Coupe du Monde de Futsal de la FIFA 2016

L'Australie du fond de la salle au devant de la scène

Gregory Giovenali of Australia celebrates scoring
© Getty Images

En Australie, le football a effectué une percée majeure au cours de la dernière décennie, mais le futsal continue de faire profil bas malgré une certaine popularité dans les banlieues des principales villes du pays. Pour combler ce retard, l'Australie aborde la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA 2016 avec un objectif bien précis : la qualification pour la phase à élimination directe.

Les *Futsalroos *disputeront en Colombie leur septième épreuve mondiale et jusqu'à présent, ils n'ont encore jamais passé la phase de groupes. S'ils y parviennent cette année, ils pourront alors braquer quelque peu la lumière des projecteurs sur leur sport. "Nous avons beaucoup d'enfants qui jouent au futsal, mais arrivés à l'adolescence, ils optent plutôt en faveur du football," explique au micro de FIFA.com le capitaine Greg Giovenali. "Les jeunes n'envisagent même pas de faire carrière dans le futsal. Pour la plupart d'entre eux, c'est une manière de progresser avant de retourner au football, mais nous gagnerions peut-être à proposer à ces joueurs quelque chose d'assez intéressant pour qu'ils restent plus longtemps avec nous et aident l'équipe nationale."

L'Australie n'aura cependant pas la tâche facile puisqu'elle se retrouve dans un groupe composé du Brésil, référence planétaire, de l'Ukraine, poids lourd européen, ainsi que du Mozambique, novice à ce niveau de compétition. "Sortir de notre groupe serait un accomplissement phénoménal, nous écririons une page d'histoire de notre équipe et de notre pays", avoue Giovenali. "Mais tous les joueurs ont très envie d'entrer dans les annales, c'est notre objectif à tous. Nous n'avons pas tous les jours la chance de nous mesurer au Brésil, la meilleure équipe du monde. Nous allons en quelque sorte passer au révélateur, mais c'est aussi une belle opportunité", confie celui qui fêtera pour l'occasion ses retrouvailles avec Serginho, l'actuel sélectionneur du Brésil et accessoirement son ancien coéquipier à la Lazio Rome. 

Une première étape et un programme chargé
"Nous voulons montrer que nous sommes en mesure de rivaliser malgré nos ressources limitées, ça a toujours été l'une des motivations de l'équipe", précise le capitaine. "Si nous parvenons à nous qualifier, ça pourrait peut-être montrer ce que nous pourrions être capables de faire avec un environnement ou un championnat plus professionnel. Une bonne Coupe du Monde pourrait donc être une première étape pour faire avancer les choses."

Giovenali est conscient des exigences du haut niveau. Pendant sept ans, il a vécu en Italie, le pays de ses grands-parents, et y a défendu les couleurs de la Lazio au sein du réputé championnat local. Il est ainsi l'un des rares Australiens, avec Toby Seeto, à avoir côtoyé le gratin de la discipline et à pouvoir s'enorgueillir d'un passé professionnel.  Pour le reste, l'Australie est l'une des équipes encore amatrices de cette Coupe du Monde. Giovenali possède d'ailleurs maintenant lui aussi ce statut, même s'il parvient tant bien que mal à continuer à vivre de sa passion en enseignant le futsal dans les écoles depuis dix ans.

Mais Giovenali, installé à Sydney, s'entraîne également quatre soirs par semaine dans les deux disciplines, football et futsal, et dispute au moins deux matches hebdomadaires. "L'équilibre est très difficile à trouver", confirme celui qui fêtera ses 29 ans dans quelques jours avant de se rendre à son prochain entraînement. "Ce n'est pas vraiment une vie, surtout quand il faut se préparer pour un événement tel que celui-ci. Quand on rentre à la maison le week-end, on est tellement fatigué qu'on a plus envie de faire grand-chose. Parfois, il faut faire le choix entre représenter son pays ou aller à l'anniversaire d'un ami. C'est dur, mais il faut savoir faire des sacrifices. La récompense, c'est quand l'hymne national retentit avant une rencontre internationale. Vous réalisez alors que ça en valait la peine. Rien que d'y penser, j'en ai la chair de poule." Son prochain grand rendez-vous avec ses émotions aura le 11 septembre avec l'Australie face au Mozambique.

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