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L'art magique de la peinture sur crampons 

  • La Paraguayenne Lili Cantero a 25 ans
  • Ses œuvres ont séduit Messi, Guerrero, Dani Alves et Santa Cruz
  • Cantero : "Ma peinture est la dernière chose qui touche le ballon avant le but"

"Celles de Messi devaient être les dernières. Mais ensuite, j'ai compris que mon travail allait au-delà de la simple peinture sur chaussures". Lili Cantero narre son histoire avec une spontanéité contagieuse. L'histoire d'une artiste dont les œuvres ont séduit des stars du football, telles que Lionel Messi, Carles Puyol, Paolo Guerrero, Roque Santa Cruz, Dani Alves et Paulo Da Silva.

Une histoire qui a débuté à des kilomètres du ballon rond. "J'avais 21 ans. Je voulais m'acheter des espadrilles, mais aucune ne me plaisait. Elles étaient banales et je cherchais quelque chose d'original", raconte Lili à FIFA.com. "Alors, j'en ai acheté des blanches et j'ai peint dessus des portraits des Beatles. C'est comme cela que tout a commencé."

L'université lui a ouvert la voie. "En 2005, je suivais des cours de comptabilité et de stylisme. Il nous a été demandé de créer une entreprise dans le cadre d'un projet. J'ai soumis une ligne d'espadrilles composée de dix modèles. J'ai tout vendu, j'ai réussi l'examen et mes amies m'en ont commandé !"

C'est là que le ballon rond s'est immiscé dans son art. "Quelqu'un m'a suggéré de peindre des chaussures de football. J'ai essayé divers matériaux et techniques, et je m'y suis mise. J'ai créé la première paire pour Milton Benítez (aujourd'hui au Pérou). Il m'a demandé 'le visage de Bob Marley avec les couleurs du reggae'. Le résultat a plu à mes amis footballeurs. Alors j'ai continué."

Elle s'est fait connaître pendant les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™, grâce à un joueur de la sélection paraguayenne. "J'ai commencé à travailler avec un magasin de sport, qui m'a mise en contact avec Derlis González. Il m'a laissé le champ libre : j'ai peint le drapeau, le lion guaraní, une maxime… des éléments culturels. C'était accrocheur. Il a porté les chaussures lors de la rencontre contre le Brésil à Asunción et il a publié une photo qui a fait le tour du monde."

Pour Lili, le football se résumait jusque-là à suivre son club de cœur, l'Olimpia, et les grands matches de l'Albirroja. "Maintenant, je regarde et je lis tout, pour trouver des informations sur les joueurs dont je vais peindre les crampons. Surtout s'ils veulent quelque chose de personnalisé." Et dire qu'elle a failli tout abandonner…

L'avant et l'après Messi

Lili a traversé une crise mi-2017. "J'avais décidé de laisser tomber, parce que j'arrivais au terme de mes études et je pensais qu'il me serait difficile de vivre de mon art. De plus, je subissais des critiques et des préjugés de la part du milieu machiste qu'est le football."

Comment pensait-elle clore ce chapitre ? "En offrant ma dernière création à Messi. Pas pour des raisons commerciales, mais parce que j'admire l'homme. Je m'identifie à lui. Il est humble, discret. Il n'a pas cherché la célébrité, il l'a connue parce qu'il est brillant."

Restait à lui envoyer les chaussures. "Un ami qui vit à Barcelone les a déposées au club. Je n'étais pas sûre qu'elles lui parviennent, mais un jour j'ai reçu une photo sur laquelle il les tenait. Un de ses frères m'a même écrit pour me remercier."

Elle a eu un déclic. "J'ai compris que mon travail avait de la valeur, que je pouvais trouver le moyen d'en vivre." Donner un sens à son art l'a libérée. "À travers mes dessins, l'identité du footballeur, et peut-être un peu de la mienne, imprègne les crampons. C'est fabuleux !"

Et ce n'est pas tout. "J'ai aussi réalisé que je pouvais montrer le bon côté du football. Ici, on le vit avec passion. Je devais restituer cette ferveur."
"En un sens, la dernière chose qui touche le ballon avant le but est le crampon, et donc ma peinture. Vu sous cet angle, c'est magique !", conclut-elle.

Anecdotes

• Pure créativité. "Un ami de Dani Alves a voulu le surprendre et m'a laissé carte blanche. Le dessin comprend le drapeau du Brésil, les maillots des clubs dont il porté les couleurs, son surnom, une scène qu'il a racontée dans une interview… Il a adoré !"*

Originalité (I). "Ariel Nahuelpan m'a demandé de m'inspirer des dessins animés qu'il regardait quand il était petit : Looney Toons, Donald, Tom et Jerry."

• Originalité (II). "L'épouse de Pablo Zeballos a souhaité un modèle basé sur les dessins de leurs enfants pour lui offrir les chaussures le jour de la fête des Pères."

Contre la montre. "Je demande un délai d'une semaine pour chaque dessin, mais j'ai fait en quatre jours ceux de Paolo Guerrero, Álvaro Pereira et Roque Santa Cruz."

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