Coupe du Monde de la FIFA™

Cherchesov garde son calme avant la tempête

Russia coach Stanislav Cherchesov at the Russian Football Union Museum
© Others

C’est avec beaucoup d’ironie que Stanislav Cherchesov juge son rôle dans l’un des moments les plus marquants de la Coupe du Monde de la FIFA 1994. "Comment vous dire ? J’ai encaissé un but en Coupe du Monde et je suis entré dans l’histoire parce que le joueur le plus âgé venait de marquer contre moi !" Le nouveau sélectionneur de Russie a connu une belle carrière de joueur qui l’a notamment vu représenter son pays lors de deux Coupes du Monde, en 1994 et 2002. Il n’y aura joué qu’un match, mais quel match !

La victoire 6:1 de la Russie sur le Cameroun à États-Unis 1994 aura été marquée par deux records qui tiennent toujours : les cinq buts d’Oleg Salenko dans une seule rencontre et la réduction du score de Roger Milla, âgé à l’époque de 42 ans, ce qui en fait le doyen des réalisateurs mondialistes. "C’est probablement le seul but que j’ai encaissé qui ne m’a pas contrarié", plaisante le gardien devenu entraîneur à FIFA.com. "Vous avez vu la trace que ça a laissée dans l’histoire ! En plus, ce but n’a eu aucune influence sur le résultat final."

Le succès contre le Cameroun constitue la meilleure performance de la Russie post-soviétique en Coupe du Monde. "On n’avait rien à perdre et on a tout donné", se souvient Cherchesov. "On avait une bonne équipe à l’époque et le match nul ne nous servait à rien. On était dans le groupe des futurs champions brésiliens et de la Suède, qui allait finir troisième. Je suis certain qu’on se serait qualifiés pour le second tour s’il y avait une équipe un peu plus faible dans la poule."

Prédiction réalisée
On espère à présent chez les organisateurs de la prochaine Coupe du Monde que la magie qui les portait ce jour-là au stade de Stanford reviendra pour l’édition 2018. C’est d’ailleurs à Stanislav Cherchesov qu’a été confié l’honneur de préparer l’équipe nationale en vue de cette compétition. "Mes premiers souvenirs de la Coupe du Monde remontent à 1982, qui est mon tournoi préféré", avoue-t-il. "Je me rappelle la victoire du Brésil 2:1 en match d’ouverture sur l’Union soviétique, ainsi que le match fabuleux de Rinat Dassaïev dans les cages. C’est merveilleux que la Coupe du Monde arrive en Russie. Les yeux du monde entier seront tournés vers notre pays. Le plus important, c’est que toutes les infrastructures pourront être utilisées après la compétition."

Malgré la difficulté de la tâche qui l’attend, le nouveau patron de la Russie ne se met pas une pression superflue. "J’ignore si je serai à la hauteur, mais je ne me pose pas vraiment la question", assure-t-il. "Ça n’apporte rien de bon. Je suis entraîneur et je vais aborder cet événement comme n’importe quelle autre compétition, calmement et méticuleusement", annonce le natif d'Alagir, en Ossétie du Nord, qui a fait un long chemin avant d’accéder au poste de sélectionneur. Toutefois, tel que l’a révélé l’attaquant Aleksandr Kerzhakov, le gardien avait prédit dès la Coupe du Monde 2002 qu’il présiderait un jour aux destinées de la Sbornaïa. "On en avait parlé avec Kerzhakov. Il avait 19 ans et moi 38", explique Cherchesov. "J’étais le joueur le plus âgé de l’équipe et je m’interrogeais sur mon avenir. Il faut croire que quelqu’un, là-haut, a entendu cette conversation."

Depuis lors, la Russie a raté la qualification pour les matches à élimination directe lors de deux UEFA EUROS et à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014. "Avant toute chose, il faut comprendre qui on est. Il faut savoir de quoi on est capable et de quoi on n’est pas capable" tente d'analyser le technicien. "On ne peut pas attendre d’un joueur qu’il fasse ce pourquoi il n’a pas été préparé. J’ai participé à deux Coupes du Monde et je sais l’importance de cet aspect. Si on demande trop aux joueurs, les problèmes arrivent très vite. On aimerait que les supporters voient que nous donnons tout à chaque match, que chaque joueur est impliqué et qu’il veut montrer de quoi il est capable. Mais il faut avoir avant tout une mentalité positive. Avec du négatif, on ne va jamais très loin."

Vieilles connaissances
D’ici à la Coupe du Monde 2018, les seuls matches officiels que disputera la Russie auront lieu à la Coupe des Confédérations de la FIFA 2017. Les objectifs de la nation hôte pour le Festival des Champions, la répétition grandeur nature de Russie 2018, sont déjà élevés. "Je suis un adepte du tout ou rien. L’esprit olympique consistant à se contenter de la participation, très peu pour moi. Quand on participe à une compétition, il faut viser le plus haut possible", explique-t-il. "On a toujours une chance de s’imposer. Il est vrai qu’aujourd’hui, on n’a pas l’équipe pour aller au bout. Le premier chantier, c’est donc la construction d’une équipe et la préparation des premiers matches amicaux. Ensuite, on pourra commencer à se fixer des objectifs."

Il y a des chances pour que Cherchesov croise une vieille connaissance à la Coupe des Confédérations : le sélectionneur allemand Joachim Löw. Après des passages au Spartak de Moscou et au Lokomotiv Moscou, ainsi qu’au Dynamo de Dresde, en Allemagne, l’ancien gardien international a rejoint l’Autriche, où il est devenu l’une des stars du Tirol Innsbruck. C’est là qu’il s’est lié d’amitié avec le futur vainqueur de Brésil 2014. "Löw nous avait rejoints alors que le club traversait une situation financière difficile. On n’avait pas été payés pendant une bonne partie de la saison et on avait quand même gagné la Bundesliga", se souvient Cherchesov. "Joachim était un entraîneur très jeune mais son regard positif et sa philosophie novatrice m’avaient impressionné. Bien sûr, on lui avait facilité un peu la tâche parce que l’équipe était déjà en place."

Depuis ce jour, Cherchesov est toujours resté en contact avec son homologue allemand. "C’est simple, je l’ai eu au bout du fil il y a une heure", indique-t-il, sortant de sa poche un téléphone portable sur lequel apparaît effectivement le nom de Löw en première place dans le journal des appels. Peut-être lui a-t-il donné quelques conseils pour emmener sa sélection sur le toit du monde...

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