Viêt-Nam

Le Viêt-Nam à la sauce étrangère

Vietnam's midfielder Quang Hai Nguyen (2nd-L) celebrates after scoring a goal 
© AFP
  • Le Viêt-Nam connaît le succès depuis quelques années
  • Titre régional et première Coupe d'Asie
  • Le président de la VFF parle de la politique du sélectionneur étranger

"Choisis le sage et suis-le". Cet ancien adage national, le Viêt-Nam l'a parfaitement adopté en décidant de ne faire appel qu'à des entraîneurs étrangers pour faire progresser leur football.

Cette habitude, qui remonte à une vingtaine d'années, a souvent porté ses fruits. Mais jamais autant qu'actuellement puisque sous la houlette de Park Hangseo, son sélectionneur sud-coréen, le Viêt-Nam a obtenu sa première qualification à la Coupe d'Asie de l'AFC, en 2019 aux Émirats Arabes Unis. Sa seule autre participation (outre celles en tant que Viêt-Nam du Sud) était en tant que co-organisateur, il y a 12 ans.

En tout cas, les Dragons dorés n'ont certainement pas eu le trac dans leur match d'ouverture du Groupe D la semaine dernière face à l'Irak, à qui ils ont tenu tête en prenant l'avantage à deux reprises avant de s'incliner 3-2 face aux vainqueurs de l'édition 2007. Et malgré un deuxième revers (2-0) face aux géants iraniens dans le match suivant, ils se sont repris en battant le Yémen sur le même score mercredi et peuvent encore rêver d'une qualification pour les huitièmes.

"M. Park fait partie des entraîneurs étrangers les plus accomplis avec notre équipe nationale depuis quelques années", s'est réjouit Le Khanh Hai, président de la Fédération vietnamienne de football (VFF), auprès de FIFA.com après le dernier match du groupe. "Sous ses ordres, l'équipe fait preuve d'une très grande détermination et fait de belles choses."

Le sélectionneur est toujours étranger

Sa première tentative de qualification en tant que pays unifié, le Viêt-Nam la vit pour la Coupe du Monde de la FIFA 1994™, mais une seule victoire en huit rencontres ne suffit pas. Cet échec fait toutefois naître des vocations et surtout la passion du pays pour le football : la VFF embarque alors dans la grande aventure du développement à long terme et décide d'appliquer une politique stricte du sélectionneur étranger. Ainsi, l'Allemand Karl Heinz Weigang est le premier à prendre les rênes de l'équipe nationale en 1995.

"Pour passer au niveau supérieur, nous avons compris qu'il était nécessaire de nous tourner vers les pays développés en matière de football, pour puiser dans leurs connaissances du jeu", se souvient Le. "Nous avons donc envoyé une invitation à M. Weigang et il est venu au Viêt-Nam."

Dirigés par l'ancien sélectionneur du Ghana, les Vietnamiens connaissent un succès révolutionnaire en terminant troisièmes au Championnat de l'AFF 1996 (le championnat d'Asie du Sud-est également connu sous le nom de Tiger Cup à l'époque).

Suit alors l'Autrichien Alfred Riedl, qui mène le Viêt-Nam en finale de l'édition 1998, avant que le Portugais Henrique Calisto ne reprenne le flambeau en 2002. Ces deux hommes allaient faire le bonheur de l'équipe nationale : Riedl la fait jouer un quart de finale de la Coupe d'Asie 2007 en tant que co-hôte et Calisto lui offre son tout premier titre régional au Championnat de l'AFF 2008.

Pourtant, c'est bien Park qui a connu le plus grand succès, pour l'instant. Sous ses ordres, le Viêt-Nam est entré dans l'histoire en participant à la finale du Championnat U-23 de l'AFC 2018 tandis que les A ont remporté leur deuxième titre régional le mois dernier. Sans oublier la toute première participation à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA en 2017.

"Les deux triomphes en Championnat de l'AFF ont donné un coup de fouet à notre développement", affirme Le. "Le monde du football et les supporters n'en sont que plus motivés et encouragés. Cela apporte de la fierté au pays. Ces exploits doivent être attribués à toutes les personnes qui nous aident, en particulier à notre Premier ministre, M. Nguyễn Xuan Phuc, qui nous soutient afin que nous progressions plus encore."

"En coopérant avec ces entraîneurs étrangers, nous avons appris le professionnalisme, la concentration et la discipline à l'entraînement. Les connaissances acquises vont bien au-delà des aspects tactiques et techniques. Nous comprenons désormais l'importance du mental et de l'alimentation par exemple."

"De plus, ils partagent leur savoir-faire avec nos entraîneurs locaux lors de séminaires techniques. Comme je l'ai dit, nous devons poursuivre cette politique pour passer à la vitesse suivante", conclut-il.

Les entraîneurs étrangers notables du Viêt-Nam
Karl Heinz Weigang 1995-97
Alfred Riedl 1998-2000, 2003, 2005-2007
Henrique Calisto 2002, 2008-2011
Edson Tavares 1995, 2004
Toshiya Miura 2014-2016
Park Hang Seo depuis 2017

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