Mexique

Herrera et Lozano montrent la voie à Castillo

Hirving Lozano of Mexico looks on
© Getty Images
  • Hector Herrera et Hirving Lozano conseillent José Castillo
  • L'espoir de Pachuca est un grand admirateur des deux internationaux mexicains
  • Gros plan sur le fonctionnement de Pachuca, institution du football mexicain

La dernière marche que José Castillo doit encore gravir à 19 ans constitue le rêve de beaucoup d’enfants, que peu parviennent à concrétiser. Depuis neuf ans, il se concacre corps et âme à son objectif de passer professionnel dans le club mexicain de Pachuca.

Le chemin a été jalonné de satisfactions et de souffrances, mais il est parvenu à se distinguer sur le flanc droit des U-20 des Tuzos et à être convoqué avec les sélections de jeunes du Mexique.

À moins d’un mois du début du Championnat d’ouverture 2020, FIFA.com a rencontré Josesito, qui revient notamment sur son itinéraire aux côtés des dirigeants du club et sur  les conseils de deux stars issues de Pachuca : Hirving Lozano et Héctor Herrera.

Jose Castillo of Pachuca
© Others

Le haut de la pyramide

Tout commence il y a dix ans. Marco Garcés, directeur sportif de Pachuca, raconte : "Pachuca n’est pas une ville qui compte un gros vivier de joueurs. Cela nous oblige à aller en chercher dans d’autres États du Mexique. Si l’on cherche des jeunes de 15 ou 18 ans, c’est trop tard, ils sont déjà tous partis à América, aux Chivas, aux Tigres..."

Mais pour un enfant qui aspire à faire du football son métier, il n’est pas toujours facile de s’adapter à un nouvel environnement. "Ça a été difficile. Ma famille m’a beaucoup manqué, et le centre d’hébergement du club n’était pas forcément propice à l’épanouissement… À l’époque, c’était un peu austère donc c’était compliqué", confirme Hirving Lozano, joueur de Naples et international mexicain.

Castillo a droit à des installations récentes, ce qui se fait de mieux en la matière, mais la concurrence reste féroce : "Il y a dix ans, je suis arrivé au pied d’une pyramide : au fur et à mesure qu’on monte, il y a moins de place. Au début, il y a 20 candidats, mais très vite, il n’en reste plus que cinq. Et si on veut accéder à l’équipe première, il n’y a peut-être plus qu’un joueur qui y arrive. Tout le monde ne se voit pas offrir une opportunité de faire ses preuves".

Pachuca en chiffres

  • 16 observateurs et 300 écoles au Mexique
  • Une équipe de 22 joueurs par génération
  • 65 joueurs dans toutes les équipes nationales
  • 100 000 joueurs observés par an
  • 1 000 sont invités à faire un essai au club

"Quand je suis arrivé, il y a 25 ans, nous savions que nous ne voulions pas une équipe de football traditionnelle, qui se concentre seulement sur les aspects sportifs et économiques. Nous avons décidé d’emprunter un chemin plus coûteux et plus exigeant. Notre institution repose sur cinq piliers. Le premier, le plus important, est le pilier social, avec plus de 80 000 enfants qui s’entraînent dans nos entités. Ensuite il y a le pilier éducatif et le pilier culturel, qui nous donnent une excellente image, et qui viennent se joindre aux piliers sportif et économique." - Jesús Martínez, président du Club Pachuca

Hirving Lozano of Pachuca celebrates after scoring
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Une vie ensemble

À force de loger au même endroit et de fréquenter les mêmes classes, les pensionnaires finissent par former une famille. Le joueur de l’Atlético de Madrid Héctor Herrera a beau avoir quitté Pachuca il y a sept ans pour jouer en Europe, son attachement sentimental aux Tuzos est intact.

Il y a vécu des moments heureux, mais aussi des périodes difficiles. "J’ai été prêté à Tampico à 21 ans. À ce moment-là, j’ai envisagé d’arrêter le football et de chercher une autre voie. J’étais marié, mon épouse était enceinte et mon avenir au club n’était pas très clair. Je ne savais pas ce que j’allais devenir et je n’étais pas payé. C’est là que Pachuca m’a soutenu financièrement et je suis revenu pour y lancer ma carrière."

José Castillo a quant à lui vécu l’épreuve la plus difficile de sa vie au sein du club. "Mon frère a subi trois opérations du cœur. Ça a été une période très compliquée car lui aussi était à Pachuca. Il me voyait jouer alors que lui était dans l’incapacité de le faire. À chaque opération, sa vie était en jeu. Heureusement, il a réussi à s’en sortir."

Hector Herrera of Club Atletico de Madrid looks on
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Les conseils des anciens :

Héctor Herrera : "Étudier l’anglais et se préparer physiquement. Se renseigner sur le football européen et sur l’état d’esprit qui va avec. Ne jamais baisser les bras et travailler sans relâche pour réaliser ses rêves, car on ne sait jamais quand son jour viendra. Travailler toujours à 100 % pour être prêt le jour J et saisir l’opportunité quand elle se présente. Ça m’est arrivé : j’ai connu des périodes difficiles dans le football, où je n’ai pas été considéré comme je l’aurais voulu. Alors quand on me donne ma chance, je réponds présent."

Hirving Lozano : "Il faut accorder beaucoup d’importance à l’éducation, à l’apprentissage des langues, aux entraînements, à tout ce que le Club Pachuca offre aux pensionnaires. Quand on change de pays et qu’on arrive en Europe, c’est un autre rythme, une autre mentalité, ce qui est compliqué quand on vient du Mexique. Les jeunes doivent profiter de tout à fond car c’est très facile de tomber dans l’autosatisfaction et de laisser passer sa chance."

Une institution et une famille

L’aspirant boit les paroles de ses idoles. L’un vit en Espagne, l’autre en Italie et le jeune espoir est au Mexique, mais la distance est effacée par l’amour qu’ils portent tous trois à l'institution. "Je considère ce club comme une famille. On m’a appris qu’on forme une véritable famille et qu’il faut toujours y revenir. J’en ai parlé des tas de fois avec le président, Jesús Martínez : le jour où je reviendrai au Mexique, ce sera à Pachuca", assure Herrera.

Même son de cloche chez Chucky Lozano : "Ce club m’a formé dès mon plus jeune âge. Ici, je suis chez moi. Ce club m’a tout donné. On y trouve des amis, des frères. J’y ai vécu de super moments et le fait de me les remémorer maintenant me remplit de bonheur", termine-t-il.

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