Coupe du Monde de la FIFA™

Demain sourit aux Papouasiens

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Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'année 2016 sera à marquer d'une pierre blanche. Elle va en effet devenir la première nation océanienne - en dehors de la Nouvelle-Zélande - à organiser un tournoi FIFA de football féminin avec la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA en novembre prochain. Avant cela, elle accueillera la Coupe d'Océanie des Nations de l'OFC pour la première fois de son histoire.

Cette épreuve continentale est également une étape importante des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ : six des huit participants valideront leur billet pour le tour suivant. L'autre récompense, le titre de champion d'Océanie, offrira à son détenteur le droit prendre part à la Coupe des Confédérations de la FIFA en 2017.

Pour atteindre cet objectif presque surréaliste, les dirigeants de la fédération ont confié les rênes de la sélection à Flemming Serritslev. Arrivant tout droit du Danemark, celui-ci dispute ses premières qualifications pour l'épreuve mondiale, à un an de son 70ème anniversaire. Serritslev, qui a débarqué en Mélanésie fin 2015, a rapidement constaté que le réservoir de joueurs locaux regorgeait de diamants bruts qui ne demandaient qu'à être polis. "Les joueurs ont une énorme envie d'apprendre et sont très motivés", se réjouit-il au micro de FIFA.com. "Travailler avec eux est un réel plaisir et jusqu'à présent, ça a été une expérience fantastique."

L'immense majorité de son groupe dispute actuellement la Ligue des champions de l'OFC, que ce soit sous les couleurs de Hekari United, inamovible champion de ces dernières années, ou bien de Lae City Dwellers. Le fait que la plupart des joueurs n'évoluent que dans deux clubs différents est une aubaine pour Serritslev, dont le travail se trouve ainsi facilité. Car si la Papouasie-Nouvelle-Guinée est le pays le plus grand d'Océanie, c'est aussi celui dont la population est l'une des plus rurales au monde. "Tenir un championnat national est extrêmement coûteux, parce qu'il faut prendre l'avion pour n'importe quel déplacement", explique-t-il. "Mais le plus gros problème est de pouvoir repérer tous les jeunes prometteurs à travers le pays à cause du manque d'infrastructures. Je suis sûr que dans les zones rurales, il y a plein de garçons et de filles qui ne sont pas encore sur nos radars."

Bourlingueur
Au Danemark, Serritslev, infatigable milieu de terrain, a longtemps fait avec Allan Simonsen les beaux jours de Vejle, l'un des clubs phares des années 70. Après avoir raccroché les crampons, il a roulé sa bosse sur les bancs de touche. Il a été entraîneur adjoint de l'équipe A pendant huit ans à la fin du siècle dernier, avant de devenir sélectionneur olympique. Il a ensuite connu diverses expériences en Iran, au Nigeria ou encore en Arménie, ce qui lui a permis de s'acclimater rapidement à la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Sa nouvelle équipe a récemment disputé ses premières rencontres en l'espace de 18 mois à l'occasion d'une courte tournée aux Îles Salomon. Le bilan d'une victoire et une défaite face à des Bonitos toujours imprévisibles sur leur terrain de Honiara est le signe que le savoir-faire de Serritslev et l'enthousiasme des locaux pourraient bien former un cocktail efficace. "Nous avons très mal joué lors du premier match, nous n'avons jamais trouvé le moyen de mettre en place que ce que je voulais", regrette le tacticien au sujet du revers inaugural 2:0. "Mais dans le deuxième match, nous avons pratiqué un jeu rapide, au sol et vers l'avant, autant que possible, ce qui nous a permis de nous créer beaucoup d'occasions. Nous avons encaissé un but après 15 secondes seulement, mais nous avons immédiatement pris le contrôle des opérations pour nous imposer 2:1. Nous avons pu nous frotter à un football différent et c'était une expérience très bénéfique."

La prochaine étape prendra la forme d'un stage de deux semaines en République de Corée. Les voyages hors d'Océanie sont particulièrement rares et celui-ci souligne les nouvelles ambitions des *Kapuls *à l'approche de la Coupe d'Océanie des Nations. "La pression est toujours un peu particulière pour le pays hôte, mais jouer à domicile est un avantage énorme. À nous d'en tirer profit", annonce-t-il. "Il y a beaucoup de joueurs talentueux en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le principal souci est de bâtir un collectif. Devant notre public, j'attends de jolies performances. Si nous jouons comme nous avons su le faire dernièrement aux Îles Salomon, je n'ai aucune raison de ne pas me montrer optimiste", conclut Serritslev.

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