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Dix dates qui ont changé le football (II)

Législateur du football, l'International Football Association Board a, en interdisant aux joueurs de contrôler le ballon de la main ou en encourageant les gardiens de but à se servir de leurs pieds, joué un rôle essentiel dans l'essor du ballon rond. De ses 118 années d'existence, nous avons retenu dix dates comme autant de jalons essentiels dans l'évolution du sport le plus populaire au monde.

1902 : Le terrain trouve ses marques
Nombre des marquages que nous voyons aujourd'hui les terrains du monde entier sont une conséquence directe de ces lois (et d'autres lois) adoptées au cours du processus de maturation de la discipline. Initialement place de village, puis parc et ensuite terrain de cricket, l'aire de jeu a progressivement vu ses dimensions réduites au fil des années. A l'origine, bien entendu, il n'y avait pas de marques. Mais l'introduction des règles et de stades dévolus à la pratique exclusive du football rendit nécessaire l'adoption de lignes blanches. Le coup d'envoi impliquait de disposer d'un point central.

La nécessité de maintenir les joueurs à dix mètres d'un coup franc imposa la création du rond central. La division du match en deux mi-temps nécessita une ligne centrale. Les remises en jeu (effectuées à deux mains depuis 1882), s'effectuèrent derrière la ligne de touche. Les coups de pied de but (1869) et de coin (1873) donnèrent leurs formes à la ligne de but et à l'arc de corner. Entre le moment de son apparition en 1891 et 1902, le penalty ne se tirait pas depuis un point précis mais depuis n'importe quel endroit le long de la ligne des 12 mètres. On décida en 1902 d'accorder des penaltys pour les fautes commises dans une surface mesurant 18 mètres à partir de la ligne de but et 44 mètres de largeur.

C'est ainsi que naquirent la surface de réparation et le point de penalty. Une autre zone de but en forme de rectangle, appelée "petit rectangle", mesurant six mètres de largeur et 20 mètres de longueur, remplaça le demi-cercle tracé devant le but. On attendrait ensuite 35 ans pour voir apparaître la dernière pièce du puzzle, le "D" dessiné en tête de la surface de réparation et dont le rôle est d'éviter au tireur du penalty d'être gêné dans sa course d'élan.

1904 : Fondation de la FIFA
Au début du XXème siècle, la nouvelle discipline commença à faire fureur dans d'autres parties du monde comme le Royaume-Uni. La notoriété du jeu franchit les mers et se répandit comme une traînée de poudre dans les pays européens, tandis que les marins anglais trouvaient de nombreux compagnons de jeu enthousiastes aux quatre coins du globe. Les associations et fédérations de football se mirent à pousser comme des champignons dans le monde entier et la FIFA vit le jour à Paris en mai 1904. Elle comptait à l'origine sept membres : la France, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l'Espagne (représentée par le FC Madrid), la Suède et la Suisse.

u Royaume-Uni, on conçut initialement une certaine inquiétude à l'idée d'un organe mondial gouvernant la discipline dont on avait édicté les règles, mais il ne fallut que quelques années pour balayer cette incertitude. Daniel Burley, ancien membre du conseil d'administration de la FA, succéda à Robert Guérin au poste de Président de la FIFA en 1906, l'année même de l'affiliation de la FA anglaise. Jusqu'en 1918, année de la fin de la Première Guerre Mondiale, l'Anglais n'eut de cesse de promouvoir un code unifié du football dans le monde entier.

1913 : La FIFA devient membre du Board
Tandis que rois et hommes politiques mettaient sur pied un système d'alliances qui finirait par plonger l'Europe dans la guerre mondiale, le football permettait aux amitiés de se nouer. De nombreuses autres associations européennes vinrent grossir les rangs de la FIFA avant que l'Afrique du sud (1909/1910), l'Argentine et le Chili (1912) et les Etats-Unis (1913) ne devinssent les premiers membres non européens.

Même si Lénine considérait le football comme une diversion destinée à émousser la conscience politique du prolétariat, la discipline connaissait un essor considérable dans les nations au moment même où le nouveau concept de loisirs offrait du temps libre aux populations. On assista ainsi à des premières en Amérique du nord, où le Canada vint à bout des Etats-Unis par 1:0 à New Jersey en 1885, en Amérique du sud, où l'Argentine et l'Uruguay se séparèrent sur un nul vierge à Buenos Aires en 1905 et en Asie, où les Philippines battirent la Chine à Manille en 1913. Conséquence de l'évolution du football et du nombre croissant d'associations membres (20 à la fin de la Première Guerre Mondiale), la FIFA fut accueillie au sein de l'IFAB et elle reçut des droits de vote équivalents aux quatre associations du Royaume-Uni. Il y avait toujours huit voix et le même quorum de 75% était exigé pour qu'une proposition soit adoptée, mais l'Angleterre, l'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande disposaient désormais d'une voix chacune tandis que la FIFA en avait quatre.

insi équilibré, l'organe avait besoin du soutien de la moitié des associations fondatrices pour approuver un changement, tandis que celles-ci pouvaient bloquer à elles seules une proposition. Cela permettrait au Board, pensait-on, de préserver la dose de conservatisme nécessaire tout en adoptant une attitude progressiste vis-à-vis de la discipline. C'est en grande partie grâce à cette philosophie que le football parvint, en dépit de trois décennies suivantes mouvementées placées sous le signe de deux guerres mondiales et de bouleversements sociaux, non seulement à survivre mais à prospérer. En 1930, le rêve d'une compétition internationale se matérialisa même en Uruguay.

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