FIFA Ballon d'Or

Kerr, la simple passion des Simple Minds

Jim Kerr (foreground) and his band, Simple Minds.
© Others

Chaque club de football a ses fans célèbres. Jim Kerr, chanteur du groupe Simple Minds, est un enfant du Celtic Glasgow. À 55 ans, le chanteur qui est monté sur scène pour la première fois avec son groupe en 1977, enchaîne albums et concerts depuis 40 ans. Son histoire d'amour avec la musique est donc ancienne, mais pas autant que celle qui le lie au Celtic. À la fin des années 1990, Kerr a même essayé de racheter son club de toujours. Six ans plus tard, il a enregistré une chanson avec Jimmy Johnstone, le plus grand joueur de l'histoire du Celtic.

Le mois prochain, les Simple Minds entameront une nouvelle tournée, où ils interpréteront évidemment les hits planétaires que sont Don't You (Forget About Me) et Alive & Kicking. Pour le groupe écossais, le périple débutera à Lisbonne. Tout sauf un hasard... C'est dans la capitale portugaise en effet que le Celtic a été sacré champion d'Europe en 1967. Au micro de FIFA.com, Kerr revient sur cette apothéose de l'histoire des Hoops et sur ce que cela veut dire d'être supporter de l'un des deux grands clubs de Glasgow. Il s'exprime également au sujet de l'imminente nomination du FIFA Ballon d'Or.

Jim, comment êtes-vous devenu fan du Celtic ?Je n'ai pas vraiment eu le choix. Comme la plupart des enfants à Glasgow, mon père m'a emmené au stade dès mon plus jeune âge et j'ai grandi avec le Celtic autour de moi. Ce club fait partie de ma personne depuis que je suis tout petit.

Parlez-nous du premier match du Celtic auquel vous avez assisté : une victoire 4:1 sur Manchester United, en 1966. Quels souvenirs en gardez-vous ?Ce fut quelque chose d'incroyable. Les gens parlent sans arrêt de l'atmosphère de Celtic Park. Beaucoup de très grands joueurs actuels disent qu'ils n'ont jamais vu une telle ambiance. Mais à l'époque, c'était encore mieux. C'était plus animé dans les tribunes. Les chants s'enchaînaient sans interruption pendant tout le match. Pour un garçon de six ou sept ans, être debout dans la Jungle (le virage le plus chaud de Celtic Park), c'était quelque chose d'hallucinant. Et puis il y avait l'équipe sur le terrain, qui avait un style et une classe incomparables.

Et quels souvenirs gardez-vous du match lui-même, côté terrain ?
Ce match n'avait d'amical que le nom. Il ne faut pas oublier que Manchester United était très fort à l'époque, avec dans ses rangs des joueurs comme Denis Law, Bobby Charlton ou George Best. Cette rencontre a eu lieu très peu de temps après le sacre de l'Angleterre, avec Charlton et quelques autres joueurs de Manchester, dans la Coupe du Monde 1966. Mais ce jour-là, le Celtic leur a donné une leçon. J'ai eu de la chance, car j'ai grandi à l'époque de la plus belle équipe du Celtic de tous les temps, avec neuf titres de champion d'Écosse consécutifs, deux finales de Coupe d'Europe et plusieurs quarts de finale et demi-finales. C'était une période passionnante à plusieurs points de vue : les Beatles, le premier homme sur la lune et le Celtic sur le toit de l'Europe. Que demander de plus ?

C'est la première fois que vous alliez voir un match à Celtic Park, mais vous aviez vu une rencontre de Coupe du Monde peu de temps auparavant. Quels souvenirs gardez-vous de ce baptême au stade ? Durant l'été 1966, mon père travaillait dans le nord-est de l'Angleterre, alors il m'a emmené voir le match entre l'Union soviétique et la Corée du Nord au Roker Park de Sunderland. Je me rappelle qu'un peu avant d'aller au stade, ma mère a dit à mon père, qui était un socialiste pur et dur : "Tu vas aller encourager les cocos !". De ce jour-là, je me souviens surtout d'avoir vu Lev Yashin. À l'époque, il était considéré comme le meilleur gardien du monde. Il était habillé tout en noir et avait l'air majestueux. Ce fut une expérience passionnante.

Un an plus tard, c'est devant la télévision que vous avez assisté à la victoire du Celtic sur l'Inter Milan (2:1) à Lisbonne, en finale de Coupe d'Europe. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?Il m'en reste beaucoup. Ma maîtresse d'école à l'époque s'appelait Miss Kelly. Tout le monde avait peur d'elle. Le matin du match, juste avant le moment de la prière, Bernard Rudden - qui est toujours l'un de mes meilleurs amis - dit d'un seul coup : "Miss Kelly, est-ce qu'on pourrait dire une prière pour le Celtic à Lisbonne ?". Elle regarde vers lui et répond : "Bien sûr, Rudden". Alors tout le monde s'est mis à prier et en plus, on nous a permis de rester à la maison cet après-midi là pour regarder le match ! Il y avait une excitation pas possible. Tout le monde faisait la fête simplement à l'idée que le Celtic allait jouer la finale. Il y avait une fierté immense. Je me souviens également de la peur qui s'est soudainement emparée de tout le monde quand l'Inter a ouvert le score, tôt dans la partie. Mais quand nous avons égalisé, j'ai immédiatement été convaincu que nous allions gagner. Avec Simple Minds, nous avons commencé notre dernière tournée à Lisbonne et en tant que fan du Celtic, je suis allé faire un pèlerinage à l'Estadio Nacional. De nos jours, il n'est utilisé qu'une fois par an et le reste du temps, il ne s'y passe rien. Quand nous avons demandé au gardien si nous pouvions aller voir la pelouse, il nous a immédiatement demandé : "Vous êtes écossais ?". Il nous a laissé entrer. Miraculeusement, il y avait un ballon sur le terrain. Nous sommes alors allés sur la pelouse nous amuser à essayer de recréer les buts de cette finale.

Vous avez enregistré une chanson avec *Jimmy Johnstone, l'un des *Lions de Lisbonne vainqueurs de la Coupe d'Europe des Clubs Champions. Comment cet enregistrement s'est-il passé ?*Ce fut fantastique. Jimmy m'a dit : "J'ai trouvé un air". Je lui demande lequel et il me répond : "Bed of Roses, de Bon Jovi". Je lui dis aussitôt qu'il n'en est pas question, qu'il faut un air traditionnel. Même si son interprétation de la chanson de Bon Jovi était excellente, nous avons finalement choisi *Dirty Old Town. Je dois dire que j'adore sa version. Il est bien meilleur que moi dans cet enregistrement.

Vous avez emmené l'un de vos amis, Bono, voir un Old Firm, le derby de Glasgow, dans les années 1980. Qu'en a-t-il pensé ?Je me souviens qu'il a dit que ça ressemblait à un spectacle de la Rome antique. C'est probablement assez proche de la vérité. Au cours de ce match, un joueur a été évacué sur une civière. Les brancardiers devaient faire le tour du terrain. Malgré sa blessure, le joueur allongé s'est fait insulter par les supporters pendant tout le trajet jusqu'au vestiaire. Ce genre d'atmosphère était tout à fait normal. Quand l'équipe qui jouait à domicile obtenait un corner, ça provoquait les mêmes hurlements que si elle venait de marquer le but du 3:0. J'ai eu l'occasion d'emmener plusieurs copains voir un Old Firm pour la première fois. L'intensité y est vraiment particulière et les gens adorent ça.

Il y a deux ans, vous avez assisté à la victoire du Celtic sur Barcelone en Ligue des champions de l'UEFA. Comment était cette soirée ?Fantastique. Je suis allé à ce match avec mon père et mon fils, qui aime le Celtic, même si ayant grandi à Londres, il préfère Arsenal. Cela dit, il a adoré, car il n'avait jamais rien vu de tel. Je me souviens du moment où Barcelone a fait entrer en jeu David Villa et Cesc Fabregas. Nous avons répondu en faisant entrer un adolescent de Glasgow, Tony Watt. C'est lui qui a marqué le but de la victoire. Il a fait ça avec une confiance incroyable, presque au ralenti, comme s'il était certain depuis le début qu'il allait marquer.

Ce soir-là, Lionel Messi avait sauvé l'honneur pour Barcelone. Cette année, il fait partie des trois finalistes du FIFA Ballon d'Or, avec Manuel Neuer et Cristiano Ronaldo. Pour qui voteriez-vous ?Ce sont trois grands joueurs mais franchement, je pense que Gareth Bale devrait lui aussi être sur ce podium. J'aime beaucoup Messi car au-delà de son talent évident, il possède une humilité que Ronaldo n'a pas. Ces deux-là dominent le football actuellement et je ne pense pas que Neuer puisse les inquiéter. Mais dans les années à venir, je vois bien Bale remporter ce prix. C'est un joueur fascinant à voir jouer. Je pense que Luis Suarez a lui aussi sa chance. Je l'aime bien, je n'y peux rien. C'est un vrai punk !

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