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Felipe Santana, du miracle au rêve

© AFP

Felipe Santana pourrait très bien tourner la page de la qualification du Borussia Dortmund pour le dernier carré de la Ligue des champions de l'UEFA afin de se concentrer sur le choc face au Real Madrid, programmé ce mercredi 24 avril. Le problème, c'est que dans les rues de Dortmund, les supporters du Borussia ne cessent de raviver la flamme de la fin de match incroyable face à Malaga.

Face à un tel enthousiasme, le Brésilien ne peut pas faire grand-chose. Il n'en a d'ailleurs pas très envie. "Ces derniers jours ont été très agréables. Dans les rues, les gens m'appellent le héros, le faiseur de miracles ; ils me demandent de faire des photos avec eux. J'ai été très sollicité", raconte le défenseur à FIFA.com, non sans une certaine fierté. "S'ils m'appréciaient déjà avant, je peux dire que maintenant, ils m'adorent. Ça restera à jamais."

Le nom de Felipe Santana est désormais lié à l'histoire du club pour plusieurs raisons : sa façon de haranguer les troupes alors que les Espagnols menaient 2:1, sa métamorphose en attaquant dans les derniers instants et, bien sûr, son but décisif inscrit à la troisième minute du temps additionnel. Le défenseur d'1m94 a bel et bien été le héros de ces dernières minutes.

Deux semaines se sont écoulées depuis le miracle, mais les souvenirs sont encore vivaces, à commencer par le but du Portugais Eliseu, qui a pratiquement mis un terme au rêve des quelque 66 000 supporters du Signal-Iduna Park. "Je me souviens qu'à ce moment-là, pas mal de joueurs ont baissé la tête. Ils n'y croyaient plus. Mais j'ai pensé que c'était le moment d'avoir un discours positif, pour que les joueurs retrouvent des forces. C'est à ce moment-là que je me suis placé aux avant-postes et que je leur ai dit de jouer sur moi. Ça a fonctionné : ça a été un mélange de courage et de chance."

Cette décision relève aussi d'une inspiration, qu'il partage avec son entraîneur, Jürgen Klopp. En effet, ce n'était pas la première fois que le Borrusia tentait ce coup-là. "Je crois qu'on l'a fait contre Schalke, cette saison. Mais j'étais remplaçant et j'ai été lancé directement en attaque, seulement pour tenter de reprendre le ballon de la tête, alors que Mats Hummels était chargé d'envoyer de longs ballons. Ça n'a pas marché, ça prouve que ce nous vivons actuellement en Ligue des champions est exceptionnel", rigole-t-il.

Du diable vauvert
Et dire qu'il y a quelques mois, Felipe Santana s'accrochait pour ne pas baisser les bras, et luttait pour une place dans le onze titulaire. Après le doublé Coupe-championnat de la saison dernière, la charnière formée par Hummels et Neven Subotic a débuté l'exercice 2012/13 sur des bases élevées, reléguant le Brésilien au second plan. Pourtant, deux épisodes sont venus modifier le cours des choses.

"Juste avant cette période décisive de la saison, j'ai décidé de jouer cartes sur table avec l'entraîneur. Je lui ai dit qu'après quatre ans au Borussia, j'étais dans l'impasse. Je me souvenais des succès que nous avions connus ensemble, mais je lui ai dit que je préférais partir pour avoir du temps de jeu. Mais il m'a demandé de rester, il m'a dit qu'il avait besoin de moi. Puis il y a eu les blessures de mes coéquipiers."

Au final, Felipe est resté. Présent lors des matches importants de Bundesliga, il a joué un rôle prépondérant dans le huitième de finale de la Ligue des champions face au Shakhtar Donetsk, inscrivant notamment un but lors de la victoire 3:0 lors du match retour. Son tête-à-tête avec l'entraîneur avait donc eu du bon… Sa prestation contre Málaga l'a confirmé, à tel point que le Brésilien déroule une image intéressante pour évoquer les nouveaux objectifs de sa carrière.

"Quand je plaisante avec mes amis, je dis que mettre des buts en Ligue des champions, ça revient à être un anonyme et à se marier avec une star d'Hollywood : on se retrouve instantanément dans la presse et on devient une star. Mais je traverse aujourd'hui la meilleure période de ma carrière et j'ai de nouvelles ambitions. Avant, la Seleção représentait un rêve lointain à mes yeux. Aujourd'hui, je peux dire que c'est un peu plus concret, car ma cote est en hausse."

Les prochaines étapes
Les quarts ont donné lieu à une déferlante d'émotions, mais Felipe Santana et le Borussia Dortmund savent qu'ils doivent maintenant regarder devant eux. Lors de la prochaine échéance, les Allemands retrouveront un Real qu'ils ont déjà battu en phase de groupes, mais qui présente aujourd'hui un visage beaucoup plus redoutable.

"Les matches de la phase de groupes, c'était autre chose. Aujourd'hui, ce ne sont plus les mêmes", estime-t-il. "Ils possèdent le potentiel pour être champions. Mais nous aussi, on est plus forts qu'avant", ajoute-t-il. Et de se souvenir que José Mourinho est venu en personne observer Dortmund en déplacement, le 13 avril. "C'était contre la lanterne rouge, le Greuther Fürth. il était là. Ça prouve qu'il nous respecte et qu'il fera tout pour nous arrêter."

Bien que le défi soit immense et qu'il soit trop tôt pour envisager un remake de 1997, année qui avait vu le Borussia remporter son unique coupe européenne, l'esprit de Felipe Santana ne cesse de naviguer entre passé, présent et futur. Ainsi, il ne peut s'empêcher de se projeter vers ce que serait sa vie s'il aidait le club à conquérir un deuxième titre. "Aujourd'hui, déjà, on se régale. Imaginez ce que ça pourrait être si on élimine le Real et qu'on va chercher le titre. Pour moi, ce serait comme gagner une Coupe du Monde."

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