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Clap de fin pour le crack Donovan

EAST HARTFORD, CT- OCTOBER 10: Landon Donovan #10 of the United States interacts with fans after an international friendly with Ecuador at Rentschler Field on October 10, 2014 in East Hartford, Connecticut. (Photo by Jim Rogash/Getty Images)
© Getty Images

Landon Donovan a littéralement vu sa vie défiler devant lui en quelques instants. Étendu sur la pelouse du Rentschler Field d'Hartford après avoir disputé son dernier match avec les États-Unis, il regarde la rétrospective des meilleurs moments de sa carrière diffusée sur l'écran géant du stade.

Dans la tribune de presse, les journalistes se penchent consciencieusement sur leur clavier pour choisir les mots qui conviennent le mieux à ce moment à la fois grandiose et empreint de mélancolie : l'homme qui a révolutionné le football aux États-Unis vient de faire ses derniers pas sous le maillot américain. "Je n'aurais jamais imaginé ça, même dans mes rêves les plus fous. En tant qu'être humain, quand vous ressentez autant d'amour et de soutien, cela vous donne des sensations incroyables", explique Donovan, entouré de sa famille et de ses amis.

Les larmes coulent. On ne sait d'ailleurs plus très bien quand elles ont commencé. Peut-être au moment où Donovan, aujourd'hui âgé de 32 ans, a regardé sur l'écran géant les images d'un joueur de 18 ans, les cheveux teints en blond, toucher ses premiers ballons sous le maillot *US *? C'était contre le Mexique, au LA Coliseum, devant une foule immense et hostile. Ce jour-là en Californie, à quelques minutes en voiture du domicile familial, Donovan est sur le banc et ne doit normalement pas entrer en jeu. Mais c'est sans compter sur l'un des coups de pouce que le destin distribue avec parcimonie. Chris Henderson se blesse. Le seul joueur apte à le remplacer à son poste n'est autre que Donovan.

Élégance et insouciance
Le Californien saisit immédiatement l'occasion de donner un aperçu de son talent précoce. Sur une passe en profondeur, il contourne le gardien mexicain sorti à sa rencontre, pousse le ballon calmement au fond des filets, puis se précipite dans les bras de Jeff Agoos et Tony Meola, ses idoles devenues coéquipiers. Dans ce but et sa célébration, Donovan exhibe déjà le mélange d'élégance et d'insouciance qui allaient le caractériser pendant de longues années sur les terrains du monde entier.

"C'est le joueur qui a le plus apporté au football aux États-Unis", estime Jozy Altidore, à qui Donovan a confié le brassard au moment de son remplacement, à la 41ème minute du match contre l'Équateur (1:1) le 10 octobre dernier. "Je voulais absolument que Landon mette un but ce soir", explique de son côté Mix Diskerud au micro de FIFA.com, avant d'ajouter avec un sourire : "J'ai essayé de le trouver un peu plus souvent que d'habitude". La remarque vaut d'ailleurs pour plusieurs joueurs, avides de donner à l'icône l'occasion de faire trembler les filets une dernière fois sous le maillot US.

Mais pour son chant du cygne, Donovan ne marquera pas. Tôt dans la rencontre, il place une tête qui force le gardien équatorien Maximo Banguera à une détente spectaculaire. Quelques minutes plus tard, il déclenche une frappe qui s'écrase sur un montant, provoquant une clameur monumentale de la part des 36 000 spectateurs, qui voyaient tous le ballon aller au fond. Au moment de son remplacement, Donovan se dirige vers Jürgen Klinsmann et lui serre la main, avant d'esquisser une accolade pas tout à fait réussie. Et pour cause. Avant la dernière édition de la Coupe du Monde de la FIFA™, le sélectionneur avait décidé de ne pas emmener l'enfant chéri des États-Unis au Brésil, privant Donovan d'une ultime participation tellement désirée à l'épreuve.

Des titres et des records

La rétrospective vidéo se poursuit : Donovan est passé de l'adolescence à l'âge adulte, ses cheveux ont retrouvé leur noirceur naturelle, les buts s'enchaînent et les records tombent. Le meneur de jeu a été le principal artisan du changement de statut des États-Unis qui, longtemps outsiders, sont devenus une sélection capable de battre n'importe qui. Lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™, Donovan, tout juste âgé de 20 ans, et ses coéquipiers frappent un grand coup en brûlant la priorité au Portugal en phase de groupes, avant d'écarter le Mexique en huitième de finale. Le quart de finale disputé en 2002 sera suivi d'une Coupe du Monde à oublier, quatre ans plus tard en Allemagne, avant un nouvel exploit : en 2010 en Afrique du Sud, Donovan trouve le chemin des filets dans les ultimes moments du match contre l'Algérie et propulse ainsi les États-Unis en huitièmes de finale.

Quinze après avoir fait ses débuts en équipe nationale, Donovan a moins de cheveux sur la tête, mais plus de lignes à son palmarès. Au moment de raccrocher ses crampons internationaux, l'attaquant américain est tout simplement le joueur qui a remporté le plus de Gold Cups de la CONCACAF. Ce record s'accompagne de trois autres : avec 57 buts inscrits et 58 passes décisives réalisées en 158 sélections, il est au-dessus de tout le monde dans l'histoire des États-Unis.

Tout cela explique à la fois l'ovation unique réservée par les fans à leur idole, à Hartford, et le bonheur total ressenti par Landon Donovan après le coup de sifflet final. Entre larmes et sourires, le plus grand joueur du football américain était toujours sur le terrain alors que les tribunes commençaient enfin à se vider…

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