ceulemans speaks
© AFP

Caje cœur de lion

Derrière ce discours, se cache non seulement un joueur d’exception, mais aussi un homme devenu entraîneur à l’issue d’une carrière professionnelle longue de 17 années. "C’est un métier que j’aime, mais celui de joueur est tellement mieux ! Vous n’avez pas le stress, vous n’avez à vous focaliser que sur vos propres performances, et surtout vous êtes plus jeune !", plaisante-t-il.

Ceulemans entame sa seconde carrière en Division 2, en 1992, à l'Eendracht Alost, qu'il mène en Coupe UEFA deux ans plus tard. Il enchaîne sur une expérience à Ingelmunster qu’il fait monter de troisième en deuxième division, puis au KVC Westerlo, en Jupiler League avec une Coupe de Belgique à la clé en 2001. Ce sacre lui réouvre les portes du FC Bruges, où il restera pendant deux ans avant de retourner dans un autre club qu’il connaît désormais bien, Westerlo.

Ceulemans mène à nouveau son équipe en finale de Coupe de Belgique, mais perd cette fois en finale et ne réussit pas à la maintenir dans l’élite la saison suivante. "Je dois avouer qu’être Jan Ceulemans m’a aidé au début de ma carrière d’entraîneur. Mais si les résultats ne suivent pas, la valeur de votre nom diminue rapidement", analysait-il lors de sa dernière expérience en date sur le banc du KMSK Deinze, en deuxième division belge, en 2015. "Mais après toutes ces années en tant que coach, je peux dire que j’ai toujours veillé à rester la même personne, à garder le même caractère, et c’est ce qui est pour moi le plus important", conclut Ceulemans, entre cœur de lion et lion en cage.

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