Coupe des Confédérations de la FIFA 2013

Mata : "J'ai envie de connaître l'endroit où je vis"

Juan Mata (L) of Spain vies with Martin Caceres of Uruguay
© AFP

Juan Mata sera l'un des joueurs espagnols à suivre à la Coupe des Confédérations de la FIFA. Récent vainqueur de l'UEFA Europa League avec Chelsea, le milieu de terrain se distingue sur le terrain, mais aussi en dehors, où il présente un profil atypique par rapport à ses collègues.

Il avale biographies et romans lors des stages, histoire d'évacuer la pression. Il mène deux cursus universitaires de front, lorsque le ballon rond lui laisse quelque répit. Il se perd dans les rues de Londres pour assouvir son insatiable curiosité. À 25 ans, Mata vit l'une des périodes fastes de sa carrière. Avec FIFA.com, il parle de sa vie, de sa passion pour la capitale anglaise et de ses aspirations pour la compétition brésilienne.

Le coup d'envoi de la Coupe des Confédérations de la FIFA approche à grands pas. Comment vous sentez-vous ?
Je suis très motivé, j'ai très envie. J'ai envie de vivre une autre Coupe des Confédérations. J'ai travaillé très dur toute la saison pour que les choses se passent bien.

Le fait que le Festival des Champions se dispute en Amérique du Sud, où les joueurs européens n'évoluent jamais, constitue-t-il un défi ?
Oui, c'est la première fois que j'irai au Brésil. On va jouer des matches officiels en Amérique, ce qui est une première pour nous, et on va faire connaissance avec le pays organisateur de la Coupe du Monde. On va découvrir les stades, l'atmosphère, qui doit être géniale, et préparer la Coupe du Monde.

Quelle est la chose qui vous fait le plus vibrer dans cette nouvelle expérience ?
Quand on joue au Brésil, on pense tout de suite au Maracanã. Ce serait génial d'y jouer la finale... et de la gagner !

L'Espagne est double championne d'Europe et championne du monde. À quoi remarquez-vous que ce statut suscite davantage de respect de la part de vos adversaires ?
C'est surtout dans ce qu'on entend avant les matches, mais ça trouve également un prolongement sur le terrain. L'Espagne vit la meilleure période footballistique de son histoire et ses adversaires veulent la regarder dans les yeux. On a la sensation que c'est particulier de jouer contre nous. C'est une source de fierté. Un coéquipier m'a dit qu'un jour dans son club, avant un match amical, on lui avait demandé de lever un peu le pied car on jouait très bien.

Pourquoi êtes-vous indéboulonnable à Chelsea et pas en équipe nationale ?
En équipe nationale, nous sommes très nombreux à sentir que nous avons un rôle important en club. Après, il ne peut y avoir que 11 joueurs sur le terrain et il y a beaucoup de concurrence. J'ai déjà pu vivre trois grandes compétitions. Mon unique objectif, c'est de continuer à faire partie de l'aventure.

On continue à vous appeler Johnny Kills (traduction littérale de son nom en anglais) dans le vestiaire de Chelsea ?
(Rires) Un peu moins maintenant, car celui qui m'appelait comme ça, c'était Sturridge et il est parti à Liverpool. Dans le vestiaire, les autres gars m'appellent Juan, en espagnol. Enfin ils essaient, car ils sont rares à y arriver. La plupart prononcent ça comme le numéro "un" en anglais, "one". Ils n'arrivent pas à faire la jota

Comment gérez-vous votre célébrité dans les rues de Londres ?
Bien. Maintenant, je remarque que les gens me reconnaissent davantage, peut-être parce que c'est ma deuxième année ici, mais pour un footballeur, cette ville est la plus tranquille qui soit. C'est très grand, beaucoup de gens ne suivent pas le football et on peut mener une vie plus normale qu'en Espagne.

Arrivez-vous à vous sentir anonyme malgré votre statut de star ?
Oui, très souvent. Je vais à Soho, un quartier que j'adore, ou à Camden Town. Là-bas, je me fonds dans la masse. Je peux aller au centre, me promener ou prendre les transports en commun sans problème. Quand je me rends au centre en métro, parce qu'on est à l'heure de pointe et que c'est impossible de circuler, il arrive que les gens me reconnaissent et me saluent, mais je ne me sens jamais mal à l'aise. Je peux me balader tranquillement, avec des amis, en discutant.

En général, les footballeurs vivent dans les faubourgs, mais vous avez choisi de vivre à Londres même, au bord de la Tamise. Pourquoi ?
En général, ce sont ceux qui ont des enfants qui vivent en périphérie, parce que c'est très calme. C'est une question d'étapes dans la carrière. Pendant ces premières années, où je suis encore jeune, j'ai envie de connaître l'endroit où je vis. Me promener, prendre un café en ville… Des choses de ce genre.

Quels quartiers vous passionnent ?
Ce qui est extraordinaire à Londres, c'est qu'il y a plusieurs villes dans la ville, plusieurs atmosphères différentes. J'aime le quartier de Chelsea. Il y a des quartiers pour acheter des vêtements, comme Camden. Il y a pas mal de choses sympas et différentes à Notting Hill… Londres est cosmopolite et différente de ce à quoi j'avais été habitué.

Jouez-vous au guide touristique pour votre famille et vos amis ?
La première année, je les accompagnais tous dans les lieux emblématiques et je leur montrais. Maintenant, je leur donne le guide et je les laisse y aller seuls ! (rires) Moi, j'essaie de découvrir des lieux nouveaux : j'aime beaucoup écouter de la musique live et jouer au ping-pong.

Vous décrivez-vous comme quelqu'un de curieux ?
Avide de découvrir la ville qui m'entoure : où je vis, comme elle respire, ses habitudes… C'est de famille. Ma sœur voyage tout le temps. Depuis tout petit, on est curieux de connaître la vie sous différents angles. J'ai pris mon sac à dos et je suis parti avec des amis sur les îles grecques, plus récemment dans l'Ouest américain… Je voulais voir à quoi ressemblaient les villes.

Jouez-vous à Chelsea car vous vouliez vivre à Londres ?
Cette décision, je l'ai prise car je voulais jouer dans un club de premier plan. C'est le cas de Chelsea, qui veut gagner des titres. Mais c'est sûr que le fait de venir dans cette ville a aussi pesé dans la balance.

Vous voyez-vous jouer dans un endroit où vous ne pourrez pas satisfaire votre curiosité extra-footballistique ?
Je ne sais pas. C'est vrai que quand on est content de sa vie, qu'on est serein par rapport son environnement, on est performant à l'entraînement et en match. C'est important que la ville donne la possibilité de déconnecter comme on le souhaite. Peut-être que vers la fin de ma carrière, je pourrai choisir un club en fonction de la ville où il se trouve.

L'Espagne vous manque-t-elle ?
Parfois, ma maison et ma famille me manquent. La qualité de vie de Valence, avec la plage tout près. Mais je suis trop content ici. Le fait de vivre une telle expérience, en changeant de pays, en découvrant de nouvelles choses, m'a aidé à grandir, à aborder la vie autrement, à mûrir.

Quel est le meilleur enseignement que vous avez tiré de vos deux années londoniennes ?Le fait qu'il faut oser prendre ce type de décisions. Pour moi, cela aurait été plus facile de rester en Espagne, mais j'ai eu la sensation que j'avais besoin d'une stimulation, d'un changement. J'ai appris des choses quant au courage qu'il faut pour prendre des décisions. Quant ça se passe bien, on se sent apaisé.

Avez-vous éprouvé de la peur ?
Du respect. Je ne savais pas si j'allais bien m'adapter au football anglais ou à l'environnement, mais au fond de moi, je savais que les choses allaient bien se passer. Je suis jeune et mature à la fois.

Quelle est votre part d'enfant ?
Je crois qu'il faut toujours garder cette part de candeur et de joie de vivre des enfants. Si on la perd, c'est mauvais signe. Nous les footballeurs, on se retrouve avec beaucoup de responsabilités à un très jeune âge. Mais il y a toujours des moments pour relâcher la pression et être moins sérieux. Vous avez des gens qui ont des têtes d'anges mais qui n'arrêtent pas de faire des blagues. On dit que j'en fais partie (rires). Ma sœur est ici à Londres et on n'arrête pas de rigoler. Avec mes amis qui viennent ici, c'est la même chose.

Comment faites-vous pour concilier vos études universitaires avec votre carrière professionnelle ?
C'est difficile, mais pas impossible. J'aime le monde du marketing, de la publicité, des nouvelles technologies. Le fait de jouer au football ne doit pas nous couper de ces choses. Depuis que je suis à Londres, je reste inscrit en INEF (sciences des physiques et sportives) et en marketing. Je suis en contact avec le tuteur, même si c'est difficile de concilier les horaires. Pour le moment, le plus important dans ma vie, c'est jouer au football, mais j'espère aller jusqu'au bout de mes études. Sans me presser, mais sans faire de pauses.

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