Journée internationale de la famille

Le succès, une affaire de famille

The Best FIFA Football Awards - Photo Booth
© Getty Images
  • La Journée internationale de la famille est célébrée chaque année, le 15 mai
  • La réussite est souvent une histoire de famille
  • Des frères, des sœurs, des jumeaux et même des pères et des fils

En cette Journée internationale de la famille ce vendredi 16 mai, FIFA.com se penche sur le cas du football qui possède son propre lot d’histoires de dynasties et d'épopées familiales. En effet, il n’est pas rare que les enfants partagent la passion de leurs parents pour le ballon rond. Le phénomène n’a rien de mystérieux. Il est particulièrement tentant pour un jeune de marcher sur les traces de ses aînés, dans l'espoir d’entendre un jour son nom scandé dans tous les stades du pays.

Les exploits de Kasper Schmeichel qui, en 2016, a contribué au sacre inédit de Leicester City en Premier League anglaise, ne sont pas sans rappeler ceux de son père, Peter. Les deux hommes occupent le même poste (gardien de but) et ont été sacrés champion d’Angleterre le même jour, un 2 mai, à 23 ans d’intervalle. Peter a remporté son premier titre avec Manchester United à 26 ans, mais la performance de son fils est peut-être encore plus impressionnante. Les Schmeichel forment en tout cas le premier duo père-fils à remporter le championnat d’Angleterre depuis Ian Wright et Shaun Wright-Phillips.

Thibault, le fils d’Alain Giresse, a, lui aussi, fait carrière dans le football. Son parcours l’a mené dans différents clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, même s'il n’est jamais vraiment sorti de l’ombre de son père. Il faut dire qu’Alain, membre du fameux Carré Magique des Bleus entre 1982 et 1986, avait placé la barre très haut. Il en va de même pour Jordi Cruyff qui, malgré une carrière très honnête, a toujours souffert de la comparaison avec son père, Johan.

Néanmoins, il n’est pas rare de voir les enfants surpasser leurs parents, même lorsque ceux-ci sont d’anciens champions du monde. "Autrefois, on disait que Thiago et Rafinha [Alcantara] étaient les fils de Mazinho. Aujourd’hui, c’est l’inverse : on me présente comme le père de Thiago et Rafinha", explique l’ancien international brésilien, membre de la Seleçao sacrée championne du monde en 1994 aux États-Unis. Les deux fils de l’ex-milieu de terrain ont, pour leur part, remporté la Ligue des champions de l'UEFA avec le FC Barcelone. Thiago, l’aîné, évolue aujourd'hui au Bayern Munich, le club le plus titré d’Allemagne. "Ainsi va la vie. Mon temps et révolu ; aujourd’hui, c’est à leur tour de goûter au triomphe. Je ne pourrais pas être plus heureux ou plus fier. Ils m’ont largement dépassé."

"Dans un sens, j’ai de la chance de n’avoir jamais travaillé sous les ordres de mon père, car il aurait sûrement été encore plus exigeant", estime pour sa part Johan Gerets, fils de l’ancien international belge et entraîneur Eric. "Il a toujours pensé que je n’avais pas le niveau pour jouer en première division et il ne s’est jamais privé de me le dire. Quand on est jeune, ce n’est pas toujours très facile à entendre."

Lorsqu’un père entraîne son fils, comme cela a pu être le cas pour les Gourcuff à Rennes ou les Maldini en équipe d’Italie, il n’est pas rare que l’exigence paternelle l’emporte sur l’objectivité. "On m’a déjà dit que j’étais trop dur avec lui", confie Jean-Michel Cavalli, qui a travaillé avec son fils Johan à Nîmes.

"J’ai entendu à peu près la même chose", confirme l'intéressé. "Peut-être que certaines personnes tiennent un autre discours quand j’ai le dos tourné, mais on ne peut rien y faire. Les gens sont comme ça. En tout cas, je suis sûr d'une chose : à chaque fois que j’étais en compétition avec un joueur d’un niveau équivalent au mien, c’est lui que mon père choisissait."

Mazinho and his kids
© FIFA.com

Les pères et les fils ne sont toutefois pas les seuls à s'illustrer au plus haut niveau. Depuis longtemps, les fratries jouent un rôle de premier plan dans le football international. Trois des treize équipes réunies en Uruguay en 1930 pour disputer l’édition inaugurale de la Coupe du Monde de la FIFA™ comptaient au moins deux frères dans leurs rangs. Le Mexique remporte la palme dans ce domaine, avec quatre frères issus de deux familles différentes.

Cette tradition a perduré au fil des ans. On a même assisté à des triomphes familiaux. En 1954, Fritz et Ottmar Walter ont ainsi remporté ensemble la Coupe du Monde sous les couleurs de l’Allemagne de l’Ouest. Citons également les frères Charlton, Jack et Bobby, qui ont inscrit leurs noms au palmarès de l’épreuve suprême, douze ans plus tard.

Les jumeaux sont nombreux à avoir connu leur heure de gloire au plus haut niveau. Le duo le plus célèbre reste sans doute celui formé par René et Willy van de Kerkhof, qui ont atteint la finale de la Coupe du Monde à deux reprises avec les Pays-Bas, en 1974 et 1978. Frank et Ronald de Boer, qui ont réalisé l’essentiel de leur carrière ensemble et qui fêtent leurs 50 ans ce vendredi, leur ont succédé 20 ans plus tard.

De boer Brothers
© FIFA.com

La confrontation entre Jérôme et Kevin-Prince Boateng, qui se sont croisés pour la première fois lors de la Coupe du Monde 2010, restera dans les annales comme une véritable curiosité. En effet, le premier a choisi de représenter l’Allemagne, tandis que le second a opté pour les couleurs des Black Stars du Ghana. Le duel s’est soldé par une courte victoire (1-0) des triples champions du monde. Avant la rencontre, Kevin-Prince s’était confié aux reporters de FIFA.com : "C’est une situation extraordinaire pour moi. Mais je promets aux supporters du Ghana de tout faire pour gagner, peu importe que nous jouions face à mon frère, mon père ou ma mère". De son côté, Jérôme s’était montré tout aussi motivé : "Je vis en Allemagne. J’aime ses habitants et leur mentalité. La décision de Kevin ne regarde que lui. Il restera toujours mon frère et je lui souhaite le meilleur quoi qu’il arrive".

Germany's defender Jerome Boateng (L) embraces his brother, Ghana's forward Kevin-Prince Boateng
© AFP

Il existe différentes façon d’entrer dans la légende de la Coupe du Monde de la FIFA™. La présence de trois frères au sein d'une même équipe constitue sans doute l’une des plus originales. Lors d’Afrique du Sud 2010, les Palacios, Jerry, Jhony et Wilson, ont, à leur manière, écrit une page d’histoire. "Le Honduras n’avait plus disputé la Coupe du Monde depuis 28 ans. En soi, c’est déjà une aventure extraordinaire d’être là. J’ai énormément de chance de pouvoir profiter de cette expérience en compagnie de mes deux frères. C’est quelque chose dont nos enfants et nos petits-enfants parleront encore dans longtemps", affirme Jerry.

Jhony Palacios, Jerry Palacios and Wilson Palacios of Honduras pose for a photo.
© Getty Images

L’histoire indique que les Écossais John et Archie Goodall sont les premiers frères à avoir représenté deux équipes nationales différentes. Par une curieuse ironie du sort, aucun des deux n’a jamais eu l’occasion de défendre les couleurs de son pays d’origine ! John est né en Angleterre, ce qui l’a amené à intégrer les rangs des Three Lions. Né à Belfast, son frère Archie a, quant à lui, opté pour la sélection d’Irlande du Nord. Si les deux frères ont joué dans des équipes nationales différentes, ils se sont retrouvés en club, à Preston North End. Lors de la saison 1888/89, les Lillywithes sont restés invaincus, remportant au passage le championnat d’Angleterre et la FA Cup. Les frères Goodall ont également joué ensemble à Derby County.

Le cas de Sone Aluko et de sa sœur Eniola est, en revanche, unique au monde. Cette dernière a participé à deux éditions de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ avec l’Angleterre, ainsi qu’au Tournoi Olympique de Football féminin, sous les couleurs de la Grande-Bretagne en 2012. Son frère, en revanche, a fait ses premiers pas sur la scène internationale sous les couleurs du Nigeria. Sone a pris sa décision en conscience. "J’en ai parlé à mes proches. Ils étaient tous derrière moi. Au bout du compte, j’ai simplement laissé parler mon cœur."

Qui dit frères, dit forcément sœurs. Là encore, les exemples ne manquent pas. Yuki Ogimi et Asano Nagasato ont atteint la finale de la Coupe du Monde Féminine 2015 avec le Japon. Les sœurs Hegerberg, Ada et Andrine, ont longtemps fait les beaux jours de l’équipe de Norvège féminine.

La Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, Papouasie-Nouvelle-Guinée 2016 a vu s’affronter deux sœurs jumelles. Sabrina Flores jouait pour les États-Unis, tandis que Monica portait le maillot du Mexique. "C’est une situation un peu bizarre", confiait Monica au micro de FIFA.com.

Sabrina Flores of United States and Monica Flores of Mexico
© Getty Images

Pour conclure cet hommage à la Journée internationale de la famille, nous avons voulu braquer nos projecteurs sur les Gudjohnsen et les Inzaghi qui, non contents de briller sur le terrain, se sont aussi illustrés sur les bancs de touche. En effet, l’ancien champion du monde Filippo rêve d’accéder à la Serie A aux commandes de Benevento. Il y retrouverait son frère Simone, qui dirige la Lazio, actuel dauphin de la Juventus.

La plus célèbre dynastie de footballeurs islandais mérite elle aussi une mention spéciale. Si Arnor et Eidur Gudjohnsen n’ont jamais eu l’occasion de jouer ensemble en club, le second a remplacé son père lors de la deuxième mi-temps d’un match amical contre l’Estonie, en 1996. Cet événement marque symboliquement le passage de témoin entre deux générations. Tandis qu’une carrière s’achevait, l’autre commençait.

"Mon plus grand regret, c’est que nous n’ayons pas eu l’occasion de nous retrouver en même temps sur le terrain. Je sais que c’est la même chose pour Eidur", confie Arnor.

In Focus: Famous Footballing Father And Sons
© Getty Images

Articles recommandés